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dimanche, septembre 23, 2018
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Des’Ree : la diva brit soul

Propos recueillis par Leonard Silva

Il aura suffi d’un single au titre prédestiné, « Feel So High », pour hisser son premier album au sommet des charts européens. Desiree Weeks alias Des’Ree revient deux ans après, tenter la même aventure.

 

Ouverture d’un second chapitre pour celle que le destin devait détourner d’une honorable et conventionnelle carrière académique, une certaine Des’ree, dont  les études de psy ont fini par céder sous   l’appel de la musique. Un succès remarque pour cette dernière, il y a deux ans, avec « Feel So High », fusion gospellisante de « light funk » aux accents pop-jazz dans la lignée des Regina Belle, Anita Baker et autres dames de la retronuevo …

Avec Mind Adventures, son premier opus, Des’ree s’est livrée aux réflexions inspirées par la nouvelle tournure que prenait son existence. Pas de regrets ni de paroles aigres­-douces face à la voracité du show busi­ness. A cet égard, « I Ain’t Moving », la chanson-titre de son nouvel  album en dit long. Des’ree a incontestablement mûri et cela se retrouve dans l’architecture de ses nouvelles idées musicales. Truffées ici et la de tona­lités folk et textures africaines. N’en déplaise aux amateurs de fun gra­tuit, la nouvelle Des’ree nous place devant le dur apprentrissage d’être « black, british and european »… Elle interpelle son être et ses racines culturelles, faisant de sa musique, à la fois un acte social et de conscien­ce. Des’ree n’est sûrement pas la doublure britannique de Tracy Chapman, mais pour autant, son I Aint Moving n’en sonne pas moins telle une déclaration à tous ceux qui veulent l’entendre.  Elle nous a donné les raisons de sa nouvelle démarche…

 

« Je ne crois pluen l‘abgation. Je me refuse à être passive, à adopteune attitude du style : je dois me taire et ne rien dire, quand mon entourage ou moi-même nous sentons blessés au plus profond de nousmes concernant toutes sortede discriminations. »

 

« Mon album n’est qule reflet de cque je suis à lheure actuelle, enta­me-t-elle.Si on établissait une comparaison avec Mind Adventures,  jdirais qujai surtout, avec cet albumessayé dfaire passer un certain nombre de sentiments, d’émotions et dflexions dmoadolescence. La manièrdont je percevais lamour, la vie,  lharmonie, les rapports de force, les gens, lmonde… »

En revanche, I Aint  Moving est le résultat de deux années de tournées au cours desquelles elle a pris le temps d’analyser l’évolution de son environnement immédtat.

« Cette période a servi à renforcer ma  confiance en moi-me et à développer une force spirituelle dont j‘avais besoin pour survivrsur le plan émotionnel, psychologique et créatif, cal« music business » est assez éprouvant... »

Sans doute la raison pour laquelle elle a écrit « You Gotta Be ».

« II doit être consi comme mon chant dsurvie, car J‘ai é amenée, au cours de moments d‘anxiété à prendre dedécisions importantes  ; être dure avemoime comme avec certains membres de mon entou­rage professionnelallant parfois jusqu‘à les renvoyer pour ne pas avoir respecté leurs obligations à mon égard. Mais cela ne mempêche pas de conserver mon calme lorsquil y a des problèmes qui se présentent et qumoentourage paniqueJe maintiens aujourdhui encorecette ligndconduite, indépendamment de la scène odes studios denregistrement, afin de faire évoluer motravail. C’est pour cela qu« YoGotta Be » espour mola chanson dlri.

Un état d’esprit que semble confirmer « I Ain’t Moving », la chanson-titre de cet album.

« Je ne crois pluen l‘abgation. Je me refuse à être passive, à adopteune attitude du style : je dois me taire et ne rien dire, quand mon entourage ou moi-même nous sentons blessés au plus profond de nousmes concernant toutes sortede discriminations. « Ain’t Moving », en ce sens, apparaît comme le résultat des conseils que ma  mère m ‘a prodiguée : Maintiens lunité de ton corps et fais-le respecter..  Nourris-le de ta vie et profites-en. Je n’y  prêtais guère attention à l’époque. On a tendance désobéir lorsqu’on est jeune, à commettre ses propres erreurs en menant sa vie telle qu’on l’entend. On ne se rend compte que plus tard que l’amour de soi, la foi en soi, la dignité que l’on affiche sont très importants. A cet égard, je n’ai nullement honte de dire : I’Ain’t Moving from my face, from my race, from my history… (je ne suis ni mon visage ni ma race ni mon histoire).

Des propos affirmés dans un pays où comme sur le « vieux continent », on assiste à la résurgence d’une forme de neo-nazisme dirigée contre les minorités hindoues, pakistanaises et afro-caribéennes à nouveau confirmée par l’élection récente du Parti National Britannique (BNP), au Conseil municipal de Tower Hamlets, une circonscription du nord de Londres qui inclut les Docklands.

 

« Notre histoire a toujours été marquée par un certain négativisme. Nous avons é divis et nouavons perdu notre fierté. Je pense malgré tout qules Noirs britanniques ont pris conscience de ce qu’ils sont, et ils le démontrent très clairement paleur volonté de s’éduquer toujours un peu plus. »

 

« C’est terrifiant ! Face à pareille montée des extrêmes, !es  minorités en GrandeBretagne dont je fais partie, ont le sentiment de‘ vivre sous un contle rigoureux. C’est à lfois unsituation difficile et angoissante car nul ne sait où tout cela peut déboucher. Nousommes devant des perspectives qui font peur. II nous faut fléchir, mais je  crois que nous le  peuple noi avons ce qu‘il faut pour relever le défi car comme vous le savez, notre histoire a toujours été marquée par un certain négativisme. Nous avons é divis et nouavons perdu notre fierté. Je pense malgré tout qules Noirs britanniques ont pris conscience de ce qu’ils sont, et ils le démontrent très clairement paleur volonté de s’éduquer toujours un peu plus. Ils savent que plus ils s’éduquent plus ils s’aiment pour faire face aux défis posés par lsociété. L’Angleterre se trouve dans une situation où seuls lemieux éduqués peuvent prétendre à la survie. Toutefois, il ne faut en aucun cas croire  que les portes souvrent d‘ellesmes aux Noirs britanniques, surtout dans la période agie que  nous  traversons...

Raison probable pour laquelle bon nombre d’albums – sont teintés s’un clin d’œil  à l’Afrique, à la fois sur le plan de certaines constructions rythmiques, mais  aussi  – ce  qui  est relativement nouveau – au niveau de la conception graphique.

« Pour moi, l’Afrique  représente le commencement. Tout le reste vient après. Cest pour cela que lAfrique m’appart tel le « crystal » du monde. Un « Crystal «  qui s’est fragmen en plusieurs parties ; notamment, les îles Caraïbes. Mais le fait que ce sont les peuples noirs qui l’ont eux-mêmes fragmenté en se déplaçant ne les a pas empêchés de maintenir leur lien avec la Mère-Afrique. Mon héritage culturel, et par conséquent ma musique, est le produit de cette confluence afro-caribéenne…

Un concept-album qui reste malgré tout d’essence typiquement britannique, malgré les participations à la production des ex-Family Stand, les Américains Jeffrey Smith et Pete Lord.

 

Des’Ree,  I Ain’t Movlng(Sony Soho  Square)

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