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dimanche, décembre 16, 2018
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Latin Hip Hop, L’autre Los Angeles (2/2) : Funkdoobiest (1994)

Par Arnaud Fraisse

 

Cypress Hill a ouvert la voie aux rappeurs latinos. Funkdoobiest, composé d’un portoricain, d’un Indien et un mexicain, a été une révélation de cette tendance !

 

Membres des Soul Assassins, Sondoobie, DJ Ralph M et Tommahawk Funk sont ensemble depuis 1988. Pour DJ Ralph M, ‘‘C’est un rassem­blement de DJ’s et MC’s qui aiment et respectent le hip-hop. C’est aussi la réunion de plusieurs cultures, comme un grand arbre avec ses différentes branches. Je suis Mexicain-Indien, Tommahawk Funk est Indien mais nous avons tous grandi aux Etats-Unis ».

Leur album, réalisé de façon classique, est nourri d’un concept qui l’est beaucoup moins. Comme l’explique Ralph M, “Sur cet album, on a essayé de rendre hommage à la culture de chacun pour que chaque individu se retrouve dans une musique que l’on n’a pu créer qu’à plusieurs. ”

La musique de Funkdoobiest est comme une auberge espagnole. On y trouve ce que l’on y amène. D’après Ralph M, “Funkdoobiest, c’est du “Funk Indécis ». On essaie de rester fidèles à l’essence du B-boyisme. Nous sommes nous-mêmes”. Le problème d’un tel groupe, est qu’il fera inévitablement l’objet d’une comparaison avec ses parrains, en l’occurence Cypress Hill. “Les gens nous comparent parce que nos musiques se ressemblent au premier abord et ils ne vont pas voir plus loin. C’est vrai, Cypress Hill a ouvert de nombreuses portes pour Funkdoobiest. Ils ont eu la chance d’être signés et de pouvoir nous aider”, admet Ralph M.

Musique fondamentalement noire, le rap est aujourd’hui pratiqué par tous. Concernant, la communauté hispanique, Ralph M fait remarquer : “Les Latinos ont toujours été dans le hip hop, aussi bien les Porto-Ricains que les Cubains ou même les Jamaïcains hispaniques. Ils ont commencé dès le début, à l’époque des Cold Crush Brothers, d’Afrika Bambaataa et de Kool Herc”. Face à cela, l’émergence de groupes « blancs’’ tels Pete Nice, House Of Pain, Mad Flava ou Knucklehedz ne semble pas être un fait gênant. “Ces groupes sont bons, c’est ce qui compte en hip hop, plus que là d’où tu viens. « 

 

“C’est marrant, on monte sur scène et les gens sont sidérés. Ils ne savent même pas ce que nous sommes. Ils nous regardent comme si on était des Martiens !”

 

A la simple écoute du LP de Funkdoobiest, il est difficile de savoir s’ils sont Noirs, Blancs ou… “C’est marrant, on monte sur scène et les gens sont sidérés. Ils ne savent même pas ce que nous sommes. Ils nous regardent comme si on était des Martiens!”

Peu impliqués politiquement, le groupe préfère de loin s’adonner à la fumette, “c’est un rite tribal, nous sommes en fait une tribu de la cultu­re hip hop” ; ou partir dans un trip porno, “le Porno King, c’est le truc de Sondoobie ». Malgré tout, Funkdoobiest tient à faire passer un mes­sage plus sérieux “à un niveau subliminal », selon DJ Ralph M qui ajou­te : « Il faut écouter les messages à l’intérieur de nos chansons mais le risque est que cela soit également mal interprété. Nos textes signifient toujours quelque chose de plus profond que leur sens premier. Il faut creuser. Sur notre prochain album, on abordera plus nos racines. »

Le futur ? Un prochain album de “funk extra-terrestre” est en prépara­tion; “Nous sommes des Extra-Terrestres. Ce sera du strictly Funkdoobiest, homeboy!”

Eh, Ralph ! Pose le vaisseau et éteins son étrange cigarette… jusqu’au prochain concert !

 

Funkdoobiest : Which Doobie U B ? (Epic/Sony Music)

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