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mercredi, juin 20, 2018
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« Antoine, le chroniqueur du rap » par Lise-Marie Ranner-Luxin (Journaliste)

Antoine Garnier est le premier à avoir compris en France l’importance de la culture HIP HOP. Il en a même fait son sujet de thèse à l’université de Paris 8. Je l’ai rencontré à Black News le premier magazine de culture noire fondé par un Noir, Elia Hoimian. Nous sommes au début des années 90 et c’est une petite révolution dans le milieu de l’édition. Révolution c’est le mot qui convient, c’est le cri que poussent des artistes comme Tracy Chapman ou Arrested Development, car à l’époque nous vivions une véritable révolution culturelle que les jeunes de maintenant ne peuvent pas comprendre. C’est encore l’Apartheid mais Madiba sort enfin de prison, Spike Lee fait un tabac avec la sortie de Malcom X et Toni Morrison vient d’obtenir le prix Nobel de Littérature.
En France, les Noirs sont invisibles mais un rappeur à qui on a dit « Bouge de là sème le vent et récolte le tempo avec Caroline une victime de la mode à temps partiel dont la devise vient du quartier nord qui n’a pas étudié l’histoire de l’art, mais comme Armand est mort a échangé sa matière grasse contre matière grise en écoutant Ragga Jam et puisque la musique adoucit les mœurs, petit interlude de Funky Dreamer.

Lise-Marie et Guru chez Antoine « Wave » Garnier (New York)

Mais la France n’est pas faite pour Antoine. Aux Etats-Unis, les Noirs ont leur chaîne de télé, leurs organes de presse, leur présentatrice vedette comme Oprah ou Montel. En France, les Noirs sont invisibles des écrans petits et grands confondus. Son talent n’est pas fait pour la France, tans pis et comme dit le proverbe, nul n’est prophète dans son pays.
Aux Etats-Unis les stars du Rap savent qui est Antoine, c’était même pour certains leur ami comme Puff Daddy ou KRS One. Après chaque concert, il est reçu back-stage avec respect car ce n’est pas une groupie mais un véritable chroniqueur et sociologue dont l’avis compte. Les artistes lui ouvrent même les portes de leur studio d’enregistrement comme Guru avec lequel nous avons passé des heures. On n’avait pas encore de téléphone portable pour capter ces instants magiques, mais chaque moment, chaque rencontre sont gravés dans ma mémoire.

Avec Antoine nous avions de grands débats sur la politique américaine. A New York, le maire David Dinkins est noir et un de ses conseillers est un ami intime d’Antoine. Je fais le parallèle avec la France, et il me répondait que les Américains n’éliraient jamais un Noir comme président car la ségrégation était encore trop forte. Il pensait que les Américains préféreraient plutôt une femme blanche à un homme noir. C’est sans doute une des raisons qui l’avait poussé à s’installer au Canada. Cruel coup du destin, il est décédé l’année même de l’investiture de Barack Obama. Et l’année suivante c’est Guru qui nous quittait à son tour…et d’autres suivront par la suite.

Cette décennie est vraiment ma préférée malgré tout.

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