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Hill Harper vs Isaiah Washington : acteurs "Get On The Bus"

Propos recueillis par Martin Ambassa

Isaiah Wahington, un habitué des films de Spike Lee et Hill Harper, deux acteurs du film livrent leurs impressions.

 

Black News : Isaiah, ayant travaillé avec le talentueux Spike Lee dans quatre projets différents (« Girl6 », « Clockers », « Crooklyn », « Get On The Bus »), quel est celui qui vous a le plus marqué ?
Isaiah Washington : Vous savez, ayant eu l’occasion de travailler une fois de plus avec mon frère et ami Spike, « Get On The Bus » est le film inoubliable de ma carrière si celle-ci devait s’arrêter aujourd’hui. C’est indéniable. L’aventure méritait le détour. Participer à ce projet fut pour moi comme accomplir un devoir par rapport à l’histoire. « Get On The Bus », c’est notre dignité, une certaine prise de conscience.

BN : Et vous, Harper, après être monté dans ce bus, vos impressions de passager ?
Hill Harper : D’abord la première fois que les gens, mes frères m’ont parlé de cette marche qui devait avoir lieu à Washington DC, je me suis senti tout de suite comme faisant partie du million d’hommes, car c’était de nous qu’il s’agissait, de nos responsabilités.
Le passager Hill, comme vous l’avez si bien souligné, a fait un vrai voyage avec ses frères. On était tous soudés avec parfois quelques tensions, mais rassurez-vous, rien de grave. C’est comme dans nos familles respectives, comme dans notre communauté, c’est le quotidien. Le plus important était que personne n’a oublié pendant tout le voyage dans ce fameux bus pourquoi on était là.

« Participer à ce projet fut pour moi comme accomplir un devoir par rapport à l’histoire. « get On The Bus », c’est notre dignité, une certaine prise de conscience » Isaiah Washington

 

BN : revenons un an en arrière, à cette mémorable journée du 16 octobre 1995. Aviez-vous participé tous les deux à cette marche ?
H.H. : Je n’y étais pas, pour des raisons professionnelles. C’est vraiment dommage pour moi. A cette période-là, j’étais bloqué sur un tournage à Los Angeles. Rassurez-vous, j’ai supporté tous mes frères qui étaient là.
Malgré tout ce qui a été dit sur les organisateurs et leur leader (Farrakhan, Ndlr) – ce qui n’est pas grave -, tous les frères sont venus en masse. C’était le plus important.
I.W. : Oh mon Dieu, je n’y étais pas non plus. J’étais au canada sur le tournage d’un film pour une chaîne câblée.

BN : Isaiah, pouvez-vous nous parler de votre carrière d’acteur et de votre rencontre avec Spike ?
I.W. : Je suis né à New York. Après avoir fait du théâtre à l’Université de Howard, je me suis mis à la recherche d’un boulot. En 1988, avec 300 dollars en poche, je suis allé à Los Angeles avec l’intention de rencontrer Spike et, éventuellement travailler avec lui. A cette époque, il avait déjà fait « She’s Gotta Have It » (« Nola Darlin n’en fait qu’à sa tête »). Et mon rêve s’est réalisé. Vous connaissez la suite.

« Nous, aussi bien que les autres acteurs , Ossie davis, Charles Dutton et Andre Braugher avons fait ce film parce que nous avons eu l’impression que c’était un devoir. On ne l’a pas fait pour de l’argent. » Hill Harper

 

BN : M. Harper, parlez-nous des conditions de tournage avec Spike…
H.H. : Vous savez, notre frère Spike est un grand professionnel, quelqu’un de sensible. Dans chaque film qu’il produit, une chose est claire : il y a un esprit, une chaleur humaine, des émotions, bref, Spike surprend son public à chaque fois. Le rassembleur Spike est unique.

BN : M. Isaiah, votre rôle d’homosexuel dans ce film, qu’en retirez-vous ?
I.W. : Je dois admettre que jouer ce rôle, avec tout son impact, n’était pas évident, mais il le fallait le faire. J’en ai beaucoup appris. J’ai du vivre ce que nos frères homos peuvent endurer. J’ai ressenti la même douleur.

BN : Et si on parlait un peu de vos cachets…
H.H. : (Il saute sur Isaiah) Tais-toi, cette fois-ci, c’est moi qui parle, merci (rires). Je peux vous dire que nous ne pouvons pas parler de cachet. Isaiah et moi, aussi bien que les autres acteurs, Ossie davis, Charles Dutton et Andre Braugher avons fait ce film parce que nous avons eu l’impression que c’était un devoir. On ne l’a pas fait pour de l’argent. Spike n’avait que 2,4 millions de dollars à sa disposition.

BN : Le mot de la fin, un message pour vos frères et sœurs en France et en Afrique ?
I.W. : Ceux qui le verront ont le devoir d’en parler autour d’eux. Ce n’est que de cette façon là que l’esprit de la marche restera toujours présent en chacun de nous et fera évoluer voire changer les choses, j’en suis convaincu.
H.H. : Qu’ils soutiennent le film en allant simplement le voir. L’autre message de la marche, c’est le soutien. C’est important de compter sur les siens. J’adore Paris. God Bless You !

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