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mercredi, décembre 12, 2018
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Bim Sherman, spiritualité, mysticisme et reggae (1997)

Par Leonard Silva

 

Mystique, fluide, le reggae de Bim Sherman se joue des frontières – il rencontre Studio Beats Orchestra de Bombay -, pour mieux impliquer cette musique de résistance dans la vie. Portrait d’un artiste, à la spiritualité sereine.

 

La démarche musicale de Bim Sherman revêt une singularité mystique  dans laquelle se confond l’homme pour mieux écumer les plaisirs et les contradictions de la vie

Miracle, l’album  enregistré  avec  la  complicité  d’Adrian  Sherwood  (le gourou du label On-U-Sound)  distille énergie et tolérance, la  philosophie de ce chantre de Kingston. « Bien que le  reggae joue un rôle primordial dans mon processus de créativité, j’ai toujours voulu aller au-delà,  pour mieux établir les liens entre mes préoccupations de musicien et mes besoins spirituels d’individu. La musique n’est qu’un moyen de parvenir à cette dualité que je crois nécessaire au développement de ma conscience. Ma rencontre avec des musiciens hindous (Studio Beats Orchestra de Bombay. Ndlr) s’inscrit dans cette volonté d’aller au-delà de mes frontières culturelles. Les ghettos, la souffrance, mais aussi une culture de la positivité nous a culturellement  rapprochés. Pour moi, ce fut une rencontre entre deux expériences humaines forgées dans la résistance »

 

« Bien que le  reggae  joue un rôle primordial dans mon processus de créativité, j’ai toujours voulu aller au-delà, pour mieux établir les liens entre mes  préoccupations de musicien et mes besoins spirituels d’in­dividu.. « 

 

Une culture de résistance que Bim Sherman pratique  depuis « One Hundred Years ln Babylon » (« 100 ans à Babylone »),  son premier single en 1975.  En ces temps-là, Sherman s’est défini une conduite qui contrastait avec le credo dominant au sein de la communauté artistique de Kingston, où la rapacité du type The har­der They Come (Tout, tout de suite, avec Jimmy Cliff qui joue le rôle d’un criminel jamaïcain, Rhyging, qui s’est rendu célèbre dans les années 1940), savamment organisée par des pro­ducteurs sans scrupules, était de mise.

Il devient maître de son destin en fondant en 1976 ses propres labels, Scorpio et Red Seasur lesquels il publie « Golden Locks » (revisité dans Miracle) et « My Whole World »  – devenus deux classiques reg­gae – qu’il vend lui-même dans les rues de Kingston.

En 1982, sa rencontre  avec l’esthète  des sons et des cultures venues d’ailleurs, Adrian Sherwood se termine par l’enregistrement de l’album Across The Red Sea, son premier projet avec le label On-U­ Sound. Le foisonnement créatif, la sensualité vocale, la sincérité artistique et l’ouverture culturelle de Sherman finiront  de convaincre Adrian de garder le contact avec ce jamaïcain inclassable, installé depuis à Londres. La musique de Sherman est en effet  empreinte d’un fort élément de spiritualité.

 

« Les ghettos, la souffrance, mais aussi une culture de la positivité nous a culturellement  rapprochés. Pour moi, ce fut une rencontre entre deux expériences humaines forgées dans la résistance »

 

« Ce que  tu écoutes dans Miracle est une partie de ma vie. On y voit ce qui  s’est passé à l’intérieur et autour de moi ces vingt dernières années. Je ne peux concevoir ma vie sans une once de spiritualité. En vérité, cela  dépend de chaque artiste, mais le reg­gae  est une musique spirituelle qui mêle les situations et les vibes personnelles, indé­pendamment de l’environnement dans lequel on s’exprime. Dans mon cas, le fait de vivre en Angleterre ne m’empêche pas de me sentir lié à mes racines, auxquelles est intimement liée ma créativité artistique. »

Bim Sherman,  Miracle Album  (On-U-Sound/Musidisc)

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