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Kassé Mady Diabaté, la voix du djeli s’est tue (1949-2018)

Par Elia Hoimian

 

La star malienne s’en est allé ce 24 mai 2018, à 69 ans, des suites d’une longue maladie à Bamako. Une bibliothèque malienne vient ainsi de brûler.

 

Le descendant de Kassé Mady (le surnom de son arrière- grand-père), griot de son état, ne racontera plus les glorieuses histoires de ses ancêtres dont il avait la charge. En effet, depuis le XIIIe siècle, et certainement avant, dans l’Empire mandingue du grand Soundjata Kéita, cette charge était dévolue à la caste des djelis (griots), dont les principaux noms usuels sont Diabaté, Sissoko, Tounkara, Kouyaté. En 2015, il faisait d’ailleurs son grand retour sous la houlette du label No format et du violoncelliste Vincent Segal, entouré de l’Ensemble instrumental du Mali composé de Ballaké Sissoko à la kora, Lansiné Kouyaté au balafon et Badié Tounkara au n’goni. En somme une réunion de griots, pour couronner cinquante ans de carrière avec Kiriké, son dernier album.

Né en 1949, la carrière du jeune Kassé Mady commence dans les années 60 où il parcourt les mariages, baptêmes et autres fêtes locales. Découvert en 1973, il intègre le combo national officiel  Las Maravillas –qui deviendra l’Orchestre National Badéma -, initié par l’historique président du Mali indépendant Modibo Kéita, dans un grand projet de rénovation et de conservation du patrimoine culturel du pays. En 1989, il enregistre son premier album solo, Fodé, puis Kéla, produits par Syllart Records, le label fondé en 1978 à Paris par Ibrahima Sylla décédé en 2013. Il faudra se contenter de diverses compilations génériques (Rendez-vous royaume du mandié, Afriques indépendantes, 20 years history ? The very best of Syllart Production, Mixatac …), et attendre 2009 pour revoir Kassé Mady en solo avec l’album Manden Djeli Kan dans lequel Checik Tidiane Seck réunit des sommités de la musique mandingue pour l’accompagner.

Parallèlement, Kassé Mady participera à une autre version de Kulanjan, la chanson-titre d’un album de rencontre entre le bluesman américain Taj Mahal, avec son cousin Toumani Diabaté, considéré comme le plus grand joueur de kora, et père de la nouvelle star malienne, idole des jeunes, Sidiki Diabaté.

Chapeau l’artiste !

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