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dimanche, décembre 16, 2018
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Take 6, l’onction divine !

Par Frédéric Messent

Il aura fallu voir l’arrivée de Take 6 dans la seconde moitié  des années 80 pour assister à la réhabilitation progressive du doo wop. Le sextet  a profité  de la sor­tie de son quatrième  album, Join The Band, pour faire le point sur sa carrière …

 

Il est vrai  que ce nouvel opus ne manquera pas de surprendre les fans du groupe et en particulier du  fait de son concept qui fait appel à une instrumentation conséquente rompant avec le format  essentiellement a cappella des précédents. Stevie Wonder, Ray  Charles et une surprenante Queen Latifah font partie des invités, tandis que Vincent  Herbert, David Foster et Brian McKnight (frère de  Claude, l’un des membres du groupe) sont venus  apporter leur renfort à la  production d’un set majori­tairement tourné vers le  R&B.

Nous ne nous considérons pas comme faisant partie prenante d’une mouvance plutôt qu’une autre. Nous sommes avant tout empreints de spiritualité et tous nos textes sont relatifs à la puissance divine et l’amour de Dieu. Ils constituent notre mode d »expression originel. La musique ne vaut que comme accompagnement. Nous sommes un groupe de gospel à part entière, depuis que nous sommes passés de quatre à six. Nous nous situons quelque part entre Boyz II Men, formation de doo wop du fait des textes à majorité profanes qu’ils véhiculent et Sounds Of Blackness, collectif par essence religieux. »

L’environnement  musical, fut-il considéré comme un  simple accompagnement de la part du groupe n’en a pas moins radicalement changé avec l’arrivée de  ce nouvel album. Un  étal de  fait pas toujours facile à négocier vis-à-vis du  public…

 

« Nous nous situons quelque part entre Boyz II Men, formation de doo wop du fait des textes à majorité profanes qu’ils véhiculent et Sounds Of Blackness, collectif par essence religieux. »

 

« Nous aimons toutes formes de musique. Leur  choix est une question d’état d’esprit du moment. C’est vrai que nous avons radicalement changé en passant de la country et du rock à uconcept assimilable sur le plan rythmique à du R&B, mais ceci est le fruidune évolution. Il nous a fallplus de deux ans pour concevoir ce  nouvel album. On  a effectivement commencé a y penser seulement fi1992.  Nous nous sommes aperçus, avec le recul, que nous étions trop collés à  ce que nous faisions  auparavant : ce qui nous empêchait d‘être catifs sur le moment.  Heureusement.  on  na  pas eu à subir la moindre pression de la part du label. Cela nous a libérés. On a écrit une centaine de  chansons en moins d’uan. Et  nous nous sommes rendus compte qu’elles étaient nettement dans le  trip R&BNous sommes alors retournés voir les  executive de Warner (Jim Edd qui noua signés et Benny Medina) pour leur faire  part de notre décision  d’incorporer plus d’instruments tout en gardant l’essence me de nos harmonies vocales. Ce change­ment nous a donné une motivation nouvelle.

Il en résulte ce regain d’énergie que l’on retrouve dans le répertoire du sextet, du swinguant « Can’t Keep Goin’ on » à  « My  Friend », starring  Ray Charles, en  passant par « Harmonies » avec Queen Latifah et « Badiyah » – réadaptation du  célèbre « Brazilian Rhyme » d’Earth wind  & Fire qui figu­re sur l’album All’n’AIIMais  tout cela  en  prenant bien  soin  de  conserver cette spiritualité. Une  spiritualité qui détonne par rapport aux textes incisifs et hyper-réalistes auxquels les gangsta rappeurs doivent leur succès  actuel.

 

« La société américaine en est à un point où tout le monde a peur de tout le monde et nous devons faire très attention à la teneur de nos messages ainsi qu’à leur formulation pour ne  pas rajouter à la  confusion qui règne autour de nous. »

 

« Nous faisons ce que nous faisons pour l’amour de Dieu.  Le  gangsta-rap est l’expression d’une communauté.  Les Gangsta rappeurs parlent de ce à quoi ils  sont  confrontés, et Il  est important que le public le sache. C’est en abordant tel ou tel sujet que  l’on parvient à en trouver un début de compréhension et souvent, à terme, une réponse. Nous faisons les louanges de la parole de Dieu, pour notre part, parce que c’est ce que nous connaissons le mieux ; c’est ce qui nous anime. Certains G rappeurs ont une démarche similaire à la nôtre, mais avec les attitudes et les  mots qui   sont de leur propre  environnement. Nous pourrions dire la même chose a propos de ceux qui se réclament de la Nation Of Islam et qui s’attachent à transmettre leur positivisme notamment dans les milieux carcéraux. Mais encore une fois, il convient de rappeler que la  vérité est relative  à  tout un chacun en fonction  du milieu dans lequel  il évolue. L’important, c’est de s’exprimer à propos de ce que l’on connait ; de le faire en toute conscience et ne pas s’imaginer que l’on est seul à détenir soi-même la vérité.  Nous offrons pour notre part ce que nous avons à offrir et laissons le libre  choix à tout un chacun…

La société américaine en est à un point où tout le monde a peur de tout le monde et nous devons faire très attention à la teneur de nos messages ainsi qu’à leur formulation pour ne  pas rajouter à la  confusion qui règne autour de nous. Nous propageons des messages d’amour de Dieu à l’attention de nos prochains. Libre à eux de les recevoir. Pour l’heure. il ne vous reste plus qu’à  suivre  notre invitation: Join The Band…      

 

Take 6, Join The Band (Reprise/WEA)

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