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mercredi, juin 20, 2018
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La déferlante Shabba ! (1991)

Propos recueillis par Elia Hoimian

 

Rexton Rawiston Gordon alias Shabba Ranks a commencé sa carrière musicale à 14 ans avec « Heat Under Sufferer’s Feet » sous le pseudo de Co-Pilot, puis enchaîné un an plus tard en 1980 avec « Holda Fresh » sous son nom actuel ; « Live Blanket », son premier hit (en 1987) l’a pro­pulsé au firmament des charts jamaïcain et caribéen ; « Come From Jamaica », « Get Up, Stand UP, And Rock » et « Wicked In Bed » (89), son succès US-Caraibes l’ont confirmé dans sa pole position.

 

Il a vendu environ trois millions de copies dans le monde et collaboré à des enregistre­ments de Dennis Brown et de Gregory Isaacs et, égale­ment avec des producteurs hyperconnus tels que Bobby Digital, Black Scorpio et Dennis Star.

II revient avec As Row As Ever (Epic), son nouvel album, qui devrait faire pas­ser des nuits blanches à Ziggy Marley. Avant de vous enivrer des 11 excellents titres qui figurent sur cet LP avec KRS-1, Maxi Pries en guests et de vibrer en live, sous les tempos de ce toaster unique en son genre le 24 juin au Zénith, dégustez quelques propos croustillants, recueillis by phone via New York.

Black News : Tu es une superstar en Jamaïque, connu en Angleterre et aux Etats-Unis, tu débarques en Europe pour boucler la boucle ?
Shabba Ranks : Je suis également très populaire au Japon. C’est vrai qu’en Europe, je suis beaucoup moins connu. Ce concert va justement me permettre de faire connaissance avec le public français.

BN : Les Américains semblent porter beaucoup d’intérêt au phénomène du raggamuffin. Comment vois-tu cette très grande marque de considération pour la musique jamaïcaine en général ?
SR : Ici, aux States, ils adorent tout ce qui bouge, tout ce qui est vraiment groove. E de ce point de vue, le reggae ou le ragga est bien placé. C’est vrai qu’aujourd’hui, les Américains manifestent un vif intérêt pour ce que nous faisons. C’est simplement parce qu’ils sentent cette musique et aussi parce qu’ils l’aiment. Ils essaient donc de la promouvoir à plus grande échelle. Tant mieux pour nous.

 

« Le fait de parler des femmes est lié au rapport que j’ai avec ma mère. Donc à travers les femmes, c’est un hommage que je lui rends indirectement. C’est la raison de l’importance que j’accorde aux femmes dans mes compositions.« 

 

BN : As Row As Ever fait preuve d’une grande diversité musicale : le roots, naturellement, le rap avec « The jam », ton duo avec KRS 1 et le rock qui fait son apparition avec « Housecall », l’autre duo avec Maxi Priest… Raconte-moi comment tu passes de l’un à l’autre avec autant de dextérité et également la rencontre avec ces deux grands noms de la place.
SR : Pour moi, un musicien doit toucher à tout. Personnellement, j’adore toutes les musiques et particulièrement ce qui est très rythmé. Well ! Ma rencontre avec KRS 1 s’est faite très simplement. Maxi Priest que j’ai rencontré à Londres, il y a de cela plusieurs années, connaissait très bien KRS 1 et par ricochet, nous nous sommes rencontrés tous les trois. Et on s’appréciait beaucoup. KRS 1 aimait aussi ma musique. On avait parlé d’une collaboration future. Cet album nous a donné l’occasion de concrétiser cette envie de travailler ensemble. Dans l’ensemble, je suis très content de cette association.

BN : Pourtant, seul « Housecall » figure avec « A Mi Di Girls Dem Love » parmi tes favoris sur cet album…
SR : Ces préférences ne sont strictement dues qu’aux musiques des deux morceaux mais surtout aux lyriques. Dans les deux chansons, je parle des femmes. Dans le premier, je dis que ce n’est pas comme si les femmes vendaient leur amour, mais un homme doit payer le prix fort à une femme qui vient à lui, et dans le second, j’admire le chemin parcouru dans la musique par les femmes.

 

« Ne me jugez pas seulement sur une partie de ma musique. Ecoutez de la même façon les chansons qui vous choquent et les plus candides et remettez-les dans le bon contexte. »

 

BN : A propos des femmes, il n’y a pas moins de quatre chansons où elle ne sont évoquées. Tes relations avec les femmes

SR : (Eclats de rire, style je l’attendais celle-là)J’a-a-a-d-o-r-e les femmes. Pas vous ? Plus sérieusement, le fait de parler des femmes est lié au rapport que j’ai avec ma mère. J’aime énormément ma mère. Donc à travers les femmes, c’est un hommage que je lui rends indirectement. C’est la raison de l’importance que j’accorde aux femmes dans mes compositions.

BN : Et c’est pourtant ces chansons qui te valent les foudres d’un certains public qui juge tes chansons obscènes…
SR : C’est vrai qu’il y a certains qui ne font pas la part des choses entre mes chansons. A ceux-là, je leur dis, « Ne me jugez pas seulement sur une partie de ma musique. Ecoutez de la même façon les chansons qui vous choquent et les plus candides et remettez-les dans le bon contexte. J’ai une formule qui illustre assez bien ce que je viens de vous dire : Shabba Ranks est comme une pièce de monnaie.

BN : Si j’ai bien compris, la face A c’est Shabba Ranks le vicieux et la face B….
SR : C’est Shabba qui fait référence à sa mère comme je te l’ai précédemment dit. A toi d’en déduire la traduction de la face…

BN : Dans le même esprit « Ambi Get Scarce »…
SR : J’y parle d’une crème pour le corps.

BN : Une crème éclaircissante…
SR : Ouais, tu sembles bien connaître la question… (fous rires mutuels)

BN : Que penses-tu des Noirs-Américains qui utilisent cette crème afin de blanchir leurs peaux ? Ne serait-ce pas parce qu’ils n’assument pas leur condition de Noirs ?
SR : C’est vrai qu’il y a un peu de cela ; je ne suis pas pour ceux qui utilisent ce produit à ce seul but, mais je crois qu’il faudrait nuancer le problème. De toute façon, le plus important, c’est de ne jamais oublier ses roots, You know man, never forget your roots !!!

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