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samedi, octobre 20, 2018
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Imagination : Le retour des années disco ! (1993)

Propos recueillis par Romain Grosman

 

De 1981 à 1985, sur la lancée de « Body Talk », les rois du disco squattaient les platines des dj’s. Avec la vague hip-hop, rap et autre new-jack, ce fut la traversée du désert, les bides et les changements au sein du groupe où seul Leee John, le leader à la voix haut-perchée, reste en piste. Autour de lui, Peter Royer et Nat Augustin ont succédé à Ashley Ingram et Errol Kennedy. Imagination II ou la chronique d’un come-back annoncé, sur fond de renaissance dance.

 

Leee : Nous avons beaucoup tourné ces dernières années ; en Asie , au Moyen-Orient, en URSS,… Voilà pour­quoi vous nous avez moins vus. Et puis, la musique a évolué, le groupe a mûri. Chaque formation traverse des périodes creuses. Nous avons eu la chance d’être les représentants de la musique anglaise les plus demandés à l’étranger et de contribuer aux changements de mentalité de la décennie 80. Aujourd’hui, comme dans un cycle, les gens redemandent de la dance music, c’est à dire notre base, même si nous y ajoutons les sonorités actuelles. Surtout, ils veulent du spectacle. Nous n’avons jamais été des Milli (Vanilli).

Nous offrons un vrai show sur scène, tout le monde n’a pas cette conscience profession elle dans le business. Certains ne viennent que pour ramas­ser de l’argent, point.

Nat : « J’ai rejoint le groupe en 91. Avant, j’étais membre de Light Of The World. Nous jouions de la funk, ce sont mes influences. Je suis musicien de for­mation et j’ai fait de nombreuses tournées pour Boy George, Rick Astley…

Même si Imagination évoluait dans les rythmes pop, ses grooves basses-bat­teries m’ont toujours accroché. Je n’achetais pas leurs albums, mais j’aimais bien. »

Leee : « Moi, j’achetais les siens et ça ne les faisait pas grimper dans les charts pour autant. « (rires)

Peter : « J’étais mannequin, je faisais des chorégraphies pour diversgroupes, notamment les Loose Ends. Ensuite j’ai rencontré Leee dans des raves, celles de la grande époque. Les jeunes d’aujourd’hui ne savent pas ce que c’est. Nous étions de vrais « Young Soul Rebels ». Je suis membre d’IMAGINATION depuis 1987 et je garde un grand respect pour ceux qui ont lancé l’aventure. Il fallait pas mal de courage pour bouger les choses de cette façon, surtout pour des blacks. »

 

« Des conflits entre RCA Europe et US ont fait  capoter la carrière de Closer » (…) Nous n’avions aucun pouvoir. Aujourd’hui, nous disons “Allez-vous faire foutre ! ». Nous voulons contrôler notre travail. »

 

New Beats : Pendant votre absence, vous avez travaillé sur deux albums jamais publiés en Europe. Que s’est-il passé ?

Leee : Nous avons eu des problèmes avec les maisons de disques. Si vous trouvez un exemplaire de The Key, envoyez-le moi I Pour des questions de droits et de choix des responsables, personne n’a voulu le sortir.

Closer était, lui, un album promis à un brillant avenir. Nous avions travaillé dessus pendant des mois avec des producteurs de premier plan : Preston Glass et Arthur Baker. Le son ne collait pas à l’idée que les gens se faisaient d’Imagination. Des conflits entre les divisions américaines et européennes de RCA ont fait capoter la carrière de ce CD. Pourtant, les critiques, notamment celles du Billboard, étaient ok. Mais certains attendent un son plus dance, les autres, un tempo plus cool…. Nous n’avions aucun pouvoir. Aujourd’hui, nous disons “Allez-vous faire foutre ! ». Nous voulons contrôler notre travail.

Nat : Nous ne ferons pas une version US et une version UK. Il n’y aura qu’un seul enregistrement signé Imagination.”

 

« Aux States, les productions privilégient les voix, avant le tempo. A Los Angeles, le son est plus lumineux, plus ouvert. A New York, l’ambiance est urbaine, “dirty », plus proche de nous. »

 

NB : Quels étaient vos objectifs avant d’entrer en studio, cette fois ?

Leee : Nous voulions faire entrer le public dans notre musique, lui donner l’envie de se laisser aller à la dance. Il y a des nouveaux rythmes, pour s’amuser, faire l’amour… Regardez ! Avec “The Night We Loved”, vous vous asseyez le soir, un verre de vin à la main, vous vous détendez, le tempo fera le reste ; avec “Call On Me”, vous partez dans une autre dimension ; enfin, lorsqu’à nouveau vous êtes seul, la bouteille vide, « Alone Again” viendra vous réconforter (rires).

NB : Comment avez-vous ressenti l’évolution de la musique pendant ces années 80 ?

Peter : Il y a eu du bon et du moins bon. L’aspect positif, c’est que les gens attendent de vrais chanteurs, des groupes pros. lis disent : “Enough is enough” (Trop c’est trop) ; après voir subi des dizaines d’albums standardisés, ils vont tourner la page sur cette période technologique. Le succès de Nathalie Cole en donne la meilleure illustration : des mélodies, des musiciens, une voix.

Leee : Le fait que l’industrie ait permis à Milli Vanilli d’exister a introduit le doute dans les esprits et nuit à la pro­fession. Heureusement, nous entrons dans une nouveIle phase : le retour aux sources.

NB : La scène anglaise est la plus créative, loin devant les States. Comment l’expliquez-vous ?

Nat : A Londres, il y a une énorme compétition entre les musiciens. Chacun défend son style. Cette émulation nourrit la fusion des idées nou­velles.  »

Peter : Aux States, les productions privilégient les voix, avant le tempo. A Los Angeles, le son est plus lumineux, plus ouvert. A New York, l’ambiance est urbaine, “dirty », plus proche de nous. D’ailleurs, les Américains sont de plus en plus influencés par le feeling profond des artistes anglais.

Leee : Le point noir, ici, c’est que les groupes sortent et disparaissent aussi vite. Un hit et puis terminé. La solution pour échapper à cela ? II faut faire ses preuves partout pour assurer ses arrières. Les Pasadenas reviennent malgré l’échec de leur deuxième album. Tant mieux ! Mais ce type de retour est très rare. On ne vous donne pas de deuxième chance. ”

NB : En tournant sur le circuit des clubs plutôt que dans les salles de concert, ne craignez-vous pas de gar­der cette étiquette de groupe de second rang, cantonné dans les boîtes ?

Leee : Oui, mais nous-jouons notre musique live. Les gens peuvent nous juger. Nous leur donnons ce qu’ils vien­nent chercher en discothèque : des chansons pour bouger, s’éclater.

NB : Que sont devenus Ashley Ingram et Errol Kennedy, vos anciens parte­naires ?

Leee : Ashley travaille dans le monde de la production et de l’enregistrement. Errol est revenu à la batterie et joue à droite et à gauche. Il nous rejoindra sans doute sur la tournée. Maintenant, le public doit se familiariser avec notre dernière recrue : Nat. C’est un excellent guitariste et nous voulons l’exposer aux fans.

Nat : M’exposer (rires). C’est vrai, les gens doivent nous découvrir, Peter et moi.

Peter : Moi, ils me connaissent depuis quatre ou cinq ans déjà.

Nat : Ok ! Alors, il ne reste plus que moi en première ligne (rires).

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