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dimanche, décembre 16, 2018
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Tramaine Hawkins : Gospel, version originale

Propos recueillis par Romain Grossman

 

Le gospel, le vrai ? II vibre dans les chorales, celle d’Edwin  Hawkins ou du reverend Norman Wagner (with The Mount Calvary  Choir), il persiste et signe depuis tren­te ans avec les Mighty Clouds Of Joy, il se fraye un chemin au-delà de ses adeptes grâce au charisme d’Andrae Crouch,  dont le talent de metteur en voix a séduit Quincy Jones (Back On The Block) et Michael Jackson (Dangerous), surtout il brille par I’aura des Ladies Of Gospel. Elles sont au moins deux à se disputer cet honneur.  Shirley Caesar, le souffle et la puissance, et Tramaine Hawkins, la beauté, l’éclat et le raffinement.

L’entretien avec cette dernière, pour ne rien vous cacher, notre favorite, nous éclaire sur la condition des gospel stars aux Etats-Unis, en pleine ère hip-hop et funk synthétique.

 

Elle est d’abord rayonnante, angélique, gracieuse pour employer des termes divins. Comme Aretha Franklin ou Whitney Houston, ses extraordinaires facilités vocales auraient pu  lui ouvrir les portes d’une existence dorée, sous les sunlights. Elle reste pourtant fidèle à son art, à sa foi.

Née dans une famille de chanteurs – la légende prétend même que sa mère Lois a du quitter précipitamment l’office où elle chantait pour la mettre au monde. Tramaine a toujours vécu dans cet univers. Depuis son apprentissage au sein du groupe  d’Edwin Hawkins  jusqu’à ses albums solos sans concessions. Méconnue de ce côté-ci de l’Atlantique, Tramaine a pourtant fait entendre sa voix aux quatre coins du monde  : la version originale de « O Happy Day ! », c’était elle, I’interprète de Marie-Madeleine dans  « Jésus Christ Super Star »,  aussi.  Ses derniers disques lui valent une notoriété immense chez elle.  Son Tramaine Live ne  quitte plus les charts depuis plus de soixante-dix semaines, avec  en  invités, Carlos Santana et Stanley Turrentine, devant un chœur de 60 personnes. Jesse Jackson lui a demandé de célébrer les cérémonies de la mémoire de  Sammy Davis Junior, puis de chanter au Coliseum  de L.A. pour Nelson Mandela. Ecoutez-la ne serait-ce qu ‘une fois  et vous  comprendrez notre  choix.

« Jai travaillé avec Edwin Hawkins et son frère Walter (mon mari). Là, je me suis forgée une expérience solide. II est temps de recevoir la récompense pour ces années d’efforts (rires).

 

« Mon rôle est de créer un lien entre ce public et notre expression. Alors, nul besoin de renoncer à notre identité pour « réussir » : Nous  chantons parce que nous vivons notre foi pleinement. »

 

Black News  : Vous suivez votre route, quand beaucoup d’autres chanteuses bifurquent vers la pop-soul. Cela ne vous tente pas ?

Tramaine Hawkins : Je crois que certaines sont dans la pop et s’y trouvent en harmonie avec elles-mêmes. Gladys (Knight) a l’air heureuse, Dionne (Warwick),  Anita (Baker) aussi. Mes convictions lorsque je chante du gospel sont en moi. Le Christ vit dans mon cœur. Suis-je riche ou pas ? Oui, je le suis, définitivement dans I’esprit et je sais que matériellement je me sens privilégiée relativement à tant de gens. Je remercie Dieu, j’ai beaucoup de chance. Je veux montrer que le public aime le gospel, il attend de pouvoir en écouter davantage. Si ce message passe, I’industrie musicale suivra. Mon rôle est de créer un lien entre ce public et notre expression. Alors, nul besoin de renoncer à notre identité pour « réussir » : Nous  chantons parce que nous vivons notre foi pleinement. Cette force ne nous quitte pas, j’espère toucher de plus en plus de gens.

B.N : L’album de vos rêves ? 

T.H. : C’est le prochain. J’ ai une approche très personnelle du  travail. J’aimerais y inclure un large éventail de styles : des titres avec un groupe très important, des cordes et un vrai orchestre. D’autres, avec une formation restreinte, compacte, dynamique. Plus de I’a cappella. Toute la gamme. J’adore tous ces  genres.

B.N: Vous croyez au pouvoir du message des gospels dans le monde d’aujourd’hui ?

T.H. : Nous vivons des temps très durs, on le sent tous les jours. Les jeunes sont livrés à eux-mêmes. Comment faire avancer les choses à travers la musique ? Je pense qu’il y a des cycles. La vraie musique, celle qui touche le coeur et vous élève, va revenir, doit revenir et pour toujours. Sinon, nous resterons loin de la vérité.

B.N. : Votre voix, comment la travaillez-vous?

T.H. : Je Ia protège. Je mange sainement, je me repose, je vis loin de I’alcool et du  tabac pour protéger mes cordes vocales. Je bois du thé avec du miel, j’évite les produits laitiers et les boissons glacées. Je ne m’expose pas au froid, comme ici à Paris. La voix demande un soin constant, une température élevée et régulière. Je la chauffe I’après-midi précédent le concert. Et puis, par-dessus tout, je remercie le Seigneur de me  donner la confiance de continuer.

B.N.  : Vos goûts ?

T.H.  : J’ aime BeBe and CeCe Winans, les Take 6, …  Dans les anciens, James Cleveland,  Mahalia Jackson, ils m’ont inspirée. Je les garde en haute estime.

B.N. : Merci.

T.H.  : Merci.  God bless you!

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