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Martha Wash, la vraie voix de Black Box (1993)

Par Sarah Baines

 

Il y a les voix que l’on utilise en studio. Et celle de Martha Wash, pour sûr qu’elle est porteuse, elle qui a largement contribué aux succès de Black Box et de C&C Music Factory, sans en avoir tiré le bénéfice à sa juste valeur. L’ex-choriste de Sylvester (James,1947-1988), « The Queen Of Clubland », a remis les pendules à l’heure avec son premier album solo…

 

Chronique d’un retour annoncé de longue date pour la reine du monde des clubscelle qui, avec Jocelyn Brown et Loleatta Holloway, compte parmi les voix les plus puissantes du circuit. Un retour pourtant qui n’en est pas vraiment un, considèrent que Mrs Washington n’en est qu’à son premier album, depuis ses débuts comme choriste, il y a plus de quinze ans. Elle officiait à l’époque pour le compte du regretté Sylvester, star incontestée de l’ère disco-funk. Il y aura ensuite la formation de Two Tons O’Fun, dont elle sera l’une des deux composantes, puis celle des Weather Girls (avec la même partenaire, Izora Rhodes). De cette union, on retiendra le multi-platine « It’s Raining Men ». Puis, plus rien jusqu’en 1989, année du sacre de BlackBox, dont Martha, victime d’un « coffre » jugé un peu trop imposant pour assurer le premier rôle sera écartée.

Les italiens, Davoli, Limoni et Semplici, producteurs du grou­pe, lui préféreront Katherine Ouiniol, une jeune Antillaise habi­tuée des shows-mode dotée, à défaut de réelles capacités vocales, d’un physique bien plus attrayant. On connaît le pou­voir de l’image, rendu encore plus important depuis l’avène­ment des TV musicales. Et la même mésaventure survenue à Manuela Kamosi (Ya Klid K) qui, en pleine cure de désintoxication, devait être remplacée par Felly pour donner un visage à Technotronic à la sortie de « Pump Up The Jam ».

 

« On te demande de t’exprimer dans le domaine où tu as fait tes preuves. Alors, tu n’as plus qu’à t’exécuter, que tu le souhaites ou non. C’est à ce stade que les concessions se font.. 

 

Un an plus tard, Marthe, dont la spontanéité et la générosité n’ont d’égal que le tour de taille, allait récidiver cette fois avec David Cole et

Robert Clivas, pour l’enregistrement de l’al­bum de C&C Music Factory. Sommets là encore atteints avec « Gonna Make You Sweet », mais si la présence de Deborah Cooper en tant qu’additional vocalist était indiquée dans les crédits, celle de Marthe se voyait en revanche une fois encore totalement occultée. Deux expériences malencon­treuses pour lesquelles réparation a été demandée. Et voici que se profile la fin du tunnel, avec la sortie de ce premier album. « J’ai délibérément opté pour des chansons comportant un message positif. L’une d’entre elles, « Now That You’ve Gone », parle d’une relation dans laquelle on se sent tellement concerné qu’on en perd sa propre identité. Alors, quand survient la rupture, il n’y a plus qu’à tout faire pour se retrouver et chasser la personne de sa vie; de son esprit. Beaucoup d’entre nous sont passés par là et tant que dure la « convalescence », on se sent comme collé à quelque chose qui, de toutes façons ne reviendra plus… Incapable de faire quoi que ce soit. A travers mes textes, je veux que le public se sente concerné. »

 

« …C’est plus facile de s’exprimer sur scène qu’en studio. L’enregistrement, ça sert à la postérité ; le live, c’est ici et maintenant. »

 

En ce sens, « Carry On » (le premier extrait de l’album) donne l’impression d’un encouragement personnel qu’est venue s’adresser l’ex-choriste, « Le monde est sans dessus-dessous, alors si tu peux apporter le réconfortfort à travers tes actes, c’est super. »

Martha draine derrière elle la réputation d’une dance diva. Une image qu’elle trouve un peu trop simpliste, et qu’elle voudrait bien voir modifiée avec un répertoire qui fait place à quelques ballades. Un compartiment dans lequel elle a su trouver quelques compensations, compte tenu des exi­gences de son label.

« Difficile de ne pas faire de concessions. On te demande de t’exprimer dans le domaine où tu as fait tes preuves. Alors, tu n’as plus qu’à t’exécuter, que tu le souhaites ou non. C’est à ce stade que les concessions se font.. C’est plus facile de s’exprimer sur scène qu’en studio. L’enregistrement, ça sert à la postérité ; le live, c’est ici et maintenant. »

Une raison supplémentaire qui explique la lenteur dont Marthe a fait preuve avant d’enregistrer à son propre compte. « J’espère avoir l’occasion avec cet album de remettre les pendules à l’heure. Rien n’arrive sans raison. Pour découvrir un artiste à mes débuts, il fallait aller le voir sur scène. Maintenant, tout se passe par demo-tapes interposées. On se fait à tout, mais ce n’était pas dans mes cordes. Il n’a rien de tel que le live pour savoir qui est qui et qui fait quoi. »

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