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samedi, septembre 22, 2018
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Comprendre le Rap : Les grands courants

Par Antoine « Wave » Garnier

 

La musique fourmille de nombreuses categories tant elle est riche et tant les specialistes ont tenté de la ranger dans des cases ;  soit pour la definir plus précisément soit pour mieux la vendre au grand public. Ainsi, il existe des défini­tions aussi simples que « classique », « rock » ou « pop » que de sous-genres spécialisés : « rock-FM », « Neo-clas­sique-jazz », « Country-pop », ou plus abberant encore, « soul-rock » pour qua­lifier un rock chanté par un Noir.

Dans notre cas, l’affiliation qui nous intéresse est celle qui prend sa source dans le Rhythm and Blues, l’origine, pour ne pas aller plus loin, de la musique qui sera plus tard appelée rap. C’est l’emprunt de rythmes R&B auquel on peut attribuer le premier son Rap (le DJ utilisait des disques de R&B, de disco, de pop, ou de musiques latines qu’il entrecoupait de séquences sélec­tionnées à partir de ces mêmes disques, par exemple des breaks de batteries).

Si c’est en 1979 que le morceau « Rap­per’s Delight » du groupe Sugarhill Gang (Big Bank Hank, Wonder Mike, Master Gee, originaires de l’Etat du New Jer­sey) a envahi les ondes américaines avec le sample de « Good Times » du groupe Chic, ce n’etait pas la première forme de rap dont les DJ’s du Bronx élaboraient déjà les contours — Kool Herc et DJ Hollywood avaient déjà introduit la culture du « DJ Style ». Cette nouvelle tendance était Ie produit d’une tradition de « house-parties » (soi­rées de quartier) dans lesquelles les DJ’s mixaient des morceaux de funk à Ia James Brown ou à la Isaac Hayes. En réalité, le rap descend directement du Delta et Urban Blues (la musique du sud des Etats-Unis), du R&B (une forme plus légère et plus rythmée que le gospel), du funk (la version dyna­mique et sexuelle du R&B) et du disco (plus édulcoré que le R&B et issu des studios d’enregistrements).

C’est en 1982, avec « The Message », le cri du ghetto lancé par GrandMaster Flash and The Furious Five que les textes rap ont pris un véritable sens. Ce n’était plus une succession d’onomato­pées ou de rimes pour Ia rime, mais un message social. La musique urbaine du début des années 80 passait à une autre étape.

De par son coût peu élevé (l’acquisition d’un micro, de deux platines disques, d’une collection de vinyls), elle gagnait ses galons de nouvelle forme d’expression du ghetto noir urbain, pour plus tard se lancer dans l’ère de l’électro­nique grâce au sample. Des critiques l’appelleront Hip Hop, « musique qui bouge ». Tandis que la musique secrète­ra plusieurs genres et que les themes varieront, du plus fun au plus violent, une industrie se mettra progressivement en place avec sa cohorte d’obstacles (censure des radios, critiques des médias et de Ia profession, racisme). Malgré toutes ces embûches, la culture Hip Hop occupe aujourd’hui une place de plus en plus importante, car elle est devenue le porte-voix d’une génération.

L’Electric Funk

L’Electric Funk combine les rythmes funk des groupes tels que Parliament/Funkadelic avec une instrumentation synthétisée de musique pop par des groupes comme Kraftwerk. On l’appelle aussi « Euro-pop ». Cette fusion, une des plus populaires au début des années 80, envahissait les clubs et les disques de rap.

Le Gangsta rap

Le Gangsta rap — terme inventé par les medias — s’est développé dans les années 90. C’est une branche du rap hardcore. Les paroles sont plus abra­sives, I’emploi de gros mots plus freéquent, et la narration d’histoires sor­dides, une des règles. Ce genre, extrêmement commercial, et objet de controverses et de polémiques, est la cause des fameux autocollants « Paren­tal Advisory/Explicit Lyrics » sur les pochettes de disques.

Le G-Funk

Le G-Funk trouve son inspiration dans la musique de Parliament, Funkadelic de George Clinton.En réalité, cette musique a été gangstérisée par le pro­ducteur Doctor Dre au milieu des annees 80. Elle se caractérise par le son de ses synthetiseurs, la modulation des voix grâce à un Vocoder, un groove lent, des basses profondes, un gros son, et le chorus chanté par une femme. Le G-Funk est devenu le genre le plus populaire du hip hop au début des années 90. Après le succès de l’album « The Chronic » de Doctor Dre, de nom­breux MC’s et producteurs ont suivi sa patte technique, faisant du genre le plus reconnaissable du rap.

Le Rap Alternatif

Un terme des médias et de la culture américaine. Aux Etats-Unis, il fait réfé­rence à tous ces groupes qui échappent aux stéréotypes du rap (violence, musique dure, attitude de B-boy, pro­pos dégradants et sexistes, attaque de la société blanche, etc.) ou à ceux que les medias n’arrivent pas à classer. Ainsi, ces groupes mélangent souvent les genres musicaux et couvrent la palette musicale et culturelle américai­ne. Leur caractère alternatif s’explique par le fait que ces productions dérogent au style en vigueur a l’époque de leur apparition.

Le rap Hardcore

II existe au moins deux niveaux de lecture derrière ce terme. II peut s’agir de la musique, de l’ambiance ou des textes. Dans le premier cas, la musique peut être très agressive mais pas le rap qui l’accompagne (débit des mots et thème). C’est aussi un rap structuré autour de beats minimalistes, d’une production agressive et de paroles qui dérangent. Toutes les combinaisons sont envisageables.

Le Jazz-Rap

Le jazz-rap fait réference au rap dont la production musicale est influencée par le jazz. Le genre prend généralement ses sources dans le be-bop, la soul. C’est en fait une re-orchestration d’ins­trumentaux jazz avec un beat funky.

Le rap de Ia Cote Guest

Ce rap diffère de celui de la Côte Est car il tend a être plus funky et obsédé par la promotion du bon temps et des rêves de gangsters. Une contradiction ?

La Bass Music

La bass music est un sous-genre du hip hop originaire de l’Etat de Floride. Comme son nom l’indique, elle met en avant la basse et le groove. Dans ce sens, les paroles n’ont pas vraiment d’importance. Ce genre est solidement ancré dans les Etats du sud.

Les premiers rappeurs fun

Afrika Bambaataa, Busy Bee, DJ Holly­wood, Doug E. Fresh, Fat Boys, Funky Four + One More, Lovebug Starsky, The Real Roxanne, Sugarhill Gang, UTFO, Whodini.

Les premières stars du rap

Beastie Boys, LL Cool J, Run DMC.

Les premiers rappeurs afrocentriques

Gill Scott-Heron (il est considéré comme le père spirituel de cette école), Kool Moe Dee, The Last Poets, The Jungle Brothers.

Les premiers rappeurs jazz

A Tribe Called Quest, Buckshot Lefonque, Digable Planets, Gangstarr (Guru et son projet Jazzmatazz), Greg 0sby(1), Herbie Hancock(1), Steve Coleman(1).

Les premiers rappeurs gangsta

Boogie Down Productions(2), Ice T, Public Enemy(2), N.W.A, Schoolly D

Les stars rap des années 80

Jazzy Jeff & The Fresh Prince, Kurtis Blow, LL Cool J, MC Hammer, Nice & Smooth, Rob Base, Public Enemy, Run DMC.

Les subdivisions du Rap

Le rap fun. Comme son nom l’indique, c’est du rap avec des messages légers. Le rap hardcore (voir plus haut).

Le gangsta (voir plus haut).

Le rap conscient. A nuancer avec le rap à message dont il est une partie essentielle. II désigne les textes qui font appel à la prise de conscience identitaire : l’importance de ses ori­gines et la place de la communauté noire dans l’échiquier politique, écono­mique et social.

 

 

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