fbpx
mercredi, décembre 12, 2018
Accueil > Focus Archives > Diana King : La voix R&B-Dancehall (1995)

Diana King : La voix R&B-Dancehall (1995)

Par Awal Mohamadou

 

 La musique noire à vocation internationale a quasiment perdu le supplément d’émotion qui faisait sa force, jusque dans les années 80… Le spectacle est désolant. On voit sortir de nulle part des rappeurs cyniques qui se proclament « real » pour mieux arnaquer leur public avant de disparaître sans laisser d’adresse, ou encore des groupes de R&B insignifiants qui n’ont d’autre argument de vente que ka marque de leurs vêtements.

 

Côté féminin, c’est le règne de l’artifice. D’aucun apprécient le style « polished » de Mary J. Blige, avec ses affreuses mèches blondes. Da Brat aurait le côté « street » de Snoop, elle assure. Et l’insupportable Aaliyah, une « attitude » très actuelle. Et que dire des formules à la SWV, Brownstone et E.V.E ? Cherchez la différence… Et le ragga n’est pas en reste, dans ce concours à la supercherie. dans ce magma où la médiocrité rivalise avec le superficiel, y-a-t-il encore une place pour une bonne chanteuse, sincère et naturelle ? Peut-être.
Pour peu que la machine ne détruise sa personnalité. « Je ne veux surtout pas qu’on essaie de me faire entrer dans une catégorie. C’est insupportable », affirme Diana King.
« Aux Etats-Unis, dès que tu fais un morceau, on s’empresse de le remixer, pour que cela corresponde à un style précis. En Europe, il me semble que le public envisage plus la musique comme un tout. » Diana King n’aime pas les étiquettes. Après avoir tourné avec Shabba Ranks, pendant deux ans, cette jeune jamaïcaine (dont on a pu avoir un avant-goût avec une reprise de « Stir It Up », l’année dernière sur la compilation du même nom, vient de sortir un album, Tougher Than Love, qui concilie R&B et dancehall. Une première étape.

« Je ne suis pas végétarienne, et je n’adhère pas au côté mystique du rastafarisme. C’est le message social et le reggae en tant que musique qui m’intéressent. »

 

« Avant de tourner avec Shabba, je jouais dans les hôtels en Jamaïque. Je chantais des trucs très variés, sans style précis. » Il n’empêche, Diana a grandi dans la culture rasta, même si elle n’a rien d’une sister roots (respect leur est du, Ndlr) et mystique. « Bon, je ne suis pas végétarienne, et je n’adhère pas au côté mystique du rastafarisme. C’est le message social et le reggae en tant que musique qui m’intéressent », explique-telle, avant de dire sa fierté d’être jamaïcaine, d’origine africaine, Noire, et d’ironiser un brin sur certaines chanteuses afro-américaines.
« Quand tu les vois à la télé, ou quand tu les entends à la radio, elles revendiquent sans cesse leurs racines africaines. C’est très bien, mais je me demande si, en ce qui les concerne, ce n’est pas plus une attitude qu’autre chose… »

Toutes ces questions, Diana King les abordera dans son prochain album. car Tougher Than Love parle surtout de tendresse et d’amour, avec cette émotion qui fait maintenant cruellement défaut à la musique urbaine.

Diana King, Tougher Than Love (Columbia)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *