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lundi, juillet 23, 2018
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The Gladiators : roots warriors (1994)

Propos recueillis par Awal Mohamadou

 

Sur scène Gladiators est toujours l’une des plus grandes formations. Sur micro-sillons, les superbes mélodies qui ont fait la force du groupe se font rares. Explications d’Albert Griffiths.

 

Desservis par un album médiocre  – The Storm – les Gladiators ont pour­tant fait salle comble à Paris et en province,  ou ils viennent d’effectuer une tournée marathon. L’affaire est d’autant plus complexe que le groupe d’Albert Griffiths ne sort plus rien d’extraordinaire depuis pas mal de temps et qu’il se contente de jouer les mêmes morceaux sur scène (à une ou deux exceptions près) tous les ans… On les disait finis. En Angleterre, certainement…

Mais ici, en France, il n’en est rien ; au contraire. II semble bien même qu’ils attirent davantage de public chaque année. Parce que c’est un groupe culte. Comme toutes les grandes et petites choses de cette époque : les 70’s… Alors  Albert Griffiths peut chanter faux, on le respecte. On respecte cet authentique paysan jamaïcain qui cultive sa ganja et entretient ses racines. C’est un homme roots qui parle simplement. On vénère ses vieux albums, en particulier Trenchtown Mix Up (1976), Proverbial Reggae et Naturality (1978), Sweet To Till (1979) – cf. compilation Dreadlocks The Time Is Now (Virgin Front Line) – et « Hello Carol », le vieux tube Studio One de 1969. Ça, c’est du reggae, basique, brut, avec un mix phénoménal. Cela se sait et se transmet. Voilà pourquoi le public afflue aux concerts des Gladiators. II y en a qui transpirent et fument jusqu’à tomber par terre, d’autres qui « s’affairent », certains comptent le nombre de filles dans la salle (il y en a tellement), d’autres n’ont pas un rond, mais cherchent à fumer gratos… Un couple s’embrasse, des rastas se retrouvent en Bambara ou en Créole…

C’est ainsi, chaud et convivial. Et quand les lumières s’allument, je file dans les backstages coincer Albert. C’est facile. II aime tellement parler. Rien à voir avec ce caractériel de Lee Perry…

 

« Je lis par-ci par-là que Gladiators à l’origine, c’était moi, Clinton Fearon et Gallimore Sutherland. C’est faux ! Depuis le début, les Gladiators, c’est Albert Griffiths. « Hello Carol », c’est moi seul qui l’ai enregistré. »

 

BN : Cette année, vous avez fait encore une grosse tournée en France, c’est pas un peu galère, avec un aussi petit bus ?

Alfred Griffiths : J’ai toujours aimé jouer et tourner en France, parce que c’est un pays où l’accueil est exceptionnel. Et puis, on voit des gens tellement différents tous les jours. C’est très agréable. Alors, même si on tourne dans des conditions parfois difficiles, on adore ça. La seule chose qui puisse vraiment me gêner, c’est quand le son n’est pas bon, parce que l’ingénieur n’assure pas. Ça, ça m’énerve. Ce soir, on a eu un mauvais son dans les retours (concert du 30 avril au Stadium de Paris) ; c’était difficile, mais je crois que ça allait dans la salle.

BN : Culture et vous, avez une chose en commun. On n’a pas l’impression d’être en présence d’un groupe, mais d’un chanteur. Toi pour (Gladiators) et Joseph Hills chez Culture, accompagnés par des musiciens assez en retrait et qui peuvent changer d’une tournée a l’autre…

A.G. : Je ne veux pas répondre à la place de Joseph, mais en ce qui concerne Gladiators, il y a un malentendu au départ. Je lis par-ci par-là que Gladiators à l’origine, c’était moi, Clinton Fearon et Gallimore Sutherland. C’est faux ! Depuis le début, les Gladiators, c’est Albert Griffiths.  « Hello Carol », c’est moi seul qui l’ai enregistré. Ensuite, j’ai appelé David Webber et Erroll Grandison. Ce dernier s’est marié et a quitté le groupe. Il disait que la musique ne rapporterait rien, qu’il avait une famille à nourrir,  etc. Quant à Webber, tu veux que je te dise ? II est devenu fou. OK, j’ai continué seul et ensuite Fearon et Sutherland sont arrivés.

BN : A propos de « Hello Carol », quelle mauvaise idée t’a pris de  réenregistrer ce morceau avec un nouveau beat sur ton dernier album ? Cette nouvelle version est affreuse I

A.G. : Attends, je t’explique. Mes musiciens voulaient absolument qu’on fasse une nouvelle version en changeant légèrement le beat  ; en particulier Leroy Horsemouth. C’est lui qui m’a convaincu. Je le regrette maintenant. De toute façon, je sais bien qu’aucune version ne pourra égaler celle de Studio One. Je n’aurais pas du accepter de faire ça. Maintenant c’est fait, tant pis…

BN : Ce n’est un secret pour personne, A  True Rastaman, votre album précédent n’a pas bien marché en Europe. A quoi attribues-tu cet échec ?

A.G. : Je crois que notre maison de disques, Musidisc,  aurait dû faire plus de promo. L’année dernière, quand on était en Allemagne, on ne trouvait même, pas le disque.

 

The Gladiators, The  Storm LP (Keep On Kicking/Musidlsc)

 

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