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samedi, septembre 22, 2018
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Du Roots au ragga : Buju Banton

Propos recueillis par Awal Mohamadou

 

Mark Anthony Myrie, qui purge une peine de 10 ans de prison depuis 2011 pour tentative de trafic de cocaïne, a neuf albums, des compilations à profusion et un Grammy (2011) à son actif. Buju fait partie de cette génération « Boo Yaka », et s’annonçait, déjà comme le prochain Shabba. A 20 ans, il faisait partie des plus grosses ventes de 45 tours en Jamaïque….

 

Cette interview est à l’occasion de sa signature sur une major américaine. Alors que la polémique sur son titre « Boom Bye Bye » sur les homosexuels a soulevé une levée de boucliers…

Black News : Quelle est ta conception du dancehall ?

Buju Banton : Le dancehall doit aider les gens à passer un bon moment, surtout en Jamaïque où il y a tellement de problèmes : la crise, le manque d’argent, etc. Le dancehall nous aide à surmonter tout ça.

BN : Oui, mais on arrive parfois à des extrêmes… est-ce nécessaire d’appeler au meurtre des homosexuels (allusion à son hit 1992 « Boom Bye Bye ») pour aider les gens à passer un bon moment ?

B.B. : « Boom Bye Bye », c’est du passé, maintenant je suis à un autre niveau et je ne veux pas reparler de ça (le titre en question a été écrit trois ans auparavant. Ndlr)

BN : Le morceau dit : « Two men necking/Send for the matic and uzi instead/Shoot them batty boys, come, let we shoot them…Traduction : Deux hommes sont en train de se tripotter/Je prends un automatique et un uzi/Je descends ces pédés, descendons-les !». C’est clair…

B.B. : J’ai déjà dit que mon intention n’est pas d’inciter à la violence, mais je ne pas fermer les yeux sur l’homosexualité qui est une pratique contraire à mes croyances religieuses. Maintenant, je ne veux plus en reparler.

BN : D’accord, parlons alors de toi. Quel est ton background musical ?

B.B. : C’est à partir de Brigadier Jerry et puis tous les nouveaux dj’s ; c’est plutôt dancehall, même si j’aime aussi le reggae roots.

 

« Les gens disent qu’il y a trop d’histoire de guns etc., mais les dj’s ne parlent que de la réalité alors pourquoi veut-on se voiler la face ? Si les guns existent partout, pourquoi les dj’s n’auraient pas le droit d’en parler…? »

 

BN : Quand as-tu commencé ?

B.B. : Il y a 5-6 ans, mais tu sais, ça va très vite. Je me souviens quand j’ai écouté pour la première fois un de mes morceaux à la radio, c’est en 1988. C’est le meilleur souvenir qu’on peut avoir : entendre pour la première fois sa voix sur les ondes. Mon autre bon souvenir, c’est Sunsplash 1992, j’avais juste une demi-heure et c’était la première fois que j’y jouais.

BN : Tu viens d’être signé par un gros label américain (Mercury) et depuis quelque temps, les majors s’investissent à fond dans le dancehall. Penses-tu que c’est un investissement à long terme ou que ça va durer un an ou deux ?

B.B. : Tout dépend de ce que les dj’s apporteront comme matériel. C’est comme le rap, les majors continuent à y mettre de l’argent parce que c’est une bonne musique et que ça vend beaucoup. Maintenant, tu as deux niveaux, ce qui est underground et le reste, qui est exposé. Dans le dancehall, c’est pareil. Tu as ceux dont on parle et les autres qui font des disques et qui ne se vendent qu’en underground. Le dancehall est la musique d’aujourd’hui, celle que les gens veulent, c’est un choix populaire parce que ça correspond à ce que vit le peuple, et tant que cela viendra du bas, tant que les dj’s prendront en compte ce fait, ça marchera. Ce n’est pas de la pop, c’est autre chose (il rit).

BN : Quels sont les dj’s qui montent en ce moment en Jamaïque ?

B.B. : Oh, il y en a tellement que je ne peux pas tous les citer. Mais si tu veux un nom, je dirai Terror Fabulous, lui, il est au top !

BN : Je reviens sur « Boom Bye Bye », avec ce morceau, tu as poussé encore plus loin les limites du slackness jusqu’au…

B.B. : (Il m’interrompt) J’ai dit que je ne voulais plus en parler, man, en plus, j’ai eu beaucoup de hits mais les médias n’ont parlé que de ces lyrics. Quant au slackness, ce n’est pas une invention. Les gens disent qu’il y a trop d’histoire de guns etc., mais les dj’s ne parlent que de la réalité alors pourquoi veut-on se voiler la face ? Si les guns existent partout, pourquoi les dj’s n’auraient pas le droit d’en parler, sans qu’on dise tout de suite que c’est de l’incitation à la violence ?

Son actualité :

Buju Banton a été condamné à 10 ans de prisons en 2011 pour tentative de  trafic de cocaïne.

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