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New Jack Gospel

Par Elia Hoimian

Le gospel n’échappe pas a cette frénésie de fusions en tous genres. Cette nouvelle tendance qui allie la pureté des vocaux au beat New Jack trouve un engouement auprès d’un public qui le fait grimper dans les charts. C’est le cas des groupes tels que Commissioned et Sounds Of Blackness qui font une belle carrière aux States. Le New Jack-Gospel ou quand le gospel s’attaque au street sound. Voici quelques têtes d’affiches essentielles pour cerner le mouvement.

 

Kenny Smith

Don’t Give Up est le dernier album d’un artiste à la trajectoire dessinée par la main maternelle. Au contraire de certains qui s’inventent une origine gospel, Kenny Smith, lui, a été enrôlé de force, dès l’âge de six ans, dans la tradition évangélique par sa mère, qui l’a obligé à faire partie de la chorale de sa ville de Wilmington. A 9 ans, toujours sous l’impulsion de sa mother, il rejoint le Smith Gospel, un groupe familial où il officiera pendant plusieurs années avant de créer son propre groupe dans lequel il apprend à jouer de la guitare, du  clavier et à souffler dans une trompette. Alors qu’il était encore étudiant, il suggère à son directeur de créer un groupe de chœur dans la bonne tradition chrétienne avant de réintégrer son groupe familial qui s’est, entre-temps reformé.

Quatre ans après la mort de sa mère (1979), Kenny traverse un passage à vide, quitte le carcan familial et la place de machiniste qu’il occupait pour se consacrer à son premier album, My Search Is Over (Message Record) qui sort en 1985. Don’t Give Up, un album fortement influencé par la cadence funk avec ses rimes rappées (d’où l’appellation new jack-gospel) ou  Kenny Smith fait l’étalage de sa prestance vocale. Les riffs de guitare de « I Must Admit » et de « This Joy I Have », le mid-tempo funk-soul de « Jesus Will Never Let You Down » vous  prouveront la solidité de l’alliage gospel-new jack. Côté ballades, les frissons sont garantis. « A Change Is Gonna Come », « Call Me » et la reprise magistrale de « Mercy, Mercy Me » de Marvin Gaye sont autant de pièces à conviction versées au dossier du déterminé Kenny Smith qui incarne le côté funk de cette tendance.

Kingdom

La vie de ce groupe de 15 membres, versés dans le R&B pur, est intimement liée à celle de son chef d’orchestre et fondateur, Rahni Song. Producteur, compositeur et arrangeur, Rahni, la pièce maîtresse de ce collectif, flirte avec le gospel depuis le début des années 70 quand son oncle lui demanda d’enregistrer avec des groupes de gospel. Mais à l’époque, il n’était pas question d’intégrer un groupe : « C’était quelque chose de tabou pour les membres de ma famille et même pour l’église », confie Rahni. Qu’à cela ne tienne. Il mettra donc ses talents de compositeur et d’arrangeur au service du saxophoniste Najee en 1988. Le résultat ne fut pas long à poindre a l’horizon : L’album, Najee’s Theme, fruit de cette collaboration, récolte un Soul Train Award du meilleur album de jazz et une nomination d’album de l’année aux Grammies. David Ruffin et Melba Moore bénéficieront aussi des qualités de producteur de Rahni qui tourne par ailleurs avec des ténors de l’industrie musicale comme QuincyJones et Stephanie Mills. En 1984, il crée Kingdom dont le premier  album, Amazing, obtient un succès immédiat. Leur dernier album, Serious, alterne du R&B au tempo saccadé et des envolées de superbes voix. Ecoutez l’impressionnant « Workship Him ». Vous m’en direz des nouvelles.

Sounds Of Blackness

Sans contexte, la révélation de I’année 1991, les Sound Of Blackness sont dirigés par Gary Hines et ont été  co-produits par Jimmy Jam et Terry Lewis. Nous aurons l’occasion de revenir plus longuement sur ce groupe dans notre prochaine édition.

Commissioned

Le groupe Commissioned nous emmène sur les sentiers à peine battus (par les Winans) du gospel version 90’s. Celui qui a réussi à allier profondeur vocale à la technologie actuelle et à opérer une entrée  fulgurante dans les charts américains qu’il ne quitte plus. Ce sextet de Detroit : Fred Hammond, Michael Brooks, Karl Reid, Mitchell Jones, Keith Staten et Michael Williams, a déjà une décennie de carrière derrière lui. Fondé en 1980 par Fred Hammond, Commissioned a mis 5 ans avant de peaufiner un album, I’m Goin On« , et faire ainsi leur entrée sur la scène américaine. Aujourd’hui, le groupe en est à son 7e album (Number 7, 1991 et collectionne !es awards et nominations en tous genres : Dove Award (1990), Stellar Award (1990), Billboard gospel Sales Charts (1990), Grammy (1989). Autre élément ajouté au succès du groupe, il est accrédité d’une forte influence sur la jeunesse.

 

Rodney Taylor

C’est le dernier arrivé. Pourtant, ce saxophoniste n’est pas inconnu du milieu gospel Outre-Atlantique. Il a officié en background d’un des groupes les plus célèbres de la scène US : les  Nicholas. Robert Taylor ou encore « R.T » pour les inconditionnels, c’est à la fois la version instrumentale et l’ouverture rap à outrance du mouvement.

 

Discographies sélectives :

Kenny Smith : Don’t Give Up. Kingdom : Serious.

Sound Of Blackness : The Evolution Of Gospel.

Commissioned : State Of Mind. Rodney « R.T. »  Taylor: Soul 4-1-1.

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