fbpx
jeudi, octobre 18, 2018
Accueil > Genres > Hip Hop > Channel Live

Channel Live

Propos recueillis par Antoine « Wave »Garnier

 

Channel Live n’est pas un canal comme les autres. Ce groupe, pourrait facilement se définir tel le mariage entre CNN et Chuck D, avec un remarquable premier album, Mad Izm.

 

II y a, dit-on, plus de 200 chaînes à New York, le câble compris. Néanmoins, force est de constater qu’il n’y a qu’une CNN, qu’une Fox et qu’une HBO, chacune de ces chaînes ayant su dévelop­per sa propre identité. Il en va de même dans le hip hop. Il y a ceux qui créent et ceux qui suivent. Channel Live n’a, à ce sujet, rien d’un canal comme les autres. Ce groupe pourrait facilement se définir tel le mariage entre CNN et Chuck D (transmission en simultané des événements tra­versés par la société noire). Est-ce vraiment une coïncidence si les deux composantes de ce duo, Hakim et Tuffy sont les protégés du Masterblaster himself ? Non.

 

Ils se rencontrent alors qu’ils participent aux conférences H.E.A.L. Depuis, ils ont eu un deal avec Capitol… Sont-ils les enfants légitimes de BDP ? L’industrie du disque peut-elle soutenir un groupe dont la tendance a déjà été commerciale­ment exploitée ? Rencontre au 35° étage du numéro 1290, Avenue of Americas…

« Nous cherchions un nom qui définisse ce que nous représentons. Le parallèle, c’est la télévision, parce qu’elle aborde plusieurs réalités quand on zappe. C’est ce que nous faisons avec des textes, nous abordons différentes réalités. L’essence de live fait partie du hip-hop. Son rappel dans notre nom est donc évident. Lu à l’envers, cela signifie « evil » ; ce qui veut dire que nous canalisons l’énergie directe. Nos productions étaient déjà prêtes avant de rencontrer Kris (Parker). Il nous a aidés à nous développer. Si nous en sommes un peu les fils spirituels, car nous avons toujours apprécié son travail, nous ne sommes cependant pas la prolongation de BDP (Boogie Down Production). Nous avons le sentiment d’avoir le talent pour faire passer nos idées, que le hip-hop est le forum le plus adéquat, car il est celui dans lequel nous avons toujours baigné (…) »

 

« Nous cherchions un nom qui définisse ce que nous représentons. Le parallèle, c’est la télévision, parce qu’elle aborde plusieurs réalités quand on zappe. C’est ce que nous faisons avec des textes, nous abordons différentes réalités. »

 

« J’étais étudiant auparavant », précise hakim. « Tuffy et moi faisons du rap, parce que nous faisons partie d’une certaine culture qui, comme les musiciens de jazz, a son propre langage. Ce n’est pas parce que tu obtiens un emploi, un contrat d’enregistrement, que tu dois saboter cette culture. Si tu sépares les deux, que tu vois d’un côté le hip-hop et de l’autre la manière dont tu vas l’exploiter pour pouvoir en vivre, le commercial l’emporte sur l’artistique. Mais si tu fais de ton mieux pour survivre… »

« La maison de disques fait ce qu’elle peut pour vendre notre album. Je n’irai pas jusqu’à dire qu’elle dépense autant d’énergie que nous le sou­haiterions. Personne ne s’intéressera autant à ma musique que moi, mais le label a des départements différents. Chacun a son domaine d’activités. Est-ce que, de manière collective nous pen­sons que tout a été fait ? Non, car tout le label n ‘est pas derrière nous. Il y a des individus qui se défoncent pour nous, mais rappelons-nous qu’il s’agit d’emplois et qu’on y travaille 8 heures/jour. Le hip-hop est un domaine qui bouge très vite, qui évolue par tendances. Il faut être dans le ton. Cependant, je ne crois pas que notre musique soit une mode. Le seul problème réside dans le fait que le rap n’est pas adressé au public assez rapidement.

De nombreux rappeurs signent sur des grands labels et voient leurs productions retardées en raison du manque de coordination entre les différents départements supposés travailler dessus. Nous serions heureux de pouvoir contrôler l’argent qui est investi derrière nous et de voir comment il est dépensé. Nous aimerions avoir davantage de contrôle, celui qui permet de dire : je veux cela TOUT DE SUITE, et de cette manière-là. A l’heure actuelle, nous avons la chance d’avoir beaucoup d’influence. Eventuellement, nous aurions pu avoir davantage de pouvoir en étant signés sur un petit label ; mais encore une fois, tout est fonction de ton volume de ventes. Si tu ne vends rien, tu n’as pas ton mot à dire. Mad-izm a bien vendu. Nous étions un peu connus dans l’underground, puis la vidéo a apporté une dimension nouvelle au morceau. Tu peux avoir un hit sans vidéo. Il suffit de proposer aux gens ce qu’ils veulent écouter. Pas de hit, pas de contrôle.

 

Nous avons choisi collectivement « Re-program » comme second single. Il n’y a pas de contradiction entre le fait d’être live et être signé sur un dinosaure comme cette grande compagnie de disques. La question est de savoir comment je dirige mon énergie. Elle sera différente, selon que je suis sur scène ou que je me retrouve assis en face du président du label. L’idée est de pouvoir changer de channel, travailler le cadre, déterminer ce que je peux gagner ou perdre en allant dans ce sens ou dans un autre, afin d’obtenir ce que je veux. Il n’y a qu’une énergie; elle a simplement différents visages.

 

Channel Live Mad-izm LP (Capitol/EMI)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *