fbpx
Accueil > A La Une > Shanice, pop-star précoce

Shanice, pop-star précoce

Propos recueillis par Romain Grossman

 

Avec « I Love Your Smile », Shanice Wilson a signé son entrée dans la cour des chanteuses au succès planétaire, juste derrière les tops stars Janet Jackson et Mariah Carey. Dans un style pop, pas très éloigné des productions de la Tamla Motown des années 60.

 

Shanice Lorraine Wilson naît en 1973 à Pittsburg, Pennsylvanie, puis démenage avec sa mère à Los Angeles. Et là, sa vie bascule, comme elle le raconte elle-même.

A dix-huit ans, vous avez déjà une longue expérience.

« J’ai commencé à reprendre des mélo­dies à l’âge de sept mois. A huit ans, j’ai participé à une pub pour Kentucky Fried Chicken en compagnie d’Ella Fitzgerald. A l’époque, je ne réalisais pas. Maintenant, quand j’y repense : waouh ! Quelle chance ! Après, j’ai fait partie d’une troupe pour la comédie musicale « Get Happy ». Les gens de chez A & M m’ont repéré et engagé pour un premier disque. Même pen­dant ces débuts, j’ai mené une vie quasi-normale, j’allais à l’école comme les autres. Aujourd’hui, je suis connue et il ne me reste que deux amis de cette époque, mais je ne me plains pas. J’ai toujours rêvé d’arriver là où je suis. »

Travaillez-vous votre voix ?

« J’ai pris des cours avec le professeur qui s’est occupé de Michael Jackson et de Madonna. Il m’a conseillé à mes débuts, entre 11 et 13 ans. »

Motown

« C’est un privilège de faire partie de cette société, même en 1992. Quand on pense à Motown, on se souvient immédiatement des légendes : Marvin Gaye, Gladys Knight, Diana Ross… Je suis donc fière d’être entrée dans la famille grâce à Jerhyl Busby, le suc­cesseur de Berry Gordy, qui a tenu à me faire signer lorsque je chantais pour le label A&M. Aujourd’hui enco­re, Motown reste une référence en matière de musique black. Il y a Johnny Gill, Another Bad Creation, Boyz II Men, toujours le top. »

Des influences spécifiques au sein de Motown?

« Vous n’avez probablement jamais entendu ma mère, elle m’a tout appris. Elle chante dans un groupe et va enre­gistrer un album cette année. Les gens disent d’ailleurs que nous avons le même timbre. Elle m’a donné envie de me lancer dans le métier plus que toutes les autres vedettes. Aujourd’hui, j’écoute beaucoup de gospel, notam­ment les Clarks Singers. Mais aussi du rap : MC Lyte, Queen Lattifah, Heavy D & The Boys. »

Votre entente avec Narada Michael Walden?

« Au départ, il y avait beaucoup d’exci­tation dans l’air. Narada a produit beaucoup de grandes stars, d’Aretha Franklin à Mariah Carey. J’étais un peu tendue, mais tout s’est magnifiquement bien passé, Narada sait rendre les choses simples. Finalement, nous avons bouclé l’album en trois mois. La première fois que nous nous sommes rencontrés, je lui ai présenté une dou­zaine de titres. Quelques semaines plus tard, il m’a amené les musiques composées pour huit des morceaux proposés. »

Les invités : Branford Marsalis et Johnny Gill ?

« Branford a signé le solo de « I Love Your Smile ». Malheureusement, j’étais absente ce jour-là. Par contre, j’ai rencontré Johnny Gill. Nous avons enregistré un duo. C’est un vrai pro et nous avons eu beaucoup de fun ensemble. »

 

« Je déteste la compétition. Chacun a son style, sa personnalité »

 

La concurrence ?

« J’aime chanter. Je déteste la com­pétition. Chacun a son style, sa personnalité. Je connais bien Janet Jackson, je la soutiens sans aucun esprit de rivalité. »

L’inspiration ?

« Sur mon album, je parle de la paix dans le monde. « Silent Prayer » était destiné aux troupes US dans le Golfe. J’étais en studio pendant le conflit et je me suis sentie obligée d’écrire cette chanson. »

« En traversant les quartiers pauvres de L.A., où les gens sombrent dans la drogue, où les enfants se retrouvent happés par les gangs, j’ai eu envie de chanter « Peace In The World ». Je suis très sensible et je crois que les jeunes ont besoin de références. Je peux leur montrer la voie en adoptant une attitu­de positive. Plus généralement, je m’ins­pire de tout ce qui m’entoure. Des his­toires de boyfriends par exemple. »

« En traversant les quartiers pauvres de L.A., …j’ai eu envie de chanter Peace In The World« 

 

On est loin des discours des rap­peurs.

« Tous ne sont pas négatifs et ne décri­vent pas la vie sous un jour exclusive­ment noir. Je crois que certains thèmes risquent de choquer les enfants. Mais tout le monde est libre de s’exprimer et de toucher à tous les sujets. »

Vos projets ?

« Dans le futur, j’aimerais être plus impli­quée et offrir un album universel, dans le son et dans l’esprit. Plus tard, je veux avoir ma propre maison de disques pour permettre à tous les gens talen­tueux de s’exprimer. D’ici-là, je vais écri­re et produire. »

 

Shanice, lnner Child (Motown/ Polydor)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *