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jeudi, novembre 14, 2019
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LA & Babyface : Rencontre avec le plus grand duo de producteurs du R&B

Par TJ Allen et Frédéric Messent
« Babyface » est surtout connu pour ses compositions et productions pour Whitney Houston, Mariah Carey, Madonna, Eric Clapton, Toni Braxton, Boyz II Men, Bobby Brown, TLC, Toni Braxton, OutKast et bien d’autres artistes. » LA » Reid pour la production en 2014 de Xscape Michael Jackson. Le duo, super poids-lourd de la production des 90’s, a créé LaFace records, et s’était trouvé pour base à Atlanta, après Los Angeles. Rencontre avec des légendes du R&B.

Babyface, surnommé ainsi pour son visage d’ange, c’est aussi douze albums solo, le dernier The Return Of The Tender Lover (le retour du romantique) date de 2015, et au minimum 10 morceaux au sommet des charts en tant qu’artiste. et également producteur de musique de films : Boomerang, Bodyguard (Whitney Houston/Mel Gibson), Wainting To Exale (Où sont passés les hommes ?), Le prince d’Egype, Soul Food

LA Reid, co-fondateur en 1989 du label LaFace Records a également été à la tête du groupe Island Def Jam de 2006 à 2011 et directeur du label Epic Records, filiale du géant Sony Music. Il a également produit l’album Xscape de Michael Jackson sortie en mai 2014.

Jusque là réputée pour abriter le siège de Coca-Cola, Atlanta qui accueillait les JO de 1996 défrayait la chronique, forte d’une effervescence musicale sans précédent. Pour preuve, l’installation récente de LA & Babyface, supers poids lourds de la production dans la capitale de la Géorgie.

Les bandes originales de Boomerang et de Mo’Money, les albums de Michael Jackson, Kriss Kross, En Vogue, et plus récemment ceux de Bobby Brown et TLC en pôle position dans les charts pop anglo-saxons. Le R&B n’a jamais eu un tel engouement, et ses producteurs une telle reconnaissance. Michael Jackson a fait exploser la notoriété du jeune Teddy Riley, jusque là limité aux simples adeptes de New Jack Swing. Sa frangine, Janet, assure le pérennité du compte en banque déjà bien garni de MM « Mo Money » Jimmy Jam & Terry Lewis. La France découvre enfin Denzil Foster & Thomas McElroy avec la première apparition de En Vogue dans le top 50…

« Après le bouillon qui a suivi la sortie de l’album de Jermaine, on a commencé à entendre toutes sortes de commentaires dans le milieu du disque : C’est fini pour eux, ils sont devenus ringards, leur avenir est derrière eux…Et pourtant, nous avons déjà amassé 40 hit singles en gros. »

Sans oublier les lauriers enfin obtenus pour Antonio « LA » Reid et Kenny « Babyface » Edmunds, avec les singles de TLC, Bobby Brown, ainsi que les extraits de la Bande originale de Boomerang (1992) de Reginald Hudlin (House Party, Un homme à femmes), le film avec Eddy Murphy, Robin Givens (l’ex-madame Mike Tison) et Halle Berry…. Une belle gifle, que ce retour au premier plan du duo à tous ceux déjà tentés de les considérer comme has-beens, après les sorties plus que discrètes de Damian Dame et de Jermaine Jackson.

« Ouiiii », déclare LA, « Après le bouillon qui a suivi la sortie de l’album de Jermaine, on a commencé à entendre toutes sortes de commentaires dans le milieu du disque : C’est fini pour eux, ils sont devenus ringards, leur avenir est derrière eux…Et pourtant, nous avons déjà amassé 40 hit singles en gros. Tout marche par cycle dans le milieu et nous sommes revenus au top aujourd’hui. Les albums de Damian et Jermaine sont loin d’avoir obtenu les résultats escomptés. Il faut savoir tirer le meilleur du pire et je crois que ces échecs nous auront permis de nous remettre en cause. »

Deux faux pas bien étonnants au regard de la multitude d’artistes, des Whispers à Bobby Brown, de Karyn White à Sheeta Easton, révélés ou reconnus après être passés dans les studios du duo. « On s’est planté avec Jermaine, on lui a fait un album uptempo (dansant) alors que le public a de lui une image d’un chanteur de ballades. ce qui ne retire rien à la qualité intrinsèque de l’album, même si celui-ci s’est avéré contre-nature. Et puis, il y a eu le choix discutable, avec le recul, de « Word To The Badd » en tant que single. Ce titre dans lequel Jermaine règle ses comptes notamment avec son frère Michael, n’a guère arrangé les choses ».

« Travailler aux côtés de Michael Jackson s’avère être tel que nous l’imaginions, il n’a rien de comparable à qui que ce soit. Il est très chaleureux, il est au courant de tout ce qui sort, de tout ce qui est nouveau (auteurs, producteurs, émissions télé, films, acteurs…). Il ne laisse rien passer sur le plan musical et son corps réagit au moindre son. »

La & Babyface, impensable de les dissocier (tout comme Jam& Lewis) depuis leurs débuts chez Solar, célèbre label de LA sous le nom de The Deele, avant de devenir les méga-producteurs que l’on sait. « Il y a Face et moi, mais aussi Daryl Simmons et Dallas Austin avec lequel nous venons de créer notre label rap, Rowdy Records à New-York.

TLC produit par LaFace Records

Atlanta, siège de LaFace

Quitter les feux de Los Angeles pour s’exiler à Atlanta pouvait sembler être un véritable enterrement de seconde classe pour ce duo de producteurs hors du commun.

« Bien qu’il se passe toujours quelque chose à LA, nous ne rencontrions que des stars en pleine gloire. On passait presque plus de temps au restaurant à nous goinfrer avec des ronds de cuir qu’en studio. Et quand on passait derrières les consoles, c’était pour fabriquer des tubes à des célébrités gavées de gloire et sans cette motivation qui anime ceux qui ont faim »

« On s’est tirés à Atlanta pour retrouver nos sensations, c’est ce qui pouvait nous arriver de mieux. Cela nous a permis de rajeunir, au contact de Dallas Austin et Jermaine Dupri, de jeunes producteurs qui ont su attirer notre attention sur un son plus actuel (un apport manifeste sur les albums de Bobby Brown et TLC). LaFace Records fonctionne comme la plupart des labels. Nous avons constitué notre équipe de  producteurs et d’auteurs. Il n’était pas question d’en faire le label exclusif de LA & Babyface. »

Malgré la création récente de son label rap à New York, le centre d’intérêt majeur de LA n’en reste pas moins concentré sur sa nouvelle ville d’adoption. Atlanta, où depuis quelques mois, semble s’établir un embryon de scène musicale avec l’arrivée des Kriss Kross, TLC et autres Arrested Development. « J’aimerais que la notoriété d’Atlanta soit un jour comparable à celle d’autres villes comme New-York, Los Angeles ou Chicago, sur le plan de la créativité musicale », justifie-t-il.

Diriger deux labels, écrire, produire, un emploi du temps qui ne laisse guère de temps pour d’autres occupations.

« Nous travaillons parfois même le samedi soir, mais nous tenons à conserver le dimanche off, pour nous consacrer à nos familles. On était prêts à faire une entorse pour Michael, lorsqu’il nous a contactés. Travailler à ses côtés s’avère être tel que nous l’imaginions, il n’a rien de comparable à qui que ce soit. Il est très chaleureux, il est au courant de tout ce qui sort, de tout ce qui est nouveau (auteurs, producteurs, émissions télé, films, acteurs…). Il ne laisse rien passer sur le plan musical et son corps réagit au moindre son. Musicien, il aurait été guitariste.« 

Une rencontre historique pour les deux producteurs avec au bout, un résultat arrêté à de simples démos conservés dans leurs archives.

« Jermaine, signé sur notre label, a flippé quand il a appris que nous bossions avec son frère. On a préféré éviter d’être au milieu d’une histoire de famille. C’est pourquoi on a décidé de tout arrêter. Dommage, car les démos sont surprenantes ».

Michael aujourd’hui mort, on aura peut-être un jour la chance de les écouter.

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