fbpx
mercredi, juin 20, 2018
Accueil > Dossiers > Cappadona : le Don du clan (1998)

Cappadona : le Don du clan (1998)

 Par Kalengué

 

Ses différentes prestations sur les projets du Clan ont fait de la sortie solo de Cappadonna une nécessité. Discours sans concession, textes ciblés, il se proclame pro-Black, et s’en explique…

 

Cappadonna fait sa première apparition sous le surprenant pseudo de Cappuccino. Reconnu comme le lieutenant du duo le plus influent du Wu-Tang, Chostface Killah et Raekwon The Chef, c’est par le biais de ce dernier, rencontré à l’école à Brooklyn, il y a une dizaine d’années, qu’il fait son entrée sur la scène. Il intervient pour la première fois sur trois titres de Only Built For Cuban Linx, l’album de Raekwon, notamment sur le tube underground « Ice Cream », puis sur de nombreux morceaux d’Iran Mon de Ghostface Killah parmi lesquels « Winterz Wars » (égale­ment sur la B.O. de « Sunset Park ») où il déclare : « Nous sommes les pro-Black Niggaz ». Explications.

« Je n’ai jamais vu de Paradis que je n’aie construit par moi-même en res­tant pacifique. De toute mon existen­ce, je n’ai jamais vu que diableries. »

 

« Ce que je donne au public, ce sont des informations pro-Black venues tout droit du ghetto, de mon vécu et non pas de choses dont j’aurais entendu parler ou que j’ai pu lire dans la Bible. Tout ici est réel. Ce sont des choses par lesquelles je suis vraiment passé. Je n’ai jamais vu de « Paradis » que je n’ai construit par moi-même en restant pacifique. De toute mon existence, je n’ai jamais vu que diableries.

Après une participation active à Wu-Tang For Ever, il sort son album solo, The Pillage, qui propose sa même vision sur la communauté noire. « Je sais d’où je viens donc je sais dans quelle direction je vais. Parce que celui qui connaît son passé, sera plus à même de réussir son parcours. Je suis pro-Black parce que je connais le rebord, ce qui m’em­pêche de chuter ; je n’en suis pas « l’image » mais sa réalité même. Quand je parle et que les gens se reconnaissent dans mes propos, il ne peut en être autrement. C’est une question de communication. Si nous arrivons à exprimer ce que nous pensons, si nous maîtrisons le langage, alors nous pourrons exprimer des choses universelles », explique-t-il. Donna prend donc position contre le système américain qui enferme les jeunes Noirs dans une situation sans perspectives d’avenir.

Comme l’attestent des titres tels « Got To Find A Way » qui décrit cette impasse, « Blood On Blood » qui évoque le « Black on Black Crime » et « Run » qui incite les délinquants (débrouillards ?) à fuir les forces de l’ordre.
Mais peut-on vraiment se revendiquer d’une idéologie aussi stricte lorsque, comme de nombreux autres rappeurs, on mène une vie de dilettante, qu’on tient des propos injurieux à l’égard des femmes noires, qu’on s’affiche sur scène une bouteille de Champagne à la main, et qu’on vante les vertus de la drogue ? Pour le rappeur de Park Hill, il n’y a pas de contradiction mais plutôt « conscience perfectible ». Dans tous les cas, ses prises de position, tout comme celles des membres du Clan, donne du sang neuf au rap actuel qui fait du consensus, une règle.

Cappadonna, The Pillage (Razor Sharp/ Epic).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *