fbpx
samedi, octobre 20, 2018
Accueil > Interviews > Calixte Beyala dans la tourmente (1997)

Calixte Beyala dans la tourmente (1997)

Propos recueillis par Jean-Bernard Gervais

 

 La romancière camerounaise Calixte Beyala, récemment couronnée du Grand prix du roman de l’Académie française pour son dernier livre Les honneurs perdus est au centre d’une nouvelle polémique.

 

Le journaliste français Pierre Assouline l’a accusée, le dimanche 24 novembre dernier d’avoir plagié dans son dernier roman quelques passages du célèbre livre de Ben Okri. « La route de la faim (choisi par la rédaction de Black New s comme le meilleur roman de l’année 95-voir BN N°24). Déjà condamnée pour plagiat il y a quelques mois par les Editions du Seuil ? Calixte Beyala, que nous avons joint le jour même, répond à ses détracteurs.

Black News : Avez-vous décidé de porter plainte pour diffamation contre Pierre Assouline ?
Calixte Beyala : Non, pas encore. J’ai besoin de deux ou trois jours de réflexion.

BN : Pourquoi de telles accusations ?
CB : Je suis la tête de turc d’un certain milieu médiatico-littéraire comme a pu l’être, en son temps, Marguerite Duras. C’est quand même incroyable ! Parce que l’une des phrases de mon roman ressemble vaguement à une phrase de celui de Ben Okri, on m’accuse de plagiat. Ils pensent que le suis sans défense parce que je suis une pionnière, la première Femme africaine à réussir en France dans les lettres Et ça, ils ne le supportent pas.

« Pour certains Journalistes dits « de gauche », le Noir doit être pauvre et bon à rien. Cela correspond en fait à une certaine image qu’ils se font de L’Afrique. »

 

BN : Pourquoi ?
CB : Pour certains Journalistes dits « de gauche », le Noir doit être pauvre et bon à rien. Cela correspond en fait à une certaine image qu’ils se font de L’Afrique. A en croire les Journaux, ce continent ne peut rien produire de bon. Certains journalistes utilisent cette image négative du continent africain car c’est leur fonds de commerce. Ils s’en servent pour, soi-disant, attaquer le grand capital et les méfaits qu’il engendre.

BN : Croyez-vous être victime d’une cabale ?
CB : Oui, tout à fait !

BN : Vous attendiez-vous à recevoir le Grand prix de l’Académie française ?
CB : Non, ça a été une très bonne surprise. Ça me Fait très plaisir pour toutes les femmes d’Afrique noire. Cela prouve aussi qu’il y a des gens en France qui m’aiment et m’apprécient. Je reçois aussi bien le soutien du public que des libraires. Je ne suis la cible que d’un petit groupe de haineux. Ils devraient avoir honte de s’abaisser à la mesquinerie.

BN : Travaillez-vous sur un nouveau roman ?
C B : Oui, depuis pas mal de temps. Un roman purement africain.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *