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dimanche, décembre 16, 2018
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CeCe Peniston : la persévérance récompensée !

Par Romain Grosman

 

Cece Peniston est de celles que rien n’arrête ou ne décourage. Un vrai tempérament de battante ! Après avoir écumé les studios d’enregistrements, à la solde des autres, « Finally » allait la faire rentrer dans le cercle fermé des chanteuses à succès. Rencontre d’une survivante.

 

A l’image d’une Angela Davis, figure emblématique de la défense des intérêts des noirs version féminine, avec toujours dans l’esprit qu’un jour son combat connaîtra le succès qu’il mérite, Cece Peniston, elle, s’est toujours battue pour la réussite de sa vie qui « devait forcément passer par une carrière musicale. » Avec la foi inébranlable de la première. C’est le seul lien qui les unit. Peut-être pas, comme vous le verrez plus loin dans sa phrase de conclusion.

Mais reprenons la trajectoire de la jeune chanteuse Phoenixienne (dans l’Etat de l’Arizona) de 21 ans. Je disais donc que Peniston avait la dent de l’espérance très dure. C’est déjà un signe percutant du caractère de la chanteuse quand on voit la pléiade méconnue de chanteuses noires de talent qui peuplent l’industrie musicale du nouveau monde. Mais ne dit-on pas qu' »Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années  » ? C’est ce qui arriva à la jeune chanteuse qui a concrétisé ses ambitions par un premier opus : « Finally ». Un titre on ne peut plus prémonitoire. Car avec ce single heureux, elle a pris d’assaut les clubs occidentaux.

« J’ai toujours eu foi en ce que je faisais et je savais qu’un jour cela arriverait. Je suis vraiment très heureuse que le single ait rencontré autant d’enthousiasme, de succès aussi rapidement. Je n’en espérais pas tant » , m’avoue Cece.

 

Mais comment une chanteuse inconnue qui, l’année dernière encore, passait le plus clair de son temps à sillonner les studios d’enregistrements pour apposer son timbre à la création des autres ? « L’élément déterminant de ma situation actuelle a été ma rencontre avec Felipe Delgado (alias DJ Wax Dawg). C’était au mois de mai, dans un studio d’enregistrement. C’était la première fois que j’ai commencé à travailler avec lui. A l’époque, j’étais backvocalist sur l’album d’une chanteuse de rap, Overweight Pooch. En m’entendant chanter, il a été séduit par ma performance et c’est ainsi que tout cela a commencé « .

La suite, c’est un album de 10 titres produits, entre autres par les ténors de la dance music et de la pop actuelles : Steve « Silk Hurley » (« We Got A Love Thang », « Keep On Walkin' »), David Morales (« Finally », « Lifeline ») et Felipe Delgado (« Finally », « It Should Have Been You », une reprise d’un grand succès des années funk, « Virtue », « You Win, I Win, We Lose »). Un trente centimètre où Cece Peniston excelle sa présence vocale chatoyante et enjouée.

 

En Espagne, un journaliste m’a dit : « Mais vous n’êtes pas vraiment black ».
J’ai répondu : « Je suis bien black et dans tous les sens du terme : dans mes pensées, mes manières et dans tout ce que je fais ».

 

Ses chanteuses préférées ? « Ah, j’adore « I Love Your Smile » de Shanice » (avec le genre qu’elle pratique, cela n’est pas étonnant. NDLR). Mais je suis très reconnaissante à l’ancienne génération qui a su inspirer un grand respect, elle le mérite vraiment et, de nous avoir ainsi ouvert la voie. Je dirais simplement que j’ai été influencée par toute cette génération. Je ne pourrais pas vous donner la liste car elle serait longue. »

Black News Magazine : S’il faut suivre l’exemple des aînés, il faut le faire entièrement. Cela expliquerait-il que tes chansons n’ont aucun message social ?

CeCe Peniston : « Je crois que tout un chacun doit s’investir dans la bataille socialement. C’est une nécessité. Et il y deux sortes de produits commerciaux. Il y a l’album et la vidéo. Et lorsque je ne passe pas mon message dans la chanson, je prends soin de le faire passer par la vidéo. »

BNM : Mais les rappeurs, par exemple, le font bien sur les deux supports… CCP : Oui, tu as raison. Les rappeurs expriment parfaitement ce qu’ils ressentent dans leur musique. Prenons l’exemple de Ice Cube. Tout ce qu’il a à dire, il le fait avec beaucoup de force et de conviction. C’est ce que j’aime en lui.

Anecdote. Au cours de l’interview, je n’ai pas voulu lui poser les irrémédiables questions sur les blacks, mais elle a tenu à me dire au cours de la discussion finale que l’on a eu hors magnéto, qu’un jour en Espagne, un journaliste a voulu la différencier de tous les autres noirs à qui il reprochait certainement leurs idées communautaires. Je la cite : « Le journaliste m’a dit : mais vous nêtes pas une noire vous ? Je lui ai répondu : « Je suis bien noire et dans tous les sens du terme. Je suis noire dans la tête, dans mes manières et dans tout ce que je fais. »

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