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Brownstone : Trio de choc

Par Lionel « Mel » Mévégué

 

Fort de son premier succès, « If You Love me », tiré de l’album From the Bottom, certifié disque de platine aux Etats-Unis, Brownstone remet ça avec le très attendu second set, Still Climbing. Rencontre avec le trio remanié.

 

En 1995, Brownstone est la sensation du moment de part son statut de première signature du label de Michael Jackson d’une part et d’autre part, en plaçant le single « If You Love Me » en tête des charts. Malgré ce succès qui aurait permis à n’importe quel groupe d’écumer les scènes internationales, le groupe s’est bizarrement fait discret … « Depuis le premier album, nous avons travaillé avec Boyz Il Men, Patti label et beaucoup d’autres. Nous sommes ensuite entrées en studio enregistrer le second. Tout ceci a pris un an » explique Brownstone qui nous reçoit dans sa loge avant de faire une première partie remarquée de Blackstreet – inapprochable en raison d’un service de sécurité rapproché ; encore moins lors de la balance, interdite à tous – pour évoquer cette ascension fulgurante.

« Le succès de From The Bottom Up était incroyable pour nous. On a eu l’opportunité de toucher beaucoup de monde et d’avoir séduit en gros 2 millions de personnes. On a été nominé aux Grammy Awards et le plus excitant dans tout ça, c’est que les gens attendent le second. »

 

« Michael Jackson veille à ce que tout se passe bien pour nous en tant que producteur exécutif, il est excellent pour ça. Mais on n’a pas abordé le sujet de sa participation à la production. »

 

L’album dont le groupe a co-écrit la plupart des titres – produit par Dave « Jam » Hall du clan Untouchables (Mary J Blige, Heavy D), Shawn Stockman de Boyz Il Men, Soulshock et Karlin de Soul Power (Silk) -, fait l’impasse sur les problèmes communautaires pour aborder le thème de l’amour, comme la plupart des groupes R&B. « C’est parce que nous sommes des femmes noires », affirme Nied, « et que nous avons l’expérience de certaines choses. Aujourd’hui, le manque d’amour affecte nos vies de tous les jours. C’est la raison pour laquelle nous l’évoquons ainsi que l’amitié dans nos textes. Par exemple, si tu m’aimes, dis-le, on n’a pas besoin de le cocher, if faut le dire en face. »

« C’est aussi pour faire changer les hommes qui écoutent mais n’en­tendent pas vraiment », ajoute Maxee, « Mais   attention, fait remarquer Nicci,   en     tant qu’Afro-Américaine, on a pris conscience que nous venons d’Afrique ; d’ailleurs, j’aimerais bien connaître mes ori­gines, car la seule his­toire que je connaisse de l’Afrique, c’est la version américaine avec l’esclavage, et c’est très négatif. Je veux connaître toutes les richesses et choses positives du continent. Ainsi, je pour­rais vraiment me sentir comme une Africaine : « L’Afrique est la Mother land », renchérit  Maxee. « Et tout le monde vient de là, c’est la base même de la musique et de la danse », conclut Nicci dont l’amie d’enfance, Kina Cosper, est venue remplacer Monica « Mimi » Dolby.

Charmayne « Maxee » Maxwell (assise à droite) est décédée le 28 février 2015 suite à un accident domestique, à l’âge de 46 ans.

Nicci, visiblement la plus affectée par ce split qui a mar­qué la fin de la première version du groupe, explique : « Monica a quitté le groupe parce qu’elle avait des problèmes pulmo­naires. De plus, elle s’est mariée et a fondé une famille. » Son absence se fait à peine sentir sur cet album dont les ballades mid-tempo et les harmonies vocales rappellent étrangement le premier, avec des influences gospels évidentes. Peut-être une manière d’introduire une foi dans un monde sans repères. « Dieu sera toujours mis en avant dans nos vies », confie Nicci, « il a fait tout ce qui est possible pour nous aujourd’hui. Cependant, je n’ai pas grandi dans les églises en chantant du gospel, mais seulement en l’écoutant. »

« Moi, par contre », précise Maxee, j’ai chanté dans les églises avec ma famille. D’ailleurs, c’est ma tante qui a absolument voulu que je devienne chanteuse. »

Concernant leur affiliation à Michael Jackson dont on aurait pu penser qu’il participerait à la production, Brownstone a voulu s’en démar­quer. « Il veille à ce que tout se passe bien pour nous en tant que producteur exécutif, il est excellent pour ça. On n’a pas abordé ce sujet », explique Nicci, « peut­ être le ferons nous dans le futur, mais pour l’instant, on est concen­trées sur Brownstone. On veut d’abord essayer de construire notre propre carrière, mais Michael et nous n’avons rien contre le fait de faire des choses ensemble. »

En attendant une éven­tuelle collaboration avec leur mentor, Still Climbing prouve que Brownstone a encore de beaux jours devant lui, et fait déjà partie des meilleurs groupes féminins de la scène R&B.

Brownstone, Still Climbing (MJJ Records/Epic).

NB : Charmayne « Maxee » Maxwell est décédée en 2015 suite à une chute.

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