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dimanche, décembre 16, 2018
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L’Afrique fantastique d’Amos Tutuola (1995)

Par Jean-Bernard Gervais

Amos Tutuola n’était qu’un obscur employé au Ministère du Travail nigérian lorsqu’il décida, dans les années 50, de prendre la plume. Un grand écrivain était né. Mais sa reconnaissance se fit longtemps attendre, car Tutuola avait décidé de transcrire les contes de la tradition Yoruba, genre littéraire à l’époque méprisé. Il a fallu que Raymond Queneau traduise son premier roman en 1953, L’ivrogne dans la brousse, pour que l’intelligentsia jette un coup d’œil condescendant sur son œuvre.

 

A l’heure actuelle, Tutola est internationalement connu et respecté. Simbi et le satyre de la jungle noire est caractéristique du style de cet auteur. Ce conte, c’est l’histoire de Simbi, jeune fille heureuse et comblée par sa mère, qui veut absolument connaître la signification de ces deux mots : « pauvreté » et « châtiment ». Un beau jour, elle se fait enlever par le cruel Dogo sur le chemin de la mort. Aussitôt vendue comme esclave, elle apprend à connaître les châtiments et la pauvreté. mais, usant de sa ruse et de son courage, elle surmonte toutes les épreuves qui sont ingligées et vainc le satyre de la jungle noire, symbole des forces du mal : elle peut enfin retourner dans son village auprès de sa mère et de ses amies. Parabole de la lutte pour la vie, Simbi et le satyre de la jungle noire est aussi un conte fantastique hanté par les gnomes, les génies et les esprits maléfiques de la forêt.

Cette histoire, un classique de la littérature traditionnelle africaine, est cependant desservie par une traduction souvent hasardeuse. En effet, que viennent faire, dans l’univers fantastique de Tutola, des mots comme « bagout » ou « chic » ? Pourquoi donc Marie-Claude Peugeot, la traductrice, accumule-t-elle, au fil des pages, les « etc. » ? Autant d’imprécisions qui obscurcissent la découverte d’un univers littéraire unique.

Amos Tutola, Simbi et le satyre de la jungle noire (156 P., Belfond)

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