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mardi, octobre 22, 2019
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Du Roots au ragga : La génération « Boo Yaka » (1995)

Par Elia Hoimian

 

Ils sont pratiquement tous issus de la rue. Certains ont été des hustlers, d’autres de simples voyous, mais tous traînent derrière eux un passé lourd, de misère, de violence… Ils ont la rage au ventre et le goût des billets verts qui leur ont tant fait défaut. Ils s’appellent Buju, Tiger, Cobra, Shaggy, San, Leny, Cat, Cutty…

 

C’est le deuxième wagon du train ragga, la génération Shabba ou l’ère Boo Yaka (appellation donnée aux coups de guns tirés en l’air en signe de satisfaction lors d’un concert). Certains sont déjà dans les charts internationaux. Ils n’ont qu’un souci : faire oublier au public les tracasseries quotidiennes (cf. l’interview de Buju Banton). Zoom sur quelques figures du mouvement.

Cutty Ranks.

Bad boy par excellence (son corps marqué par des traces de couteau en est la preuve), Cutty est l’un des plus anciens dj/rappeur de cette génération. Egalement le plus expérimenté, il a enregistré des duos époustouflants avec de nombreux chanteurs et dj’s de la old school dont Beres Hammond, Sugar Minott, Marcia Griffiths (choriste des I-threes de Bob Marley). Aucune compilation dancehall ne peut se passer de son toast musclé. En attendant son premier album sur une major, écoutez From Mi Heart (Shanachie/Média7), une compilation de ses vieux titres.

Tiger

Me Name Tiger est son premier album. Nous sommes dans la deuxième moitié des 80’s. En Jamaïque, Tiger est devenu M. « Bam Bam » après son mega hit et l’album du même nom, produit par Prince Jammy. Depuis, Tiger a fait du chemin : il est passé de Ras Records à Sony. Son dernier album, Claws Of The Cat (Squatt), produit en partie par les incontournables Steelie & Clevie, fait insolemment appel à Sly Dunbar sur un titre (« Beep Beep », sa version du vieux riddim reggae, popularisé en Europe par les vétérans Chaka Demus & Pliers –« Murder She Wrote » -). Entre Q-Tip de A Tribe Called Quest (« Who Planned It ») et The Brand New Heavies (« Out Of Many One People ») à la production et Bobby Digital (Shabba Ranks) au mix de « Windscreen », Tiger ne peut que se sentir rassuré pour nous sortit un album crossover de qualité.

 

« Je suis le seul à être resté au sommet des charts américains pendant plusieurs semaines et à la même place. Même Shabba n’a pas eu ce privilège ». Shaggy

Shaggy

C’est le « gentil » de la bande. Avec sa tête et son sourire de jeune premier, Shaggy fait craquer les minettes. Défenseur du dancehall pur – même s’il est reconnaissant à Shabba « d’avoir permis à d’autres comme lui d’accéder au grand public » -,  il va à l’encontre des idées toutes faites qui prétendent qu’il faut absolument fusionner le dancehall avec le R&B ou le rap pour percer aux Etats-Unis. « Moi, je fais du pur dancehall et j’ai du succès. Je suis le seul à être resté au sommet des charts américains pendant plusieurs semaines et à la même place. Même Shabba n’a pas eu ce privilège ». Shaggy, né en Jamaïque, vit depuis quelques années aux Etats-Unis. « Mais je vais tous les ans en Jamaïque », rassure-t-il. « J’ai eu à jouer pour les Gi’s pendant la guerre du golf, simplement parce que je n’avais pas le choix : j’ai été enrôlé. Tu sais, dans l’armée, on ne te demande pas ton avis, mais je suis contre toute forme de guerre. Mon but est d’amuser les gens, pas de leur parler de trucs politiques ou sociaux. » Lucide, Shaggy sait qu’il est là pour, peut-être faire ce qu’il aime, mais surtout faire du fric : « C’est simple, si Virgin a décidé d’investir sur moi, c’est parce qu’elle pense qu’elle pourra retomber sur ses pieds. Et c’est normal. Si je ne vends pas assez… » On ne peut plus précis. Son album est déjà précédé par le hit-single « Oh Carolina ».

Snow

C’est le Blanc de la bande, qui n’est pas sans nous rappeler un certain Dominique, un dj anglais exilé volontairement en Jamaïque. Originaire du Canada, Snow (neige) a fait des séjours réguliers en prison. « J’étais ce qu’on appelle un cas difficile », explique-t-il. Snow, c’est la tendance ragga pop, version fasty style.

Super ou Suppa Cat

Il est, lui aussi, une vieille connaissance du milieu. Il draine une série de hit-singles en Jamaïque. Inculpé aux Etats-Unis, où il vit une grande partie de l’année, pour une sombre affaire de meurtre, il est ensuite relâché. Son entrée dans une major le verra collaborer avec notamment Heavy D et Frankie Paul pour son album Don Dada (Columbia).

Mad Cobra

Il a travaillé avec Prince Jabbo, qui a participé à la plupart des enregistrements de Goldmine (Ras/Média7), une compilation de ses anciens titres, aux côté de Winston Wright et Tony Peko.

Little Lenny

Il s’est illustré il y a quelques années avec Gun In A Baggie, une virulente mise en garde contre les MST.

Papa San

Ses lyrics sont généralement plus conscient que la majorité.

Apache Indian

C’est le versant indien de la mouvance. Son single « Don Raja » l’a hissé dans les charts anglais.

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