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mardi, juillet 17, 2018
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Maceo Parker : Les années JB’s (1991)

 

Propos recueillis par Romain Grossman

 

L’ex saxophoniste de James Brown mène  encore aujourd’hui une carrière solo à succès. Il a en effet enregistré une dizaine d’albums depuis cette rencontre que nous vous livrons ici. Entretien avec un saxophoniste de légende.

 

Le parcours de Maceo Parker est indivisible de celui des JBs. Le légendaire groupe du  Godfather dont les pièces maîtresses, Pee Wee Ellis, Fred  Wesley et Maceo écument aujourd’hui, les salles de concerts du monde entier sous le nom de Maceo & Roots Revisited. Maceo, le leader de ce  trio que vient grossir son  frère Melvin,  se souvient encore de cette période lorsque nous le rencontrons à la fin du concert explosif dont ils nous ont gratifiés, à Bagnolet, dans le cadre du  festival Banlieues Bleues  : « La rencontre avec James s’ est faite par le biais de mon frère Melvin. A l’époque, javais 21 ans et nous étions tous les deux étudiants. Un soir, James est  venu le voir se produire dans une boîte de nuit. Il voulait alors l’engager mais Melvin (batteur) était encore à l‘ école. Il lui a proposé de le prendre lorsqu’il quitterait l’école. Ensuite, Melvin m’a présenté à James, et la suite vous la connaissez… »

Si I’on sait ce que cette formidable équipe de I’age d’or du funk a apporté à l’industrie musicale toute entière, I’on sait moins en quelle mesure chacun, individuellement, y a contribué. Quel rôle avait effectivement Maceo aussi bien dans les compositions et les prestations du groupe  ?

« La tâche première qui m’était assignée était de jouer du saxophone. Ce qui était déjà une très grande responsabilité. »

Responsabilité qu’on Iui concède volontiers quand on sait de quelle poigne James  dirigeait le groupe. L’on se souvient encore des différentes déclarations du Soulbrother Number One concernant les tarifs pratiqués en cas de fautes.

 

« James Brown n’a pas permis que le groupe perdure. Il n’approuvait pas cette initiative et il a donc usé de tout son pouvoir et son influence pour écourter la vie de ce band. »

 

Cette belle aventure allait momentanément être interrompue au début des années 70 Iorsque Maceo décida de voler de ses propres ailes. Accompagné par Pee Wee Ellis et Fred Wesley, il crée alors Maceo & All  The  King’s Men. Deux  disques vont éclore de ce groupe alternatif  : Doin’  Their Own Thing et Funky Music Machine. Mais pourquoi avoir décidé de  quitter le SoulBrother Number One ? « Nous voulions tenter une aventure musicale différente et nous ne pouvions pas tout le temps utiliser les JBs pour cela. Alors nous avons décidé de créer notre propre groupe. » Pourquoi cette formation n’a-t-elle pas suivi sa voie ? « Parce que James Brown ne I’a pas permis. Il napprouvait pas cette initiative et il a donc usé de tout son pouvoir et son influence pour écourter la vie de ce band. »

Mais depuis cette malheureuse aventure, Maceo est revenu par intermittence avec le Godfather (1973 et 1984 pendant la grande vague disco) avant de retrouver ses compagnons Ellis et Wesley qui, entre-temps, s’en étaient allés vers d’autres experiences. Ellis revenait d’une collaboration avec Billy Cobham et David Sanborn et, Wesley avait revêtu le costume d’arrangeur des JB’s. La soul, alors en retrait, était-elle en train de mourir ? « Non, cette idée ne m’avait même pas effleuré car nos différents passages dans les salles entraînaient toujours autant de monde. Il y a avait encore et il y aura toujours de la place pour le funk« . La preuve la plus évidente, c’est la sortie de Finally Getting Paid de  Bobby  Byrd  & The  JB’s All  Stars  qui  réunit Wesley,  Vicki Anderson (madame Bobby Bird) et sa fille Carleen des Young Disciples pour lesquels Maceo soufflera également quelques notes sur leur album Road To Freedom.

Pourtant malgré Ies différentes expériences qu’il a pu avoir avec la nouvelle génération, son dernier album  Mo’ Roots (qui reprend des standards soul, blues…) n’a nullement fait appel à la technologie actuelle.

« Disons que les effets spéciaux sont très utiles lorsque vous faites des vidéos. Mais les drumsmachines ne remplaceront jamais une chanson enregistrée avec de vrais instruments« . Il nous l’a amplement prouvé au  cours de ses passages à Paris.

Malgré la tonalité très roots de I’album, ses concerts sont  très funky.  « Vous savez, avant de faire une scène, je ne m’impose aucun répertoire particulier. Je sais que les gens sont venus pour vibrer, danser. Alors je leur donne ce qu’ils sont venus chercher. Nous allons d’ailleurs, bientôt enregistrer un album live ».

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