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Boyz II Men : naissance d’un succès

Propos recueillis par Elia Hoimian

Peu de groupes peuvent se vanter de dresser un tel palmarès dès la première année de leur existence officielle. Pas moins d’une dizaines de palmes récoltées lors de multiples hommages aux artistes. Boyz II Men est décidément la révélation de l’année. lls drainent derrière eux une myriade de citations d’Awards en tous genres dont celle de la « Meilleure performance R&B ». Pour leurs premiers pas dans la cour du père spirituel de la glorieuse période de la musique soul-funk, la Motown, ils se sont offerts le talent de Dallas Austin, nommé, comme par hasard, « Top pop singles producer »  !

 

Début de carrière fulgurant que celui de ce quatuor de Philadeplhie, composé de Wanya « Squirt » Morris (17 ans), Michael « Bass » Mc Cary (19 ans), Shawn « Slim » Stockman (18 ans) et Nathan Alex « Vanderpool » Morris, l’aîné et tête de file de la bande. Il faut dire que le groupe est dirigé de mains de maître par des ténors comme Michael Bivins, New Edition et Bel Biv Devoe, celui qui coiffé les précoces Another Bad Creation, de la même firme.

Leur album au titre philarmonique « Cooleyhighharmony », leur a ouvert les portes des charts américains à travers les singles « Motownphilly » et le nostalgique « It’s So Hard To Say Goodbye To Yesterday ».

Dans la chambre d’un hôtel cossu de la place parisienne, nous découvrons le groupe qui venait à peine de terminer un déjeuner copieux mais sans viande. Eh oui, nos artistes sont végétariens, sobres et anti-tabac. Je l’ai appris à mes dépens lorsque je dus éteindre ma clope (politesse oblige !) dont les volutes de fumée dérangeaient visiblement le quartet.

« Cooleyhighharmony est tiré d’un film intitulé « Cooleyhigh » qui passait, il y a 15 ans, alors que nous étions encore gamins. C’était un film très triste qui racontait les malheurs d’un pauvre gars… » Wanya Morris 

 

« Nous ne fumons pas pour ne pas altérer nos voix », m’explique Nathan. Quelle sagesse ! Alors que mon collègue photographe s’évertuait à mettre la pièce sens dessus-dessous, Michael « Bass » vient me rejoindre. Du fond de son fauteuil et les yeux abrités derrière des lunettes fumées, Nathan, étonnamment calme, poursuit : « C’est génial ce qui nous arrive. Mais malgré tout le succès qui nous tombe dessus, nous nous rendons bien compte qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour le consolider ou aller de l’avant ». Quelle lucidité ! Quand on voit certains artistes qui, à peine sortis de l’anonymat, mettent un point d’honneur à jouer les fortes têtes, l’humilité de ces jeunes en est encore plus impressionnante. Mais laissons plutôt la parole à nos hôtes.

Wanya Morris : Cooleyhighharmony est tiré d’un film intitulé « Cooleyhigh » qui passait, il y a de cela 15 ans, alors que nous étions encore gamins. C’était un film très triste qui racontait les malheurs d’un pauvre gars. Cela nous a tellement marqués. Et quand vous écoutez les sonorités de notre album, vous sentez cet accent à la fois tendre et triste. C’est pour cela que nous avons repris le titre du film et rajouter Harmony pour le son.

Notre musique a évidemment le son qui a bercé notre enfance, celui de contrée d’origine, Philadelphie. Mais nous nous inspirons de beaucoup de groupes dont Take 6 et de différents artistes tels que Temptations, Patti Labelle, Michael Jackson… tous les grands qui ont fait les beaux jours de la soul ».

« Si nous voulons nous faire entendre haut et fort, nous devons travailler, fournir plus d’effort que les autres. Mais je respecte néanmoins ce que disent les rappeurs comme Ice Cube, Ice-T et autres. » Slim

 

Slim : Je ne dirais pas que les jeunes Noirs-Américains doivent combattre afin d’obtenir une reconnaissance, j’emploierai plutôt le terme travailler. Si nous voulons nous faire entendre haut et fort, nous devons travailler, fournir plus d’effort que les autres. Je pense que c’est la condition sine qua none de notre autonomie. Mais je respecte néanmoins ce que disent les rappeurs comme Ice Cube, Ice-T et autres.

Nathan Morris : Sur scène, nous chantons a capella, nous n’en avons pas mis sur notre premier album parce que nous voulions exposer et couvrir toutes nos influences. Mais ce n’est que partie remise. Les gens apprécient énormément nos prestations vocales donc dans le prochain album, nous allons chanter deux ou trois morceau a capella.

Michael Mc Cary : Nous allons tout de même garder notre originalité et surtout donner au public ce qu’il veut. Beaucoup d’émotions, de plaisir. Nous essaierons également de varier notre musique afin de ne pas créer ce phénomène de lassitude, c’est le grand piège à éviter. Et puis, après deux ou trois albums, nous verrons la direction que nous prendrons. Ça changera peut-être au fil de nos expériences. Who knows ?

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