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jeudi, novembre 22, 2018
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Randy Weston, le géant du jazz s’en est allé…rejoindre ses ancêtres.

Par Romain Grosman

 

Randy Weston était un géant. Par la taille (2,05 m) et par sa musique qui puisait son essence dans les sons africains. Le géant de la « musique classique africaine-américaine », nous a quittés le 1er septembre dernier, à l’âge de 92 ans à Brooklyn. Il nous a laissés en héritage une oeuvre colossale  de plus de quarante albums. Nous l’avions rencontré lors de la sortie de The Spirits of Our Ancestors enregistré aux côté de Dizzy et Pharoah Sanders.

En effet, depuis ses début en 1950, Randy Weston a été obnubilé par ses racines, africaines. Il retrouve I’esprit de ses ancêtres à travers un nouvel album, The Spirits of Our Ancestors (Antilles), où le jazz et ses racines africaines s’entrecroisent pour renouer des liens évidents. A ses côtés Dizzy  Gillespie  et Pharoah Saunders, en invi­tés, dialoguent  avec les instrumentistes Gnaouas, ces musiciens-guérisseurs basés au Maroc, pour un superbe témoignage de compréhension et de sagesse partagées, Une rencontre événement.

Randy Weston s’est immergé dans l’univers des sons africains voila près de trente ans. A force d’études, d’écoutes et finalement de voyages, le doux géant (2,05 m) a fini par s’installer au Marne en 1967, pour y fonder un centre culturel, The African Rythm Club, puis un festival à partir de 1972. Il tombe alors littéralement sous le charme du folklore des Gnaouas. « Jai été immédiatement attiré par ces sons. Ils sen dégagent une  telle force spirituelle ! Les  chants évoquent Dieu, l‘amour et la création, ils parlent à tous. » 

 

« En tant qu‘AfroAméricain, je ressens un lien instinctif entre le jazz et ces  cadences lancinantes…Toutes les expressions noires puisent leur source en Afrique. Ensuite, chaque pays a trouvé son identité propre. »

 

Ce pouvoir envoûtant, la musique des Gnaouas le puise dans son ancienneté. Selon certaines études, des flux migratoires de populations du sud de I’Afrique jusqu’au Maghreb, seraient à l’origine de l’implantation des Gnaouas près de la Méditerranée, depuis l’Antiquité. Ainsi, cette culture serait l’héritière de l’une des toutes premières civilisations. »

 » En tant qu‘AfroAméricain, je ressens un lien instinctif entre le jazz et ces  cadences lancinantes puis violentes. II existe une filiation : nous  partageons la  même conception de la vie et de la place de la musique danl‘existence. Toutes les expressions noires puisent leur source en Afrique. Ensuite, chaque pays a trouvé son identité propre. Les uns grâce au mixage des ethniesles autres plus simplement, par l’utilisation dinstruments parti­culiers à leur région.« 

 

« …Les jeunes d’aujourd’hui  subissent un  terrible lavage de cerveau, mais la  vérité ressortira un jour tôt ou tard. Le spirituel I’emporte sur le matériel.

 

Randy Weston n’est pas le premier jazzman à ouvrir la porte aux musiciens africains. Avant lui, Duke Ellington ou Art Blakey avaient su réintroduire le dialogue musical entre les deux conti­nents.  » Nos vraies racines ne sarrêtent pas à la Nouvelle­ Orleans. Mother Africa est en nous. Malgré le temps, lhistoire et notamment  l’esclavage, le message stransmet d’une ration à l‘autre. « 

Dans les rues de Tanger comme celles de New-York des années cinquante, la musique accompagne la vie des gens en toutes circonstances, de la naissance à la mort. « Malheureusement, les jeunes daujourdhui  subissent un  terrible lavage de cerveau, mais la  vérité ressortira un jour tôt ou tard. Le spirituel I’emporte sur le matériel. Regardez notre siècle : Nat King Cole, Art TatumMiles Davis ... se  sont révélés et épanouis aux yeux du monde entier.  Leur rayonnement dépasse celui des chefs dEtats.  Mais d viennent-ils ? Ils sont africains ! « 

Avec cet album, Randy Weston, lui aussi, triomphe  de l’oubli et de la logique commerciale cannibale. The Spirits Of Our Ancestors tire sa puissance de I’évidence. Comme tous les musiciens réunis autour de lui témoignent d’une même volonté de jouer et d’entendre l’autre, le cousin d’outre-Atlantique, I’osmose est totale. « Tout sest passé merveilleusement ...J’avaichoisi les  invités selon leur personnalité et leur capacité à retrouver le feeling de notre culture essentielle.  Ils ont su resti­tuer  l‘Afrique, quelle que soit la nature du thème choisi. Jazzman ou pas, Les étiquettes n‘avaient plus de sens.« 

Randy Weston, The Spirits Of Our Ancestors (Antilles)

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