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D-influence : Réminiscence Soul (1993)

Par Tony Edwards

 

Une femme de caractère, trois garçons dans le vent… Un parfum de succès foudroyant outre-Manche, et la reconnaissance immédiate de Michael Jackson himself… Voilà l’aventure D-Influence, réminiscence soul des 70’s et un funk délicat dénué d’artifice.

 

La brit-soul n’en finit pas de nous surprendre ; elle qui, depuis l’arrivée de Soul Il Soul, a donné le jour à quelques-uns des groupes et artistes les plus intéressants de ces dernières années. Sur les traces de The Brand New Heavies, Massive Attack, The Escoffereys et YoYo Honey, D-Influence prêche la cause d’une soul enfin retrouvée…

Réunis autour de Sarah Ann Webb, Kwame Amankwa Kwaten, Ed Baden Powell et Steve Marston ont créé un son absolument U-Nique. Un style de la fin des 70’s :  funk délicat dénué d’artifice, salué par Michael Jackson pour qui ils ont assuré la première partie lors de son passage à Londres.

« On trouve notre son nouveau », entame Ed, « sans doute parce que nous sommes revenus au B-A, BA. Ce retour aux roots est en marge de ce qui se fait aujourd’hui, notamment dans la techno. Nous, on a gratté le vernis. La musique ne souffre pas de détour. Elle doit être restituée telle quelle, au risque de perdre en sincérité et en fraîcheur… ».

 

« On trouve notre son nouveau… On a gratté le vernis. La musique ne souffre pas de détour. Elle doit être restituée telle quelle, au risque de perdre en sincérité et en fraîcheur… »

 

« Qui trop embrasse, mal étreint », poursuit Steve, « il faut éviter de s’encombrer de toutes ces futilités qui peuvent dénaturer la vision que l’on a de la musique, le sens que l’on a du groove. Nous, on a cherché à retrouver le back-to-basics. »

D-Influence doit en partie sa reconnaissance à l’un des personnages les plus visionnaires de l’industrie anglaise du disque, Eddie Pillar, le patron du label Acid Jazz, père spirituel notamment de Diana Brown & Barrie K.Sharpe, Brand New Heavies et autres Jamiroquai. L’histoire du groupe commence avec l’enregistrement en white label de « I Am The One » à Oxford. « On a voulu aller vite », explique Kwame, « sans se farcir le cirque habituel dans les maisons de disques. On l’a enregistré en une journée avant de le faire presser. Puis on l’a livré nous-mêmes aux disquaires spécialisés. On en a laissé une copie à Tim Westwood qui présente un rap show sur Capital-Radio à Londres, et il a craqué sur le groove. Eddie Pillar nous a signés sur son label, nous disant qu’il prenait le titre dans l’état. On éprouve beaucoup de respect pour lui. »

D-Influence ne rencontrera pas plus de difficultés face aux executives d’East West-USA. « On avait vendu quelques imports là-bas. Sylvia Rhone et Merlin Bob sont venus nous voir avec une proposition. On leur a présenté de nouveaux titres qui leur ont plu. On a signé le deal, comme ça. Ils ne nous ont rien imposé, c’est rare. On vous demande souvent de changer votre son, de prendre un producteur maison… Nous, on n’a pas eu ce problème. On a été soufflés par leur enthousiasme qui nous a donné une plus grande confiance en nous. Il y a des tas de petits labels chez nous qui sortent ce qu’on trouve de mieux dans la soul et le funk depuis des années. Beaucoup de ces disques restent dans le circuit underground et sont pourtant incroyables. Je pense que les majors ne vont pas tarder à se réveiller. »

Les Anglais ont rendu son âme à la soul que leurs homologues américains n’ont cessé de gommer au fil des années en pêchant dans la surproduction. Voilà pourquoi ils sont de plus en plus sollicités outre-Atlantique. Ainsi Simon Law, venu produire un titre sur le premier album de Chanté Moore, ou encore les Jones Girls qui n’ont pas hésité à se rendre à Londres pour faire produire leur dernier album. Ce n’est donc pas un hasard si la griffe de D-Influence devrait figurer à côté de celle de Ten City dans le staff de production du prochain album d’Ultra Naté.

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