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dimanche, décembre 16, 2018
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Scarface : Le Geto boy

Par Damien Konaré

 

The Navy marque le troisième album solo de Scarface, après Mr Scarface is Back (1991) et The World is Yours (1993). Avant son épopée solitaire, Scarface (Brad Jordan de son vrai nom), faisait partie, aux côtés de Bushwick Bill et de Willie D. du mythique groupe rap de Houston, les Geto Boys…

The Geto Boys se sont rendus célèbres notam­ment par «Mind Playing Tricks On Me», extrait de l’album We Can’t Be Stopped. En ce temps là, les Geto Boys défrayaient la chronique avec des textes d’une rare violence, exprimés de façon crue et quali­fiés par la majorité morale «d’incitation à la vio­lence». Procès en série, mais les Geto Boys forcent la censure et vendent leurs albums par centaines de milliers. Scarface a su très bien négocier le tournant solo dans sa carrière et se bonifie d’albums en albums à l’instar de l’excellent The Diary qui compte une subtile reprise de «Mind Playing Tricks On Me», version 1994, et un très bon duo avec Ice Cube, «Hand Of The Dead Body». Interview du bandit repenti de Houston…

Black News Magazine : Quels sont les meilleurs souvenirs que tu as gardé de la période Geto Boys ?

Scarface : Le meilleur souvenir a été la réalisation du pre­mier album avec Bushwick Bill et Willie. En fait, à ce moment, on ne se connaissait pas du tout. C’était un truc de la maison de disques de nous réunir pour réaliser un album parce que en fait, on vient tous d’endroits dif­férents de Houston. Mais cela a tout de suite bien fonctionné entre nous trois ; même s’il s’agissait au fond plus d’une association de différentes personnalités que d’un véritable groupe. C’est pour ça qu’on a tous très vite eu dans l’idée de nous séparer pour poursuivre une carrière solo chacun de son côté. A l’époque, je continuais à zoner dans la rue, à faire des coups tordus pour faire du blé. Alors faire du rap en même temps si tu veux, c’était quelque chose d’intéressant en fait : pas besoin de trop inventer pour écrire les textes ! Mais pour tout dire, ça a vraiment été une super expérience de partici­per à cette aventure, à celle des Geto Boys. Je ne suis pas prêt de l’oublier…

BNM : Vous réunirez-vous à nouveau tous les trois pour enregistrer quelque chose ?

S : Bon, tu sais, on s’entend toujours bien, mais chacun de son côté, si tu vois ce que je veux dire… Du coup, s’il devait y avoir une reformation du groupe, ce serait du fait de la maison de disques.

BNM : Qu’est-ce qui a le plus changé pour toi dans le fait de faire une carrière solo par rapport au fait d’être dans un groupe ?
S : Disons que désormais, quand je fais des erreurs, elles se reflètent sur moi plutôt que sur l’ensemble du groupe. C’est plus de responsa­bilités le fait d’être seul. Il faut assumer, tout prendre sur soi. Cependant, il me semble qu’aujourd’hui, je dispose de beaucoup plus de liberté en étant seul à mener ma carrière qu’auparavant. Avant tu sais, chacun apportait ses idées et puis on essayait d’accorder le tout. Maintenant, j’impose ma propre idée dans la production.
BNM : Quels sont les projets pour 1995 ?
S : Je vais produire un album de mon groupe, Face M.O.B., avec qui je vais rapper. Ce sont des gens que j’ai réunis pour faire ce disque parce qu’ils étaient tous très bons dans leur domaine respectif. Alors une fois réunis, j’espère qu’ils seront toujours aussi bons, aussi bons que moi— C’est ce que je veux produire, du son aussi bon que le mien.

 

« Les gens s’entre-tuent depuis la nuit des temps ; bien avant Jésus-Christ. Est-ce que tu crois que les gars ont assassiné le Christ parce qu’ils écoutaient les Geto Boys ? Est-ce que tu crois que c’est à cause du gang­sta rap que l’Amérique s’est lancée dans la guerre au Vietnam ? Faut quand même pas croire que c’est à cause de nos textes que les gens deviennent violents ou commencent à mal délirer. »

 

BNM : Comment définirais-tu la musique que tu fais ?

S : Ce que je fais, moi j’appelle ça du «reality rap». C’est pas du gangsta rap comme beaucoup aiment à le dire. Je fais du rap qui raconte la réa­lité de la rue, de ce que je vis au quotidien. C’est pas de la fiction, c’est pas de l’incitation à la violence man, c’est la réalité, la dure et triste réalité. Seulement voilà, ici, aux Etats-Unis, il existe un lobby qui assimile tout au gangsta rap, qui s’y oppose farouchement, et pour qui, la musique que je fais serait de l’inci­tation gratuite à la violence. Tu veux que je te dise, tout ça c’est vraiment des conneries ! Ce n’est quand même pas de notre faute s’il y a une telle violence aux Etats-Unis dans les zones urbaines. Même au temps des Commodores, les gars s’entre-tuaient aussi dans les ghettos. Ce n’est quand même pas le gangsta rap qui a amené la guerilla urbaine. Tu sais, les gens se sont entre-tués depuis la nuit des temps ; bien avant Jésus-Christ. Est-ce que tu crois que les gars ont assassiné le Christ parce qu’ils écoutaient les Geto Boys ? Est-ce que tu crois que c’est à cause du gang­sta rap que l’Amérique s’est lancée dans la guerre au Vietnam ? Hein ? Moi, pas. Faut quand même pas croire que c’est à cause de nos textes que les gens deviennent violents ou commencent à mal délirer. Je crois que c’est plutôt à cause du cinéma. Là oui I

L’image peut influencer le comportement des per­sonnes. Mais if ne faut pas remettre la respon­sabilité de toute la violence qui règne aux Etats-Unis sur le dos du rap. C’est refuser d’en reconnaître les vrais causes. C’est pas de nous qu’elle vient la violence. On fabrique pas d’armes, nous, on ne deale pas le crack non plus I Tout cela nous est envoyé par une autori­té supérieure qui vise à mieux nous contrôler, à nous enfoncer dans les problèmes. Alors, qui sont les vrais gangsta rappeurs ? Eux ou nous ? Ceux qui nous envoient toute cette merde dans les ghettos, ou nous qui ne faisons que relater les faits ? Pour moi le choix est clair…
BNM : De quoi vient ton désir de toujours vouloir décrire le quotidien du ghetto au travers de tes disques ?
S : Pour moi, il est très important de rester vrai, d’être crédible. Et puis, je suis incapable de rapper à propos de quelque chose que je ne connais pas du tout ; ce serait comme me mentir à moi-même. Je dois rapper sur ce qui se passe aujourd’hui dans ma communauté, pas sur un univers qui m’est inconnu. Je tiens à ce que mon public saisisse exactement ce que je veux lui dire, qu’il sente que je sais de quoi je lui parle.
BNM : Comment s’est passée ta collaboration avec Ice Cube sur Hand Of The Dead Body» ?
S : Ice Cube et moi nous entendons très bien depuis qu’il a poursuivi une carrière solo après son départ des Niggers With Attitude. Alors, c’est tout simplement qu’on s’est réunis tout les deux sur ce morceau.

Scarface The Dlary LP (Rap-A-Lot/Virgin)

6 thoughts on “Scarface : Le Geto boy

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