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vendredi, octobre 18, 2019
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La révolution Hip-Hop 1/6 : la Old School

Par Damien Conaré

 

Grand Master  Flash & The  Furious Five, The Sugarhill Gang. Ces deux groupes sonnent pour beaucoup comme les deux piliers de la vieille garde  hip-hop, garante d’une  « old  school »  à tout jamais  révolue. Pourtant, le rap n’a pas attendu « The Message »,  en 1982, ni même « Rapper’s Delight », en 1979, pour exister. Son histoire est,  à l’époque, déjà longue, très  longue …

 

Les  Noirs-Américalns  sont africains, et cela  est  partie  lntégran­ te  de  leur  mémoire collective.  Ils  savent qu’à l’Ouest du  conti­nent  mère, on parle,  on raconte, on évoque : la société, l’histoire,  la vie  politique, les coutumes. Tout  se transmet par  la paro­le.  Du  coup, conter devient un art  dans   lequel  exceller est  un gage de  respect de  la  part  de  ses  pairs.  Défi par  le verbe,  sati­re,  glorification.  Les Noirs d’Amérique s’en rappelleront et  la  « tchache »  reprendra son rôle majeur au  centre de  la  société négro-américaine.

Le jive-talk des  animateurs radio,  les  compétitions verbales,  le soul-rapping,  les  chanteurs  be-bop, les Last Poets, Gil  Scott­ Heron,  les signifyings  et dozens (chants des  militaires et  pri­sonniers),  etc. Tous sont autant de  balises sur la  longue  voie qui  a amené,  au  milieu  des  années  70,  à l’élaboration du  hip-hop,  une scansion d’ores et déjà pratiquée, accompagnée d’un son  nouveau :  le break-beat. Pour  le  réaliser, le  DJ emploie deux  platines sur  lesquelles il pose  le même  morceau.  II laisse jouer le titre  en entier  sur une platine, tandis que, sur l’autre, il impose le  beat en  ramenant sans  cesse le  diamant  au  niveau du  break  de  batterie ou sur  un solo  de  percus que  contlent le morceau.  On est en  1974, dans le  Bronx, et les  DJs  de l’époque,  Kool  Dee,  FlowersDJ Pete Jones …  se  la donnent dans  des  « block  parties »  ou  dans  les  parcs  :  on  détourne l’electricité  des  lampadaires  ou  on  dédommage le voisin le plus proche à qui on a squatté une prise électrique, et en avant la musique.

A ce petit jeu,  il en est un qui tire  son  épingle du jeu  :  DJ Kool Herc.  II a débarqué dans le  Bronx en  1967,  en provenance  directe  de Kingston,  Jamaïque. Notre  homme n’est donc pas sans connaître  le toasting,  développé par les  DJs de son ile natale,  et  qui cartonnent  à l’époque  : U-Roy, Big Youth, Dennis Alcapone .. . Le break-beat  de Herc va influencer tous  les DJs  de  la  place,  dont  .un certain   Flash  (pas  encore  Grand Master),  lui aussl, originaire  des Caraïbes  (Les Barbades). Féru d’électronique, il trafique ses  platines pour  parvenir  à ses  fins (une bonne synchronisation  des  enchainements musicaux). La légende veut que ce soit  Flash qui ait inventé  le scratching.

Les premiers rappeurs se nomment Mr Biggs,  DJ Hollywood, Eddie Cheeba,  Cowboy … et DJ Kool Herc.  Ce dernier reprend Ie toast de  son   pays,   alors   peu  populaire   dans  le  Bronx, l’applique sur  son  break-beat dans  un  style  qui  lui  est  propre. La  « sauce »  prend.  On  lui  doit  les  classiques  injonctions  « To The  Beat  Y’all »  et autre « And  You  Don’t Stop ».  Cowboy,  lui,  est le premier  MC  à rapper  avec  Grand  Master Flash,  car  capable de  s’adapter aux  scratches du  dernier.  Cowboy est,  par conséquent,  le premier membre des futurs Furious Five,  et  balance les premiers « Clap your hands  to the  beat ! « .

Avant  1979,  aucune  trace vinylique ne subsiste de l’épopée  hip-hop  du  Bronx. Seules   des  K7  pirates ou  enregistrées par  le groupe  circulent de  mains  en  mains.  Ainsi,  parti  du  Bronx,  le rap  a pu s’étendre à l’ensemble de  la ville  de  New  York.  II faudra  néanmoins attendre le coup  de  baguette de Sylvia  Robinson,  le  « Rapper’s  Delight » des  Sugarhill  Gang, trois rappeurs, » du New Jersey que la fée a signé sur son  label, sur  les conseils éclairés de ses  fils, grands amateurs de rap.  Ainsi commence la légende. Et  quand  on  sait   que  les  Sugarhill Gang étaient aux  rappeurs  du  Bronx  de  I’époque  ce  que  représente aujourd’hui  Hammer face à un Ice Cube par exemple … Comme quoi la magie a parfois du bon.

Kurtis Blow, lui, a débuté en 1977 accompagné de Run DMC. En  1979,ses  deux premiers hits,  « Christmas   Rappin' » et  surtout  « The  Breaks »,  produit  par Russel  Simmons, feront  de  lui  le  premier  rappeur  de  l’histoire signé  sur une major company,  en l’occurence  Mercury. Spoonie Gee, membre originel des Treacherous  3 avec Kool Moe Dee et L.A.  Sunshine  est  à l’origine  des  styles smooth et gangster comme le pratiquent  Rakim ou  Big Daddy Kane. Spoonie Gee obtiendra  son  plus  gros  succes  e1980,   avec  « Love  Rap » aux textes explicites et ancêtre  du « I  Need Love  » de LL Cool J.

A lire  : The  Rap Attack : From African Jive to New York Hip Hop de David Toop (Pluto Press).                                                    I

 

 

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