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dimanche, décembre 16, 2018
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Luther Vandross Vs Lisa Fischer : Quand l’élève se frottait au maître

Par Franck Djoko Amados & Elia Hoimian

 

Nous sommes au début des 90’s. Luther Vandross était l’icône de la classe aisée noire-américaine. Lisa Fischer, sa protégée, après des duos mémorables (Teddy Pendergrass, Mick Jagger) et des choeurs de Tina Turner, Sting, Rolling Stones, sortait son premier et seul album solo. Nous nous sommes amusés à comparer l’album du maître et de l’élève…

Luther Vandross

Monument incontournable de la « Planète Soul », l’un des artistes les plus programmés sur les ondes des radios noires-américaines, Luther Vandross est l’idole des booppies (la Jet Set noire-américaine) et autres fanatiques soul de tous âges. Le personnage est connu de tous : ses trois premiers albums, se sont vendus à plus d’un million et demi d’exemplaires et continuent sur leurs lancées.

Né à New York (Lower East Side), Luther jouait du piano déjà à trois ans. Il grandit au son des plus belles voix soul de l’époque dont Aretha Franklin, Diana Ross, Dionne Warwick – pour qui il écrira plus tard, Marvin Gaye et Otis Redding. Certain regretteront l’excellente mais éphémère collaboration de Luther Vandross à ses début, avec le groupe Change : un cocktail explosif et magique d’une voix soul au service du funk.

Son titre « The Glow Of Love » – extrait de l’album du même nom – au début des 80’s relève du génie en matière de vocalise et est la preuve par neuf de tout son talent. Il possède un timbre de voix qui oscille du grave à l’aiguë avec une facilité déconcertante. A l’image de Teddy Pendergrass ou de Frankie Beverly de Maze, Luther Vandross invente des phrasées de voix qu’il pousse parfois, jusqu’aux limites de la cassure, de la fausse note.

Dès son premier album solo, Never To Much en 1981, Luther se veut le pionnier de la soul music des temps modernes : le soft and slow funk. Le problème majeur pour un soliste de cet ordre, réside dans le choix des musiciens qui l’accompagnent. Luther ne s’est pas trompé dans cette voie là. D’où sa collaboration enrichissante avec Marcus Miller (bassiste attitré de Miles Davis), largement démontrée par « See » (extrait de « Any Love ») où Marcus enrobe de slaps majestueux la voix d »ébène » de Vandross qui ne demande pas mieux pour s’exprimer.

Vivez les émotions de Power Of Love, le dernier album de Luther Vandross, pas vraiment pour les titres funk qui manquent de groove mais surtout pour les ballades gospellisantes. « Full Of Love guaranted ». Vous aurez du mal à résister à  » Who Have Nothing », très bon pour le choeur ainsi que « Don’t Be Want To Be A Fool ». Cet album est une fois de plus à la hauteur de Ia réputation de Luther Vandross qui vient de remporter le Grammy Award du « Best R&B Male Vocalist » (Meilleur chanteur R&B). Il faut aussi dire que là encore Luther s’est très bien entouré pour sa réalisation. Toutes les grandes pointures vocales du moment y sont réunies avec entre autres Martha Wash et Lisa Fisher, qui vient de sortir son premier album solo So Intense.

Franck Djoko Amados

 

Lire aussi l’interview : Luther Vandross, le maître de la soul chic (1951-2005)

 

 

Lisa Fischer : l’entrée en scène !

 

Comme le titre le résume si bien, So Intense,  l’album de la belle et plantureuse Lisa est un must du genre. Un des meilleurs albums soul du moment. Question : comment un premier album peut-il renfermer autant de délices dance, distillé à petites doses (c’est toujours meilleur !) et de soul sulfureux ?

Bien que la sortie de ce premier album marque le début d’une véritable carrière au sens le plus large du terme, Lisa Fischer n’est pourtant pas une inconnue. Elle traîne derrière elle un lourd passé de chanteuse hors pair. Ses récents duos avec Teddy Pendergrass (encore lui !) dans « Glad To Be A live » (« Truly Blessed ») et Mick Jagger « Gimme Shelter », sont la preuve qu’avant la sortie de So Intense, Lisa jouait déjà, dans la cour des grands.

Le lien entre Lisa et Luther ? Il est tout simple. Après des escales très appréciées chez Billie Océan, Keith Diamond, Melba Moore, Dionne Warwick et Chaka Kahn, la petite fille de Brooklin fait la rencontre de Luther Vandross en 1984. Luther, séduit par la voix de velours de Fischer, l’emmène dans son Superstar Tour. C’est la rencontre qui a déterminé la présente apparition de la chanteuse.

Aujourd’hui, la petite protégée fait ses pre­miers pas sous l’oeil bienveillant du patriarche qui lui a écrit et produit « Get Back To Love », une soul calibrée à la mesure du « Grand Homme » qu’il est et « Send The Message Of Love », « Some Girls », deux funks d’un classique limpide. Son apport précieux dans « Wildflower » en a fait un autre titre phare de l’album. Dire que la qualité exceptionnelle de ce disque est uniquement dûe au fruit de Luther qui, ceci dit en passant, aurait été mieux inspiré de remplacer certains de ses titres par ces derniers, serait trop facile. Car Lisa marque de ses empreintes de compositri­ce « Save Me », un funk dénué de tout artifice inutile, lui donnant ainsi tout son charme et « How Can I Ease The Pain », une ballade hau­tement frémissante où elle donne toute la plé­nitude de sa voix. Dix titres pour vous trans­porter dans le Nirvana des grandes voix de cette décennie, jalonnent cet album d’excellente facture.

S’il est Indispensable de ne pas rater une sor­tie d’album de Luther (histoire de ne pas avoir un « trou » dans sa collection de clas­siques soul, un nouveau nom va désormais s’inscrire une des cases de votre juke-box, celui de Lisa Fischer.

Exercice pratique : écouter parallèlement les deux albums (comme nous l’avons fait pour le besoin de l’article) et vous pourrez vous rendre compte que le passé est parsemé d’his­toires d’élèves qui, à un moment donné, surclassent leurs maîtres ».

Luther Vandross, Power Of Love (Epic)

Lisa Fischer, So Intense (US / WEA)

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