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jeudi, novembre 22, 2018
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Sadat X : l’après Brand Nubian

Par Lionel « Mel » Mévégué 

 

Après l’épisode Brand Nubian, le cowboy Sadat X a pris son envol, à la conquête des grands espaces… Rencontre à l’occasion de son premier album solo.

 

L’aventure de Sadat X commence avec son pote Lord Jamar avec qui il jamme, pendant que Grand Puba Maxwell s’échine à leur trouver un deal avec une maison de disques. Un jour, à la faveur d’une rencontre avec un directeur artis-tique d’Elektra au Jazzy Jay’s studio, dans le Bronx — Puba, d’habitude à l’écart,-les avait cette fois rejoints —, leur destin allait prendre une toute autre tournure. Conquis, le DA leur propose le deal tant attendu. Ainsi naît Brand Nubian et One For All (1990), l’album qui allait marquer cette entrée fracassante dans le biz, et imposer les Nubiens comme l’une des pièces maîtresses du hip hop new yorkais. Même si l’album n’atteint pas le disque d’or.

Malheureusement, Brand Nubian, en tant que trio, ne durera que l’espace de huit mois de tournées. Grand Puba prend le large et commence une carrière solo un peu hasardeuse avant de sortir en 1995, 2000 (Elektra), l’album qui le réconcilie avec son auditoire. Dans le même temps, Sadat X et Lord Jamar, sortent deux LP’s, In God We Trust et Everything Is Everything (1994), pour la dernière fois sous le nom de Brand Nubian. Le Split du groupe s’accompagne de celui avec Elektra qui estime que les ventes du groupe ne sont pas satisfaisantes. C’est le même sentiment qui anime Sadat dont les relations avec le label se détériorent.

« Je suis soulagé d’en avoir fini avec cette longue procédure judiciaire », nous a confié Sadat X, lors de sa récente escapade parisienne. « Je n’étais pas très satisfait du travail qu’ils ont fait sur moi, poursuit-il, j’avais le sentiment de ne pas avancer. Heureusement, mon avocat a réussi à rompre ce contrat, ce qui m’a permis de signer avec Loud. » Un label qui lui laisse une totale liberté d’expression et qui le soutient à 100%, même si l’éventualité d’une signature avec Def Jam a été envisagée. Sadat peut enfin se lancer dans une carrière solo, couronnée par un premier album de bonne facture, Wild Cowboys, produit par Pete Rock, Diamond D, Buckwild, entre autres ; avec ses compagnons Alamo, Mark Da Spark, Shawn Black… et un invité de marque : Grand Puba.

 

Pour l’occasion, Sadat abandonne le discours militant qui faisait l’âme de Brand Nubian pour se lancer dans une théorie « à la John Wayne ». Cela aurait-il peut-être quelque chose à voir avec l’évocation du cowboy noir dont Posse, le film de Mario Van Peebles nous a fait l’éloge ? « Non pas du tout, cela n’a rien à voir avec ça ; c’est juste qu’on a voulu faire quelque chose de différent. Un peu comme le faisaient à l’époque The Furious Five et The Cold Crush Brothers avec leurs tenues extravagantes. Nous avons seulement repris le thème du western sans vraiment faire le rapprochement avec la légende du cowboy noir. »

Quant à ses rapports avec ses autres acolytes de Brand Nubian dont les rumeurs gonflent les histoires, il n’y a pas d’ombre au tableau. « Aujourd’hui, que ce soit avec Puba ou Jamar, il n’y a pas de problème. Tout le monde disait qu’on ne se voyait plus, ce qui n’est pas vrai, je les rencontre 2 à 3 fois par semaine. J’avais même produit deux morceaux sur le second album de Puba, il y a déja cinq ans. Nous sommes actuellement en studio avec Puba et DJ Alamo pour réaliser deux titres, mais je ne peux pas te les faire écouter, j’ai oublié la cassette à l’hôtel ».

Espérons que ces multiples collaborations nous fassent revivre les précieux moments de Brand Nubian. Scarface, Bushwick Bill et Willie D, trois fortes personnalités, malgré leurs carrières respectives, ont pourtant opérer « la résurrection » des Geto Boyz. Pourquoi pas Brand Nubian ?

 

Sadat X Wild Cowboys (Loud/BMG)

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