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jeudi, octobre 18, 2018
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Peau blanche, Musique noire : James Taylor Quartet, les pionniers de l’acid-jazz

Par Leonard Silva

 

Sept albums depuis sa création en 1987, de nombreux singles dont le générique de Starsky & Hutch (The Theme Of Starsky&Hutch), une solide réputation de ‘’stage Band’’ acquise sur les estrades du monde entier, James Taylor Quartet est le pionner de l’acid-jazz anglais.

 

James Taylor, le théoricien en chef, son frère David, John Willmott, Gary Crockett, récemment rejoints par la voix ‘’soulful’’ de Noel Mc Koy, ne se bornent pas qu’à cultiver avec nostalgie, l’âge d’or du funk format 70’s. ils revisitent l’histoire de l’Amérique de la musique noire en la projetant dans le futur. Avec James taylor Quartet (JTQ) le rythm’n blues reprend sa place, le jazz revient là où il avait commencé à éclore, dans l’univers du Cotton Club, quitte à choquer les puristes, adepte de Charlie ‘’Bird’’ Parker, ou de John Coltrane. Ceci pour rappeler que la « musique classique américaine » (le jazz) a fait ses premier pas sur les pistes enfumées des clubs de New York, Chigago et d’ailleurs.

Avec JTQ, nous pénétrons dans le cycle d’une musique qui reforme l’esprit cotton club, avec des accents modernistes. Et ce n’est pas le très navrant single ‘’We Need Each Other’’ ? au format house beat qui nous contredira, car il ne se représente pas le spectre musical du dernier album, Supernatural Feeling, de ce combo, à l’origine, instrumental.

Le groove ne saurait être d’une démarche impliquant l’esprit et l’âme. Une condition majeure pour comprendre la philosophie musicale du JTQ, pour ne pas se laisser tenter par un radicalisme de pacotille. Supernatural Feeling est un éventail de référence qui vont du rythm’n’blues au hip-hop, le tout coiffé par le jazz et la voix de Noel Mc Koy. Toujours à l’affût, Black News a joint James taylor, clavier et mentor du groupe.

Black News Magazine : La musique populaire relève une tendance de plus en plus croissante, à la fusion des styles. Votre premier album date de 1987. Où vous situez-vous ?

James Taylor : Au tout début, notre souci majeur était la technique instrumentale, en terme de musique vivante. En studio, nous essayions de reproduire, de la meilleure façon possible, l’esprit ‘’live’’, car nous sommes avant tout un groupe de scène. Il est vrai qu’à l’heure actuelle, nous nous dirigeons plus vers la composition, nous travaillons avec des chanteurs. Nous sommes loin d’être ce qu’on appelle communément un groupe pop, et nous ne pouvons pas prétendre à une grande renommée. Néanmoins, je pense que nous avons influencé d’autres musiciens, par le biais de notre présence active sur le terrain.

 

« Toute la nostalgie qui transparaît dans Spernatural Feeling n’est que le résultat de notre écoute de vieux disques de musique noire-américaine, mais il ne faut pas oublier que notre musique est le mélange de procédés anciens, et de nouvelles technologies.

 

BNM : Y-a-t’il une différence fondamentale entre ce qu’on appelle ‘’jazz-dance music’’ et le jazz-funk contemporain ?

J.T. : Non, non. Il n’y en a aucune. Il s’agit simplement d’un choix d’appellation, il y a souvent plusieurs termes pour désigner un même type de musique. Nous sommes issus de ce qu’on appelle en Grande-Bretagne la ‘’jazz-dance scene’’, mais à la base, dans les années 88, ce que des musiciens comme nous recherchaient, c’était une autre approche sur le plan rythmique et instrumental. Le but était de créer une autre voie au niveau de la guitare et de la basse, injecter plus de walking-bass, plus de swing, de manière à permettre aux gens d’accéder au jazz. Mais ce courant-là, n’a pas survécu au temps, et très vite, nous avons opté pour une démarche plus funk, c’est la même chose. Ce n’est qu’une question de textures. On choisit telle ou telle texture, pour l’intégrer dans un ensemble cohérent. Pour moi, la musique est comme la peinture ; il y a fondamentalement un choix de couleurs : rouge, vert, jaune, noir… tout le reste, c’est de la politique ; d’autre part, toute la nostalgie qui transparaît dans Spernatural Feeling n’est que le résultat de notre écoute de vieux disques de musique noire-américaine, mais il ne faut pas oublier que notre musique est le mélange de procédés anciens, et de nouvelles technologies.

BNM : Et en ce qui concerne l’aspect vocal ?

J.T. : Notre intention est de toucher le plus vaste public possible. Et pour ce faire, la voix est nécessaire, mais cela ne change en rien notre musique qui reste la même, avec sa dominante jazz, et sa complémentarité soul et funky. Disons qu’aujourd’hui, le JTQ est un groupe à la fois vocal et instrumental.

Peut-être … le fait d’avoir travaillé avec Noel Mc Koy nous a amenés à envisager d’autres possibilités, en matières de thèmes ; néanmoins, je dirai que l’idée maîtresse de l’album est de communiquer aux gens le sens de l’harmonie, de les rapprocher, avec en toile de fond une sorte de joie active. Nous devons aimer la vie par la communion de l’esprit. Supernatural Feeling résume en quelque sorte cette joie de vivre ensemble, dans un parc, au soleil ou n’importe où. Il essaie de faire passer ce besoin de partager la vie, le sens de l’euphorie. Profitons de la vie, ne la gâchons pas, tel est notre message

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