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jeudi, novembre 22, 2018
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La révolution Hip-Hop (4/6) : La troisième génération !!!

Par Arnaud Fraisse

 

Le hip hop est en évolution constante, les groupes sont nombreux et certains disparaissent aussi vite qu’ils sont apparus. II est donc difficile de savoir quels sont ceux que l’on retrouvera dans quelques années. Mais en 1992 et 1993, voici les artistes qui se sont démarqués.

 

Arrested  Development.

« Un groupe champêtre, mixte, sympa­thique » donc suffisamment inoffensif pour passer à la télé. Seulement voilà, Speech, le leader du groupe est malin et son « Everyday People » n’a rien d’une  bluette. II traite des relations au sein même de la communauté  noire-américaine avec un réa­lisme et une lucidité à faire pâlir plus d’un. Le spectacle d’un public blanc poing levé en signe de protestation lors  de « Revolution » dans  un concert à la Cigale à Paris, donne la pleine mesure de I’image que les médias français ont  réussi à donner à l’un des groupes les plus politisés de la scène rap. Ceux que Spike Lee qualifie d’« enfants de Malcolm X » préconisent le soulèvement d’un peuple avili. II est donc plus que temps de redonner sa dimension militante à ce groupe qui déclarait à notre rédaction  : « Dans une révolution, il ne faut pas simplement être prêt à mourir, il faut surtout être prêt à tuer ». Elia Hoimian

 

Das EFX

Le stiggedy-stiggedy style de Das EFX est parmi les révé­lations de ces derniers mois. Leur album a marqué  une  nouvelle étape dans le hip hop. Un freestyle permanent sur des beats percutants :  une formule simple que Das  EFX applique à merveille. On peut le dire également de leur compère du Hit Squad, le funkadelic devil, Redman, véritable fous furieux qui, avec Whut ? Thee Album (Squatt), a signé des débuts fracassants.

Lire aussi : Das EFX, le style roughneck

 

The Goats

C’est l’un des rares groupes mixtes (Noirs-Blancs). Leur concept-album TrickOf The Shade (Squatt) est l’un des plus novateurs depuis des années. II raconte les aventures du groupe dans une fête foraine ou chaque  attraction est une métaphore des vices de la société américaine. Intelligent et fort.

 

Disposable Heroes Of Hiphoprisy.

Le  duo a produit, en 1992, Hiphoprisy Is The Greatest Luxury,  un  album consistant sur lequel se mêlent  une musique lourde, épaisse et des textes longs et argumentés sur tous les vices de la civilisation US.

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The Pharcyde

Ils ont réussi à montrer que le rap à L.A. n’est pas uniquement gangsta. Les influences jazz-funk 70’s voire latino se pressent sur !’excellent album A Bizarre Ride II The Pharcyde.

Onyx.

« Move back motherfucker ! Da Onyx is here !/Bacdafucup ! Backdafuck up l ». Voici, en résumé, l’essentiel  du concept  d’un groupe de fous furieux aux cranes rases, débarqués sur la pla­nète rap avec la délicatesse d’un coup de Timberland dans le visage. Produit par Jam Master Jay (de Run DMC), Bacdafucup (Squatt), l’album d’Onyx, est certainement l’un des plus remarqués de cette année. Vivement un show !

 

Apache

Il suit la voie tracée par ses amis de Naughty By Nature et du Flavor Unit. Un hit, « Gangsta  Bitch », suivi  d’un excellent LP, Apache Ain’t Shit  (Fnac Music) et notre « lndien » est déjà une star hip hop outre-Atlantique.

YoYo

Dans l’ombre d’lce Cube depuis ses débuts en 1989, Yoyo s’est a réellement révélée en 1993 avec l’album  You Better Ask Somebody, indiscutablement son meilleur. Elle réussi à symboliser une femme dure, qui connaît les lois en vigueur dans les rues de L.A., sans donner de la femme noire une image dégradante. Yoyo est noire, femme et fière.

Boss

C’est la nouvelle forte tête du hip-hop. Venue de L.A., elle a réussi  à faire cesser les sarcasmes, et  rivalise  avec ses confrères grâce à son album, Born Gangstaz. Utilisant l’imagerie gangster à son compte, elle donne une nouvelle vision de la femme noire-américaine, loin de celle de la femme respectable incarnée par Queen Latifah ou MC Lyte.  Boss vient nous rappeler une certaine réalité de la femme noire-américaine.

 

Lords Of The Underground

Marley Marl a eu du flair en produisant ce groupe du New Jersey. Il a su repérer le talent et le potentiel des Lords. Leur album, Here Comes The Lords, est un bijou de street hip-hop, aux beats aussi précis que  rugueux et aux raps matinés de freestyle.

Lire aussi : Lords Of The Underground : les gardiens du rap funk

Digable Planets.

Inspiré par Gangstarr, ils sont  « Cool Like Dat » sur  leur album,  Reachin(Warner),  matiné de jazz et de smooth funk. Paisible et intéressant. Mais loin d’être la potion magique que les médias  américains essayent de nous faire avaler.

 

Da Youngsta’s,  Kris  Kross,  Illegal.

Agés de 13 à 16  ans, ils ont des albums parfaitement réussis et prouvent que la valeur n’attend point le nombre des années. Avec de tels groupes, le hip-hop est bien loin d’avoir dit son dernier mot.

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Snoop Doggy Dogg

Le protégé  de Dr. Dre est sans aucun doute le rappeur dont on aura le plus parlé avant la sortie d’un quelconque album. Son passé au sein d’un gang des Grips de L.A. le place souvent au centre de  la  controverse. Snoop devrait régler ses comptes sur Doggy Style, un des albums les plus attendus de  l’histoire du rap.

Lire aussi l’interview : Snoop, le phénomène gangsta

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