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jeudi, novembre 22, 2018
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My Name Is Janet !

Par TJ Allen

 

Et elle le clame haut et fort. Affirmant ainsi, si besoin en était encore, son émancipation par rapport à son illustre famille. Janet, le nouvel album, acheté à prix d’or par Virgin, chez qui elle fait ses débuts… En même temps que ses débuts, derrière la caméra de John Singleton, le réalisateur de Poetic Justice.

Pas toujours facile de porter le nom des Jacksons. Il y a bien sûr les portes qui s’ouvrent d’elles-mêmes, sans carte de visite, ni même de rendez-vous préalable… Mais aussi cette incessante pression médiatique prête à faire feu de tout bois sur vos moindres faits et gestes. Cela, Janet l’a bien com­pris, depuis ses débuts dans le circuit, il y a une dizaine d’années. Longtemps restée dans l’ombre des mâles de la famille (Michael, Jermaine et les autres), sa carrière prend forme avec l’arrivée de Jimmy Jam et Terry Lewis dans son staff de production (ils ne la quitteront plus), et la sortie de Control, son deuxième album, en 1986, vendu à quelques huit millions d’exemplaires à ce jour. Trois ans plus tard, le « trio » double la mise avec l’album « Rhythm Nation 1814 (N°1 pendant quatre semaines). La tournée mondiale du même nom qui s’en suivra montrera ô combien elle n’a plus rien à envier à Michael… ô combien son profil n’a rien du feu de paille que s’est révélé être celui de l’autre « Jackson daughter », LaToya.

 

« John McClain (l’un des boss d’A&M) a tout essayé pour me garder. Je vou­lais attendre avant de resigner. Je savais que « Rhythm Nation » tenait la route. Je lui ai répondu que rien ne pres­sait. Ce fut notre dernière conversation. J’ai signé chez Virgin à cause de l’ambiance qui y règne. Il s’y dégageait une atmosphère familiale. Jeff Ayeroff et Jordan Harris (les patrons de Virgin-America) m’ont dit qu’il fallait que je me décide ; mais sans mettre la pression… »

 

Janet est une valeur sûre. C’est pourquoi Virgin n’hésite pas à mettre le paquet via sa filiale américaine quand LA Jackson se retrouve libre de tout engagement vis à vis d’A&M, après la sortie de Rhythm Nation. « John McClain (l’un des boss d’A&M) a tout essayé pour me garder. Je vou­lais attendre avant de resigner. Je savais que « Rhythm Nation » tenait la route. Je lui ai répondu que rien ne pres­sait. Ce fut notre dernière conversation. J’ai signé chez Virgin à cause de l’ambiance qui y règne. Il s’y dégageait une atmosphère familiale. Jeff Ayeroff et Jordan Harris (les patrons de Virgin-America) m’ont dit qu’il fallait que je me décide; mais sans mettre la pression… »

Le concept de ce nouveau 30, Janet en aura une vague idée, avant même d’avoir achevé l’enregistrement de Rhythm Nation. « C’est un album dont les thèmes tournent autour de l’amour », dit-elle, « tomber amoureux, aimer… un album personnel. Mon passé, mon présent, et ce que je vou­drais voir se réaliser dans ce compartiment de ma vie… «  « Again » qui figure dans la B.O. de Poetic Justice, le film de John « Boyz’N’The Hood » Singleton, dans lequel elle occupe le rôle principal, a inauguré l’album. « J’ai commencé le tourna­ge du film en 1992. J’étais supposée entrer en studio quatre mois plus tard. D’autres idées me sont venues sur le plateau de tournage. Puis tout a commencé à prendre forme avec « If », puis « The Body That Loves You ». Je voulais quelque chose de jazzy… » Puis un mélange de jazz et de funk, à l’image de « Funky Big Band ». Un titre qui, d’après la bio officielle de Janet, est dédié à l’établissement de la cultu­re afro-américaine, mélange de hip-hop, funk et jazz. Ce titre reflète une partie importante de l’histoire de la musique noire ; l’époque Stax. « What’ll I Do », une autre.

« J’ai découvert ce titre, initialement interprété par Johnny Daye, un chanteur blanc, sur la « Complete » de Stax, qu’un ami m’a offerte. J’ai pris contact avec ses auteurs (Steeve Cooper de Booker T & The MG’s et Joe Schewell) et leur ai proposé d’en réécrire les textes. »
Mais cet album marque aussi de nouvelles orientations de la part de Janet et son entourage. Ainsi, les participations de la cantatrice, Kathleen Battle, et du rapper, Chuck D, res­pectivement sur « This Time » (une expérience qu’a entreprise, avant elle, Freddie Mercury avec Montserrat Caballe) et « New Agenda ».

 

« Contrairement à ce que l’on pourrait penser, « New Agenda » est autobiographique. J’avais sept ans quand j’ai vu Maya Angelou pour la première fois. Je ne l’ai jamais oubliée. »

 

« J’ai été très impressionnée par la prestation de Kathleen aux Grammies en 1987. J’ai profité de notre rencontre pour lui témoigner mon envie de travailler avec elle. Quand je lui ai envoyé la demo de « This Time », elle m’a appelée pour me demander où, quand, comment… Elle est tellement perfectionniste, il lui fallait du sur-mesures. »
« New Agenda » voit, pour sa part, l’entrée en scène de Chuck D (Public Enemy). Un titre construit à partir d’un poème inti­tulé « African American Woman », un texte écrit par Janet, que lui a inspiré Maya Angelou (l’auteur d’un texte dédié à Bill Clinton lors de sa cérémonie d’investiture). « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, « New Agenda » est autobiographique. J’avais sept ans quand j’ai vu Maya Angelou pour la première fois. Je ne l’ai jamais oubliée. Je l’ai revue pendant le tournage de « Poetic Justice ». Nous avons déjeuné ensemble et je lui ai lu quelques poèmes, dont « Afro American Woman ». De là est né « New Agenda », un titre destiné à inculquer la fierté d’être ce que l’on est, changer le futur, établir le respect à l’égard des femmes et des enfants. »

C’est au cours des Soul Train Music Awards en 1992, que Janet est présentée à Chuck D par l’entremise de son parte­naire, Flavour Flav. « Je suis une grande fan de Public Enemy. Je lui ai parlé de mon souhait de le voir figurer sur l’un de mes titres. Cela s’est passé comme avec Kathleen. Il m’a répondu qu’il ne manquerait ça pour rien au monde. L’enre­gistrement une fois achevé, on s’est offert un mega break­fast et on a parlé de tout, de rien… C’était super… »
De cet album, peu de temps après en avoir achevé la réali­sation, ses producteurs, Jimmy Jam & Terry Lewis, déclare­ront : « Ce nouveau 30 est aussi différent de Rhythm Nation que ce dernier ne l’a été de « Control ». C’est un album chaud, sophistiqué, qui marque le franchissement d’une nouvelle étape dans la carrière de Janet. »Janet ne présente pas de thèmes particuliers, si ce ne sont ces variations autour de l’amour. C’est pourquoi il comporte des tas d’éléments musi­caux différents. Il est plus jazzy. Nous avons voulu lui donner un son qui correspond aux textes qu’il véhicule, aux humeurs qu’il dégage… » Et leur protégée de préciser : « Cet album exprime le cheminement d’une jeune femme qui prend conscience des vicissitudes de la vie et de l’amour… »

 

« Les gens ont de ces préju­gés. C’est terrible. Ils vous imaginent comme ci, comme ça. On pense que je vis dans la soie… mais c’est une question d’éducation. Ma famille est très terre à terre »

 

« Le tournage de Poetic Justice » m’a apporté énormément. J’étais très timide auparavant. Je ne le suis plus. 2pac (membre de Digital Underground, avec qui elle partage l’affiche du film) est incroyable. On ne peut plus jamais être timide après avoir bossé avec ce type. Le personnage que j’incarne (Justice) est très réaliste. John Singleton, le réali­sateur du film, m’a beaucoup soutenue. Il a été comme un grand frère pour moi. On a été à la fac ensemble. Je me sens beaucoup de points en commun avec « Justice », bien que l’on peut se demander ce qu’une fille d’Encino comme moi peut connaître de South Central. Je me souviens de certaines périodes difficiles de ma vie. Des moments difficiles où j’ai ressenti la solitude… entre seize et dix-neuf ans. Je sortais beaucoup, il y a eu cette demande en mariage. Puis tout a capoté. J’allais souvent à South Central quand j’étais étudiante à la fac. Un de mes copains y habitait. J’y suis retournée plus tard, pendant le tournage du film, sans garde du corps. J’ai rencontré des filles dans une boîte… Au début, elles me prenaient pour une gamine gâtée. On a fini par passer deux mois ensemble. Les gens ont de ces préju­gés. C’est terrible. Ils vous imaginent comme ci, comme ça. On pense que je vis dans la soie… mais c’est une question d’éducation. Ma famille est très terre à terre. Allez voir le film et vous aurez une autre perception de ce que je suis. Rien de tel que le bouche à oreille pour changer l’opinion que le public peut avoir de vous… »

Des projets, Janet n’en manque pas. Tourner d’autres films, monter son label… Elle va s’y consacrer… Des répétitions avant une nouvelle tournée et continuer d’apporter son soutien à des organisations caritatives… Et s’efforcer à rester un exemple pour les jeunes. « La vie que nous avons, nous les artistes, est un cadeau qui nous vient de Dieu. Nous avons un devoir en retour à l’égard des jeunes générations, pour qui nous devons rester un modèle… »

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