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Destiny’s Child : un destin programmé

Propos recueillis par Elia Hoimian

Emules de groupes comme En Vogue, SWV et friandes de House, Destiny’s Child, un nouveau quatuor R&B, a pour objectif affiché de suivre les traces de leurs aînées. Elle sont en route vers un succès certain !

 

Oubliez les fantasmes que les tenues et attitudes suggestives des clips de « No, No, No » n’ont pas manqué de créer. Les Destiny’s Child ont l’air d’ados. Kelly, La Tavia, Le Toya et Beyoncé font agréablement et avec humour le travail de promotion contraignant mais nécessaire au succès d’un album. Bien qu’excitées par cette carrière naissante, elles n’en oublient pas pour autant l’essentiel. « Nous allons encore à l’école, explique Kelly, car nous pensons que l’éducation est la chose la plus importante. »

Destiny’s Child est un « girls band », dans la lignée de la plupart des autres groupes du genre. Leur nom a été trouvé par hasard et par la mère de Beyoncé.

« Quand Le Toya a rejoint le groupe, nous chantions ensemble depuis quelques temps (elles ont participé en 1992, à un concours de jeunes talents, ont perdu et ont arrêté. Ndlr), explique Beyoncé, mais on était encore à la recherche d’un nom. La mère de Beyoncé a ouvert La Bible dans laquelle était une photo qui est tombée sur un passage où il était écrit : quelle destinée ? C’est ainsi qu’est né le nom. »

 

« La mère de Beyoncé a ouvert La Bible dans laquelle était une photo qui est tombée sur un passage où il était écrit : quelle destinée ? C’est ainsi qu’est né le nom. »

 

Deuxième étape, l’enregistrement d’un album, pour lequel on recrute plusieurs têtes d’affiche dont Wyclef, pour en assurer le succès.

« L’enregistrement de l’album a pris deux ans et demi, explique Beyoncé, on a rencontré Wyclef pour la première fois chez Columbia, et quand celle-ci (la maison de disques) nous l’a proposé, on n’en croyait pas nos oreilles car Wyclef, présent sur deux titres, « No, No, No » et « Illusion » (avec le Refugee Camp), est une grande inspiration parmi les rappeurs. »

« Oui, c’en est vraiment une pour nous, en plus, il est cool et nous a vraiment beaucoup apporté », renchérit, d’une voix admirative, Kelly.

« Master P, présent sur « With Me Part II », est du Sud, comme nous. Donc on avait à peu près le même feeling, la même manière de raconter les histoires fun, et ça a facilement fonctionné entre nous », conclut Le Toya.

 On a toujours, à juste titre, déploré le manque de message fort dans le R&B qui a tendance à privilégier la musique au détriment du premier.

« Je pense que ça dépend de la manière de les formuler, mais les textes sont plus importants que la musique, explique Le Toya, mais si ta musique est géniale, tu n’as quelques fois pas besoin de raconter quoi que ce soit, tu peux juste y rajouter une belle mélodie ».

« Tu dois aussi tenir compte de la mélodie qui conditionne parfois les textes », poursuit La Tavia, « donc pour moi, les textes sont tout aussi importants. »

« Les gens écoutent aussi bien la musique que les paroles, continue Beyoncé, interrompue par Kelly qui rajoute : « Ce n’est pas juste une chanson, car elle est sensée procurer des émotions, donc pour moi, les textes le sont tout autant.

« Oui, les filles écoutent les textes et surtout leurs sens tandis que les mecs s’attachent à la musique, donc il faut bien que chacun s’y retrouve ; mais si tu n’as pas de lyrics… », continue Beyoncé,  » … Mais tu as la musique, poursuit La Tavia, donc l’un dans l’autre… »

 

« Nous avons plusieurs message : d’abord remercier Dieu pour tout ce qu’il t’a donné et le placer en première position ; rester humble envers tout le monde (…) » Beyoncé

 

BN : Les relations hommes et femmes sont-elles à vos yeux ce que dépeint « Waiting To Exhale* » (« Où sont passés les hommes ? »), le film de Forrest Whitaker ?

D’abord hésitantes, elles se lancent toutes dans la conversation. « C’est vrai que c’est la pensée de pas mal de femmes que reprend Forest Whitaker dans son film, avoue Le Toya, « Il y a une grande part de vérités et d’attitudes que l’on retrouve dans les couples », soutient La Tavia,

Mais toi ? Qu’est-ce que t’en as pensé ? » me demande Beyoncé. « L’image que Whitaker donne des hommes noirs n’est pas à notre avantage. »

« Oui, je suis d’accord avec toi, répond Kelly, jusqu’alors silencieuse, car ce n’est pas la majorité des hommes qui sont ainsi, et ce film peut prêter à confusion. »

BN : Faire l’unanimité, autant dire mission impossible, mais l’essentiel n’est-il pas de faire passer un message principal, perceptible et compréhensible de tous ? Quel est le vôtre ?

« Nous en avons plusieurs. Je pense parler au nom de tout le groupe : d’abord remercier Dieu pour tout ce qu’il t’a donné et le placer en première position ; secundo, rester humble envers tout le monde, dans tout ce que l’on fait, et tout ira pour le mieux, manifester également le désir de faire des choses, spécialement quand tu as choisi le métier d’artiste ;  troisièmement tu dois travailler dur, ne jamais abandonner, savoir faire des sacrifices… explique Beyoncé, « … Oui, faire des sacrifices, se lever tôt et faire tout ce qu’on a à faire, ce n’est pas un jeu mais du boulot, travailler dur de telle sorte que si un jour, tu te retrouvais seule, tu puisses t’en sortir car tu auras fait ce qui était nécessaire au départ ; rester positive et humble dans tout ce que l’on fait sinon Dieu te rappellera que c’est lui qui t’avait béni », renchérit Kelly. « Et la dernière chose…heu…, la dernière chose… j’ai oublié… « , s’esclaffe Beyoncé.

Destiny’s Child No, No, No (Columbia).

*Waiting to Exhale, sorti en 1995, est une adaptation du roman de Terry McMillan, qui raconte les histoires amoureuses de quatre afro-américaines.

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