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jeudi, novembre 22, 2018
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Tony, Toni, Toné!, le New Jack d’Oakland (1993)

Propos recueillis par Frédéric Messent

 

lls sont origiaires d’Oakland, Californie. lls se veulent  les  héritiers d’une scène locale  qui nous a légué  Sly Stone, Con Funk Shun,  Tower Of Power et Lenny Williams. Nous les avons rencontré à l’occasion de Sons  Of Soul leur troisième album. Leur nom : Tony, Toni, Toné !, le groupe qui a vu naître…Raphael Saadiq.

 

Tony, Toni, Toné , trio composé de Tim Christian et des frères Wiggins  (Raphael Saadiq et Dwayne), un groupe  encore peu connu ici, malgré deux  albums, Who ? en 1988 et The Revival,  deux  ans plus tard, qui restent parmi  les disques de chevet  d’un  public R&B/soul en  voie de recomposition… Chez eux, bien sûr et outre-Manche, mais aussi sur le Vieux Continent où un bref séjour à Hambourg devait les convaincre que la musique qui vient de l’âme n’est pas  morte, chassée par la  naissance de cette invention… qu’était le disco, il ya presque vingt ans.

« A  mes débuts, il n’y avait pratiquement pas une  journée sans un ou plusieurs gigs dans les collèges. A l’âge de 13/14 ans, je jouais dans /es clubs avec des  types plus vieux ou dans des groupes qui reprenaient des tubes des Dramatics ou  des Stylistics. Comme j’étais trop jeune pour normalement y rentrer, on me raccompagnait à la porte à la fin.  C’est un peu ce qui arrive aujourd’hui dans le rap. A l’époquele R&B était brut, exempt dtoute sophistication. II y avait des groupes aux fortes personnalités… Les Sly Stone, Con FunkShun, etc. IIs ont à jamais laissé leurs empreintes, tel Larry Graham et son jeu de basse devenu si particulier, parce qu’il  n’a jamais eu de drummer… » Un  système D à l’américaine  où chacun fait selon ses moyens, que Dwayne connaît pour le pratiquer lorsqu’il est aux commandes de son petit label, Boom City, mais aussi sur le 16 pistes où il met ses idées à plat, dans le garage de la maison de sa mère.

 

« A l’époquele R&B était brut, exempt dtoute sophistication. II y avait des groupes aux fortes personnalités… Les Sly Stone, Con FunkShun, etc. IIs ont à jamais laissé leurs empreintes, tel Larry Graham et son jeu de basse devenu si particulier, parce qu’il  n’a jamais eu de drummer… »

 

Les Tonies n’arrêtent pas de bouger dans les environs, rencontrant tantôt un musicien, tantôt un auteur. « Ça  pue le business à L.A. », poursuit Dwayne, « Ici, c’est plus vrai. II y a des tas de gens qui ont du talent à revendre. » lls font ainsi la connaissance de Foster & McElroy (futurs producteurs d’En Vogue], avec qui ils sortent Who?, leur premier 30 cm en 1988.

 »Je faisais partie d’un groupe avec Denzil et Thomas. Ils ont fait ce truc avec Timex Social Club, plus tard Club Nouveau. Puis ils ont décidé de se lancer dans la  production et sont venus nous voir sur scène. On faisait la première de Bobby Brown et Ready For The  World.  On a bien marché, Bobby s’en souvient encore aujourd’hui… IIs nous ont apporté énormément : en nous apprenant à nous remettre en cause à chaque instant. La chance ne frappe pas deux fois à ta porte...« 

Les Tonies n’hésiteront pourtant pas à produire la quasi­-totalité des titres de leur second album (dont on retiendra surtout « It Never Rains In Southern California »), ainsi que ce nouveau set qui confirme la volonté du trio de rester bien en dehors de ce qui se fait dans le R&B d’aujourd’hui. « Nous avions le souci d‘élargir notre public, sans pour cela tomber dans le « vouloir plaire ». C’est pourquoi on a acheté tous ces instruments un peu vieillots comme les Gibson 175 et 335 qui utilisaient les musiciens de James Brown et que beaucoup samplent aujourd’hui pour en faire des loops, On passe notre temps à écouter ces vieillechansons dla Motown ..Notre album a é conçu à  la manière d’un puzzle. On rangeait les éléments de ci de là et on pouvait y revenir deux semaines plus tard ».

Deux mois passés à Trinidad auront permis au groupe d’apporter cette touche à leur son qui en fait l’un  des cocktails les plus originaux du moment. « On a presque fait les trois huit, entre le studio de General Levy et les boîces locales. On a enregistré  « Dancehall » en une prise. C‘était avant de sortir. On avait envie de faire la bringue… Ça a été complètement improvisé. Je suppose qu’on devait avoir un petit coup dans le nez. C’est pourquoi tout le monde a chanté en décalé… On a eu aussi la visite d‘Ali de A Tribe Called Quest. II a allon un break et on a utili ce vieux piano Wurlitzer.  Quel son, mec !

Nous voudrions devenir une referenceredonner l’envie aux gamins de jouer avec des instruments. II en va de la survie de la musique live. Lesprit originel du R&B sest évapo, ce qui n‘est pas le cas du rap, où  certains ont su rester authentiques... « 

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