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jeudi, novembre 22, 2018
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La révolution Hip-Hop (3/6) : Hip Hop Hooray !!! La seconde génération

Par Arnaud Fraisse

 

Ils représentent la seconde génération de rappeurs et ont marqué le mouvement de leurs empreintes indélébiles.

 

Public Enemy

« I show you my gun/My uzi weight a ton/Because I’m Public Enemy number one ! ». Depuis 1988 et  ces  rimes déclamées sur l’alburn Yo ! Bum Rush The Show  !, personne n’est venu démentir le statut de numéro 1 du rap de Public Enemy. Des  textes révolutionnaires (ils ont été les premiers à afficher la  photo de Malcolm  X dans leurs  clips), intelligents et puissants révélant la véritable situation de la communauté afri­caine-américaine, une musique régénératrice et définitive concoctée par le Bomb Squad et le charisme de ses membres ont fait de P. E. le maître du genre.

Le concept même du groupe est une réussite : Chuck  D nous dicte la pensée de  Malcolm  X, Flavor  Flav  joue le rôle du bouffon et facilite la transmission du message. Terminator X,  le DJ, s’exprime uniquement avec les mains et The Security Of The First World  est une preuve de la force de l’homme noir. De It Takes A Nations Of Millions To Hold Us Backen  1989, à Apocalypse 91… The  Enemy Strikes Back,  l’oeuvre de  P.E. est indispensable pour comprendre l’essence du rap. « Fight The Power »!!!

Queen  Latifah

La grande Dame du hip-hop s’est révélée en 1989 avec l’album All Hail The Queen, produit par  le légendaire DJ Mark The 45 King et Krs-One. Lala, comme on la surnomme, est la première femme à s’être intéressée à l’afrocentrisme, ce qui, à l’époque, rompait singulièrement avec les préoccupations de ses consceurs. Queen Latifah est également la « marraine » de De La Soul et celle qui a découvert Naughty By Nature (NSN). Son deuxième album, Nature Of ASista, plus pop que le précé­dent, décevra son public. Latifah n’est pas LA reine pour rien : Alliée de  Sha-Kim, elle s’occupe, outre NBN, d’artistes comme LeShaun, Nikki  D et  D-Nice (ex·BDP), réunis sur la com­pilation Roll Wit Tha Flava. Avec la création de sa boîte  de management Flavor Unit Management, et  maintenant de son label, Lala est devenue la première businesswoman du hip-hop.

Lire aussi l’interview : The Queen Latifah

De La Soul

1988, 3 Feet High And Rising surprend le monde du hip-hop par sa légèreté et sa diversité de bizarreries comme « Transmitting Life From Mars » (cours de français hip-hop) ou « I Do Anything (delacratic) » qui côtoient les excellents  ‘Eye…..w »ou « Me Myself And I ». Découvert par Queen  Latifah  et produit par Prince Paul, son  mentor,  De La  Soul  (DLS), a réussi le crossover tout  en  parlant des difficultés de la communauté noire, donc sans trahir l’esprit hip-hop originel.

Leur concept du Daisy Age (Da Inner Self Y’all) et leur pochette fleurie ont fait passer Posdnuos, Dove et Mase pour des hippies hip-hop aux yeux et aux oreilles de certains critiques rock trop heureux d’écrire « Enfin du rap intelligent »  (Merci pour Chuck D ou KRS-One !). Effrayé par une  telle réputation, De La Soul brise son concept Daisy Age et réplique en 1991 avec De La Soul Is Dead. Manque de chance : « Ring ! Ring! Ring! (Ha Ha Hey!) » est un tube, et on entend DLS dans tous les clubs. Avec leur troi­sième galette, Bulhoone Mind State, on retrouve avec plaisir le De La Soul au rap inventif des débuts, précurseur des styles Black Sheep et A Tribe Called Quest.

The Jungle Brothers  

A l’origine de la Native Tongue Family  (De La Soul, Jungle Brothers, Black Sheep), les JB’s sont certainement les moins connus. Straight Out The Jungle (1988) apporte une nouvelle vision du rap : dépouillé, moins vindicatif et très afrocentrique. Sur Done By The Forces Of Nature (1989), le son du groupe s’est enrichi, mais les préoccupations des JB’s res­tent les mêmes et leur public aussi réduit. En  avance sur leur temps pour les deux premiers opus, les JB’s avaient fixé ren­dez-vous au public avec J Beez Wit The Remedy, mais ce troisième album ne satisfait pas totalement toutes les espérances. La prochaine fois sera la bonne…

Lire aussi  The Jungle Brothers, la voie de la sagesse hip-hop

A Tribe Called Quest  

Les petits prodiges de la Native Tongue ont réussi à faire parter d’eux, uniquement par leur musique. Douce et groovy sur leur premier LP, People’s Instinctive Travels And Paths Of The  Rhythm, qui contient le fameux  « Can I Kick It » (détournement funky du « Walk On The Wild Side » de Lou Reed), le hip-hop de ATCQ s’est durci, et sonne plus jazz sur le deuxième album, The Low End Theory, qui leur a permis d’accroître leur renommée, de New York àLos Angeles. Q-Tip,  Ali et Phife sont adeptes de la Zulu Nation et prônent  « un esprit sain dans un corps sain ». Leur troisième album,  Midnight Marauders, est parmi les plus attendus de l’année.

MC Lyte

Lyte est certainement la première dont le succès a dépassé les limites de l’underground, à travers trois albums : Lyte As A Rock (1988), Eyes On This (1989) et You Know (1992). Entre-temps, Lyte a appris à avancer dans le business rap en produisant Audio Two (ceux-Ià  mêmes aux manettes sur ces albums) dont le « Top Billin' » est devenu un classique. On a souvent reproché à Lyte de s’acoquiner avec la pop. Cette année, Ain’t  No Other, un album sans concession, et un label, Duke Da Moon, exclusivement féminin, viennent imposer Lyte.

Lire aussi : MC Lyte : l’élan freiné ?

 

Ultramagnetic MC’s

De Chuck D à lce-T, tout le monde s’accor­de à dire que le rôle des Ultra a été primordial dans l’évolution du rap. Critical Beatdown (1988) définira les bases du hip-hop « streetstyle » – comme le pratiquent aujourd’hui Naughty By Nature ou Tim Dog par exemple  – à travers des titres tels que le mythique « Eggo  Trippin ». II n’est pas toujours facile de saisir les propos de Kool Keith (Rhythm X) et de Ced Gee, parfois tirés par les cheveux et souvent inspirés par la science-fiction.

Trop en avance sur son temps (cf. lalbum Funk Your Head Up, 1992), Ultramagnetic n’arrive pas à séduire un vaste public. Mais avec The Four Horsemen (1993), les Ultra s’affichent comme l’un des meilleurs groupes de rap et Kool Keith est plus que jamais parmi les meilleurs MC’s du monde.

Gangstarr

Guru et DJ Premier sont apparus au grand jour en 1991 avec leur second  album, Step In The Arena, suivant No More Mr Nice Guy paru aux Etats-Unis une année auparavant. Remercions Spike Lee de l’avoir entendu, et fait enregistrer « Jazz Thing », alchimie de hip-hop et de jazz, à Gangstarr pour son film Mo’ Better Blues. Après le succès de ce titre, la presse s’est empressée d’enfermer Gangstarr dans le hip-hop­ jazz alors que DJ Premier trouve ses beats aussi bien chez Kool & The Gang, James Brown que chez Lou Donaldson ou Donald Byrd. Heureusement, la qualité de Gangstarr et ses pro­pos très engagés, lui permettront de conserver un large auditoire de hip-hop fans et d’éviter, à l’Inverse des Dream Warriors, I’écueil d’un élitisme jazz-rap pour « personnes-de-bon-goût ». II est facile d’en juger sur Daily Operation, le  troisième album, résolument street, résolument Gangstarr.

Lire aussi : Guru, de Gangstarr à Jazzmatazz

 

Digital  Underground

Tout droit venus d’Oakland, Californie, Schock G, Humpty Hump et leur clique se veulent les descendants hip-hop de George Clinton et de sa tribu P-Funk. Maniant le  non-sens comme  personne, Digital Underground a impressionné dès son premier album, Sex Packets (1989), sur lequel se trouvent figurent les désormais  classiques  « Doowutchyalike » et « Humpty Dance ». Sons Of The P suit en 1992, dans la continuité du concept Digital Underground, comme le troisième volet de leur saga, The Body-Hat Sydrome. Signalons que certains membres du posse ont tenté d’autres expériences, à l’instar de Money B et DJ Fuze (la section musicale de DU) qui, sous le nom de Raw Fusion, ont réalisé, en 1992, Live From The Styleetron. Mais, c’est sans aucun doute  Tupac Shakur, qui a connu le plus grand succès, à la suite de ses deux albums : 2Pacalypse Now et Strictly 4 My  N.I.G.G.A.Z, décrivant la vie d’un gang banger dans la baie d’Oakland. Et aussi grâce à ses prestations dans les films Juice (inédit en France, une honte !) et Poetic Justice. Comme LL Cool J, Big Daddy  Kane­ et Treach,  2Pac a désormais atteint le statut d’idéal  masculin pour de nombreuses fly-girls.

Lire aussi : Tupac, requiem pour un thug !

 

Naughty By Nature

« You down wit O.P.P./ Yeah ! You  know me! ». Il n’en a pas fallu plus à Treach, Vinnie et Kay Gee,  pour devenir des stars du hip-hop, en  1991. Naughty By Nature ne s’est jamais écarté de la route du succès. Fidèles à ses beats et à ses basses boostées au maximum, accompagnés de quelques  accords de piano, une méthode éprouvée. Dès le premier opus éponyme, NBN nous raconte, pêle-mêle, la vie quotidienne de jeunes Noirs d’East Orange dans le New Jersey (un des Etats au taux d’illettrisme et de délinquance les plus élevés), de leurs rapports avec la gente féminine et de  leurs talents en tous genres, notamment en rap. Nul ne viendra contester ce dernier point à Treach, qui s’est imposé comme le véritable sex-symbol du hip-hop, et surtout comme l’un des meilleurs  rappeurs de la scène US. Le second  album, 19 Naughty Ill, en est la preuve.

Cypress Hill

Les chantres du mouvement pour la légalisation de la marijuana sont apparus sur la scène hip-hop en 1991 avec un album éponyme, où des titres comme « How Could I Just Kill A Man », « Pigs » ou « Latin Lingo », traitent de la violence des rues de L. A., de la réalité de la communauté latino de L.A., de la police et bien sûr, d’un bon joint. D’entrée, B-Real, Sen Dog et DJ Muggs imposent leur style. Même cause, même effet en 1993, avec leur second album, Black Sunday. Cypress  Hill s’est allié à House Of Pain et Funkdoobiest pour créer les Soul Assassins, l’un des ensembles les plus prolifiques du hip-hop, aussi bien du point de vue artistique que commercial.

Leaders Of The New  School

1991. Busta Rhymes, Charlie’ Brown, Dinco D et leur DJ Cut Monitor Milo jettent un pavé dans la mare hip-hop, A Future Without A Past. D’abord, personne ne comprend pourquoi ces lascars crient ou rappent en chœur : les mots fusent parfois hors tempo, et L.O.N.S. nous parle d’école, de tout, de rien, avec  d’étranges concepts. L’effet de surprise, une fois dissipée, les Leaders sont devenus un modèle en  la matière (interrogez Onyx…) en prouvant que l’on pouvait prendre des  libertés avec une structure musicale des plus rigides. En 1993,  les L.O.N.S. remettent les pendules à l’heure avec un nouvel  album, NM.E.(Elektra)

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