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lundi, juillet 23, 2018
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Black Uhuru, le cri de la liberté

Par Awal Mohamadou

 

Black Uhuru a survécu a toutes les tragédies. Le plus célèbre trio vocal des années 80, fait un retour inattendu avec un nouvel album, Iron Storm et, une tourné européenne qui  est récemment passée par la France. Black Uhuru, ce n’est pas seulement Guess Who’s Coming To  Dinner, Sinsemilla ou Anthem, c’est une institution du  reggae jamaïcain au même titre que Tosh ou Spear.

 

La  formation  actuelle comprend Don Carlos, Garth Dennis et Duckie Simpson. C’est ce dernier qui a formé le groupe en  1971. « Don,  Garth et moi  venons  du  même  quartier de  Kingston. On traînait dans les  mêmes endroits. Depuis très jeune, je voulais être chanteur et quand  je me  suis senti  prêt,  j’ai pense à eux. Notre premier single s’appelait « Folk Song ». Ensuite, on a sorti « Time  ls On  Your  Side »  mais je crois que ces morceaux sont introuvables aujourd’hui. » Peu  de  temps   après,  Don quitte le groupe et Garth  rejoint les Wailing  Soul.  Duckie  appelle alors Michael Rose  –  « un copain de  quartier »  – et  Errol Nelson.  Ils enregistrent leur premier album, Black  Sounds  Of Freedom (Uhuru In  Dub  en  version  dub),  en  1977. Les  classiques « African Love »  et « King  Sélassié »  datent de  cette  époque.  Deux ans  plus  tard,  Puma  Jones  remplace Errol  Nelson.  « C’etait une americaine qui vivait  en Jamaique et faisait  les  choeurs de Ras Michael. » précise Duckie.  Avec Rose en  lead vocal  et  les har­monies  de Puma  et Duckie, Black  Uhuru devient une formidable machine à tubes,  les  majors   commencent à roder ! L’album Black  Uhuru  (1979)   – une compilation de top singles  jamaïcains: « Guess  Who’s  Coming  To  Dinner », « Shine Eye  Gal », « Leaving To  Zion »  etc. reçoit un bon  accueil  en Europe. Island signe  le groupe et met le paquet sur la promotion. Objectif :  imposer Uhuru a l’échelle planétaire dans  la  foulée de Bob Marley.  On les voit partout, en Allemagne, aux Etats-Unis, au Japon, ils incarnent le son reggae des  années 80  et produisent le meilleur d’eux-mêmes  : Sinsemilla (1980)  et Red (1981).

Les raisons d’un tel succès ? Le style vocal de Michael Rose qui magnétise le public, la sensualité rasta de Puma Jones,  Duckie Simpson au look encore  plus saisissant et Sly & Robbie, désormais rallié au trio, qui conforte l’assise rythmique. Mais avec du recul  Duckie porte un jugement sévère  sur la période Island du groupe.   « Ça été un désastre ! Durant ces 6 années on a travaillé pour rien. D’un côté, on bénéficiait d’une  bonne promotion mais de l’autre, on ne contrôlait rien. On vivait à 100 a l’heure tournées, avions, hôtels, tu ne penses plus et beaucoup de choses t’échappent. Petit  à petit tu te fais bouffer et après c’est terminé. Quant aux royalties, c’était flou et nébuleux, »

 

« Les années Island ? Ça été un désastre ! Durant ces 6 années on a travaillé pour rien. (…) Quant aux royalties, c’était flou et nébuleux, »

 

Est-ce la raison pour laquelle Michael est  parti ? « Il est parti parce qu’il  voulait faire une carrière solo. Et puis, il y avait beaucoup de  tensions. »  Brutal  marque l’arrivée de Junior Reid en remplacement de Michael. L’album  est mauvais. Les suivants ne valent guère mieux. D’autant que  Puma  est partie à son  tour. Elle  décède quelques temps  plus tard  des  suites  d’un cancer.

II y a deux ans,  les parrains ont  scellé  leur réconciliation par un nouvel  album,  Now, avant Iron Storm dont il est maintenant question.  En  clair,  on repart sur de  nouvelles bases avec  la formule  originale.  Mais  « Iron   Storm »  a-t-il I’épaisseur de Sinsemilla  ? Le soin apporté aux arrangements ne peut faire oublier Leaving To Zion ou Darkness. Autre question : peut-on écouter cet album en faisant totalement abstraction des quatre pre­miers quand on est un fan du groupe ? A cela  les inconditionnels répondent que  Uhuru, qui  signifie « Liberté » en Swahili, est une réalité (yes, man !) qui dépasse le strict plan musical et touche la spiritualité rasta dans son essence, Ià où musique et mystique ne font qu’un, confondus dans un épais brouillard de sinsemilla.

 

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