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samedi, octobre 20, 2018
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Du Roots au ragga (1995) 3. Blacker Dread, Manager de Sir Coxsonne, le premier sound system anglais (1995)

Propos recueillis par Awal Mohamadou

 

Blacker  Dread, sélecteur et manager du label Sir Coxsonne, le plus ancien sound system de Londres, créé en  1962. Trois DJ’s  toastent  régulièrement  pour le sound  : Tenor  Fly,  Top  Cat et Fat Head.  Les DJ‘s connuqui ont  fait partie de Coxsonne ? Smiley CultureSweetie IrieGeneral  Levi,  Thriller Jenna  et,  bien sûr,  Daddy Freddy. Interview.

 

Black News : On  vous a  associé au  Fast  Style  ?

Blacker Dread : Oui,  avec  Daddy Freddy, mais  on passe aussi des  trucs  plus  lents,  ça  dépend vraiment du  public mais  en général,  on  passe   tout  ce  qui  fonctionne dans   la musique noire   : soul,   dancehall, ragga,  bref,   de  la musique chantée ;  ce  qui  nous  différencie de  Shaka (Jah Shaka, l’autre gourou du sound system anglais. Ndlr)  par exemple, qui est surtout un dub sound.

BN : Coxsonne et  le reggae roots ?

B.D. : En général, quand on joue en Angleterre, on en passe très peu. De toute façon, pour en entendre, tu  dois  vraiment aller à des endroits particuliers. Le public veut du dancehall et c’est comme  ça. S’ils n’en n’ont pas, ils ne viennent pas (…). Quand on joue en Europe, on s’aperçoit que les gens sont plus conscients. A Londres, ce que les jeunes veulent, ce sont de nouveaux riddims. IIs se fichent des textes sauf lorsqu’ils sont  vraiment frappants.  Les Anglais ont tout ce qu’ils veulent au niveau musical, et trop, c’est  trop. Depuis l’origine des sounds,  on  a vu  des sélections évoluer.  Au début, c’était Studio  One/Ska  Rock  Steady, après ça a été dub et lover, mais  toujours culturels. Maintenant, c’est  plus varié, mais je crois que le slackness ne donne plus le choix au sélecteur et c’est exactement pareil en Jamaïque. Le slackness doit absolument  revenir au niveau où il était en Jamaïque. Mais là-bas, les gens deviennent de plus en plus conscients. Maintenant, quand un  DJ monte sur scène et raconte des bêtises, il risque de se faire huer. Ce n’est malheureusement pas  encore le cas dans les sounds où la demande est très forte, mais qui sait….?

 

« Dans les années 60, il y avait des agressions racistes autour des sounds,  les Noirs et les Bancs se battaient. Dans les 70’s,  ça  a commencé à se calmer.  Maintenant, les Blancs ont compris que nous étions là et qu’il fallait compter avec nous. »

 

BN : Coxsonne et  son public…

M.D. : On a un  public principalement noir et non rasta. En  Angleterre, les rastas préfèrent. les roots sessions, le genre de rastas cool qu’on voit n’aiment pas vraiment les sélections trop agressives ou le ragga hardcore et le hip-hop-ragga qu’on  passe parfois  (…).  Dans les années 60, il y avait des agressions racistes autour des sounds,  les Noirs et les Bancs se  battaient. Dans les 70s, ça a commencé à se calmer. Maintenant, les Blancs ont  compris que nous étions là et qu’il fallait compter avec  nous.

BN : Coxsonne en Europe  

B.D. : Le public européen découvre seulement le reggae, et il commence par le roots,  c’est pour cela que les groupes old style sont populaires cnez vous (En France. Ndlr).  Mais pour nous, le roots, c’est presque de  l’histoire ancienne.  Les Anglais y sont depuis le début,  ils veulent donc autre chose. Le roots fait partie de notre culture, pas de la vôtre ; pour vous, c ‘est encore frais.

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